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jeudi 26 juillet 2012

Arise my love - Mitchell Leisen (1940)

Condamné à mort par les Franquistes, Tom Martin - pilote américain engagé dans les Brigades internationales - attend son exécution. C'est alors qu'on lui annonce une incroyable nouvelle : sa femme vient d'obtenir sa libération ! Tom, stupéfait car il n'a jamais été marié, découvre cette providentielle épouse dans le bureau du directeur de la prison. Elle se précipite dans ses bras et lui chuchote qu'elle s'appelle Augusta Nash, qu'elle est journaliste et que son stratagème, qui lui fournira la matière d'un reportage, va lui sauver la vie.

Arise my love partage avec Le Dictateur de Chaplin et To be or not to be de Lubitsch (rappelons que ce dernier bien que sorti en 1942 fut tourné avant l'engagement des USA dans le conflit) un propos engagé sur les évènements dramatiques se déroulant alors en Europe alors que les Etats-Unis ne sont pas entré en guerre et que l'opinion publique est contre une telle initiative. Leisen est loin d'atteindre le portée de la fable de Chaplin ou de la farce de Lubitsch, la faute à un script quelque peu déséquilibré dans ses ruptures de ton (on passe de la screwball comedy la plus enlevé au pur mélodrame sans transition ou presque), quelques soucis de rythme et un propos parfois assez lourdement asséné. Malgré ses défauts, le film n'en est pas moins prenant et touchant par ce choix de la comédie romantique pour affirmer son propos.

Les vingt premières minutes assez ébouriffantes nous induisent autant en erreur sur le ton du film (on pense voir une grosse comédie d'espionnage) qu’elles définissent intelligemment le caractère des héros. Pilote américain engagé dans la guerre d'Espagne, Tom Martin (Ray Milland) attends avec dépit son exécution imminente quand un salut inattendu va lui faire échapper au châtiment. Il prend les traits élégant d'Augusta Nash (Claudette Colbert) journaliste en quête de scoop qui à force de persuasion et séduction est parvenue à le faire gracier en se faisant passer pour son épouse. On rit donc bien fort à la maladresse des "retrouvailles" forcés du faux couple et de la bêtise des autorités espagnoles puis on vibre au gré d'une course poursuite sur terre et dans les airs lorsque la supercherie est découverte et que nos héros doivent quitter le pays au plus vite.

On voit immédiatement ce qui rapproche les deux personnages à travers ce mélange d'ambition, d'engagement et de recherche d'adrénaline. Révolté par la montée en puissance du nazisme, Tom Martin devine la guerre imminente et inéluctable et souhaite en être en rejoignant l'armée polonaise déjà sous la menace de l'invasion allemande. Augusta voit elle dans les évènements un moyen de mener une carrière de de journaliste chevronnée qui la fera définitivement quitter les pages mode. Tous ses projets vont se trouver bien ébranlés lorsqu'ils vont tomber amoureux.

On patine un peu à la mi- film dans le traitement de l'histoire d'amour, hésitant constamment entre la légèreté de l'ouverture et le ton plus dramatique de la dernière partie. Heureusement le charme des acteurs fait la différence avec quelques savoureuses situations, que ce soit ce dialogue à double sens osés où Claudette Colbert propose divers emplacement de la chambre de Milland pour prendre une photo (quand lui pense éberlué par tant d'audace qu'elle cherche le meilleur endroit de la pièce s'ébattre avec lui you're too scientific) ou une délicieuse scène de dîner où elle lui donne les clés involontairement pour la séduire, charmant.

Les évènements vont finalement brutalement rattraper le couple, Leisen captant fort bien la débâcle européenne et l'impossibilité physique (spectaculaire scène de naufrage) comme morale de s'en extraire. C'est un peu là que le bât blesse, tant que ce message est lié aux héros en mouvement (magnifique moment où Claudette Colbert abandonne son cynisme pour montrer sa peur) mais devient très lourd lorsqu'ils sont plus isolés dans le film (Claudette Colbert qui en préparant son interview d'Hitler lit Mein Kampf puis le jette par la fenêtre du train) notamment le final où il tue un peu l'émotion à portée de main.

A la place d'une belle scène de retrouvailles finale, on a ainsi une grande envolée patriotique de Colbert signifiant bien que le combat continue. Un traitement forcément conditionné par le contexte et si on a connu Billy Wilder plus subtil, au vu de son passé on comprend l'accent mis sur ce point dans le script qu'il signe avec Charles Brackett. Film intéressant auquel on peut préférer Lune de miel mouvementé de Leo McCarey, assez voisin et plus équilibré entre divertissement et message.

Sorti en dvd zone 2 français chez Universal dans leur nouvelle collection "Les Etoiles d'Universal" uniquement achetable sur leur site.

Extrait

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