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lundi 2 juillet 2012

War, Inc. - Joshua Seftel (2008)



Brand Hauser, tueur à gages sans scrupule, est engagé par le président d'un groupe américain implanté au Turaqistan pour liquider un magnat du pétrole. Pour approcher sa cible, il se fait embaucher pour surveiller le mariage de son neveu avec la star locale.

Étrangement, la très controversée ère Bush n’aura pas généré de grand film satirique. D’autres périodes politiques délicates avaient pourtant suscité des œuvres intéressantes, comme notamment le Docteur Folamour de Stanley Kubrick dans les 60’s, Catch 22 e Mike Nichols (et son pendant potache MASH de Robert Altman injustement plus populaire) pour les 70’s et, dans un autre ton, les deux Hot Shots des ZAZ, ridiculisant les icônes body-buildées des années Reagan et Bush Senior. Pas grand chose à signaler pour les années 2000 donc, si ce n’est le génial Team America , des créateurs de South Park (parodie tordante des blockbusters républicains de Bruckheimer, fustigeant tous les bords politiques) et le méconnu Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo, qui sous couvert de comédie débile fustigeait avec brio le racisme ordinaire américain et la peur de l’autre instaurée depuis le 11 septembre. Cependant, aucun de ces deux films ne peut prétendre au statut des autres grands films précités, et ce n’est pas ce War Inc arrivant un peu tard qui y parviendrait, malgré quelques indéniables qualités.

Un des problèmes du film est de ne jamais trouver le juste équilibre entre la grosse farce grinçante et l’aspect plus dramatique recherché à travers la rédemption du tueur joué par John Cusack. Le début est pourtant des plus réjouissants, le scénario faisant feu de toute part et multipliant les gags et les situations délirantes dans ce simili Irak. Attentats à tous les coins de rue, GI débile, ayatollahs religieux secrètement fans de 50 Cent tournant des pornos, sans parler du cynisme des pontes de l’industrie ayant le gouvernement américain à leur botte tandis que l’arrivisme des nouveaux dirigeants locaux est également pointé du doigt. Les seconds rôles sont à l’avenant, avec un Dan Acroyd survolté en vice-président de multinationale, Joan Cusack en secrétaire hystérique, ou encore Hillary Duff, parfaite en Britney Spears du Moyen-Orient portant le doux sobriquet de « Yonica Babyyeah ».

Tout ce joyeux jeu de massacre est malheureusement desservi par le traitement du personnage de John Cusack, amenant régulièrement l’histoire vers un terrain plus convenu. Passe encore que l’on ait droit à une énième histoire de tueur repenti, encore eût-il fallu dévoiler ses fêlures progressivement et de manière subtile pour rendre un peu plus surprenant le twist final, que l’on voit largement venir. Ici, John Cusack est terriblement névrosé dès le départ – au point que l’on se demande comment ses commanditaires peuvent encore lui confier des missions – et censé fendre l’armure au cours d’une histoire d’amour très convenue avec une journaliste jouée par la charmante Marisa Tomei. L’interprétation n’y est pour rien, Cusack est impeccable comme souvent, c’est clairement l’écriture qui pêche, rendant ainsi bancales la facette comique comme la facette sérieuse.

Autre point noir : la réalisation. La forme est quelconque, voire franchement laide par instants, notamment tout le début du film. N’est pas Michael Mann qui veut, la réalisation en caméra HD, malgré quelques moments impressionnants (tout le passage de la guérilla dans la zone interdite), est assez peu enthousiasmante et statique, la photo terne et télévisuelle ne rehaussant guère l’ensemble. Bref, un film arrivant un peu après la guerre (sans mauvais jeu de mot) et pas totalement convaincant, mais dont l’audace vaut néanmoins le coup d’œil par instants.

Sorti en dvd chez M6 Vidéo

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