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lundi 25 février 2013

La Grande Nuit - The Big Night, Joseph Losey (1951)

Adolescent calme et sans histoire, George La Main assiste un soir à une punition terrible qu'inflige Al Judge, personnage haut placé dans la presse, à son père, Andy La Main, qui semble consentant. George s'empare d'une arme et erre à travers la ville pour retrouver le tortionnaire. Au cours de cette traque et de cette longue nuit, il va découvrir peu à peu certaines vérités, perdre ses illusions et laisser derrière lui son adolescence.

The Big Night est le dernier film américain de Joseph Losey qui fuira la chasse aux sorcières l'année suivante lorsqu'il qu'il est convoqué par l'HUAC pour son engagement communiste alors qu'il est en tournage en Italie. Le film noir et le mélodrame s'entrecroise ici pour ce qui est un grand récit de perte d'innocence. George (John Drew Barrymore), adolescent paisible et sans histoire va brutalement découvrir la violence physique et psychologique du monde des adultes lorsqu’il assiste à la sévère correction qu'inflige le ponte de la presse Al Judge (Howard St. John) à son père, sans réaction de ce dernier.

On aura découvert un George très innocent et fragile, privé d'une présence maternelle et dont la figure d'autorité et de respect représenté par son père va être humiliée sous ses yeux, comme un symbole au moment où il fêtait son anniversaire, lui faisant ainsi quitter brutalement l'enfance. Dès lors ses propres frustrations se mêlent à la honte infligée à son père et souhaitant se venger et enfin s'affirmer il va traquer le coupable arme au poing au cœur de la nuit.

A l'image de ce caractère adolescent encore inconsistant, l'intrigue est assez décousue. Les rencontres au cours de cette nuit se font cocasse, tendre où dangereuse dans les cadres les plus divers et typiques du film noir : un match de boxe, un cabaret de jazz... Losey multiplie les astuces visuelles pour nous faire partager l'état d'esprit bouillonnant de son jeune héros tel le fondu entre le jeu du batteur de jazz et les coups de canne asséné à son père par Judge. On a quelques jolis moment avec l'apaisante rencontre avec une jeune femme qui semple comprendre et calmer la fougue de George mais celui-ci devra mener son odyssée vengeresse jusqu'au bout.

Losey instaure une atmosphère urbaine et sombre où le décalage est constant avec le visage poupin de John Drew Barrymore, sa silhouette engoncé dans des vêtements trop large, dans un rôle trop lourd pour lui. Le face à face tant attendu avec l'agresseur est des plus intenses et surtout fruit de révélations qui remettront pas mal de certitudes en question. La narration alerte et resserrée (le tout dure à peine plus d'une heure) illustre à merveille le sentiment d'urgence de l'ensemble, erratique et speedé à la fois. Même si l'on est encore loin des hauteurs à venir, un Losey sacrément inspiré et prenant.

Sorti en dvd zone 2 français chez Doriane Film 

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