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lundi 4 février 2013

La Dernière Maison sur la Gauche - The Last House on the Left, Dennis Iliadis (2009)


Les Collingwood possèdent une maison isolée, sur les berges d'un paisible lac. C'est là, qu'un soir, leur fille, Mari, et sa copine Paige se font enlever par un psychopathe évadé, Krug, sa compagne Sadie, son frère Francis et son fils, Justin. Laissée pour morte, Mari tente désespérément de contacter ses parents, John et Emma, qui sont sa dernière chance de survie. Elle se réfugie dans une cachette qu'elle croit sûre, mais la bande l'y retrouve, et le cauchemar reprend de plus belle. Sitôt informés du drame, John et Emma Collingwood se rendent sur place, prêts à toutes les extrémités pour sauver Mari. Les tortionnaires de leur fille maudiront à jamais le jour où ils échouèrent dans "La Dernière maison sur la gauche"...

Sorti en 2005, La Colline a des Yeux de Alexandre Aja, produit par Craven lui-même, avait fait partie de la première vague de remake des classiques de l’horreur 70’s initié par l’excellente relecture de Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel. Depuis, c’est la déferlante à Hollywood incapable de créer de nouvelles icônes de l’horreur entre les nouvelles versions de Vendredi 13, Hitcher, Halloween, Griffes de la Nuit toutes plus ratées les unes que les autres. Si la qualité est donc rarement au rendez-vous, les résultats mirobolants au box-office eux le sont et il n’est pas étonnant de voir ce roublard de Wes Craven, dont les réalisations ne sont plus vraiment en odeur de sainteté s’atteler de nouveau à la production du remake d’un de ses films les plus fameux.

La Colline a des Yeux se prêtait bien à un remake, ce dont s’est formidablement acquitté Alexandre Aja, surpassant l’original aujourd’hui assez pénible à regarder, entre la réalisation frisant l’amateurisme et d’acteurs approximatifs, la réputation du film n’ayant perduré que grâce à son aura transgressive. Au contraire, La Dernière Maison Sur la Gauche de Wes Craven (remake officieux de La Source de Bergman) demeurant encore un monument de tension et de malaise, la tâche d’Iliadis s’avérait nettement plus ardue que celle d’Aja.

Les amateurs de l’épure de l’original tiqueront sont doute mais un des principaux apports de Illiadis (et des scénaristes Carl Ellsworth et Adam Alleca) est la réelle consistance donnée à la famille agressée. Là où Craven faisait jouer son cynisme en nous présentant une famille heureuse clichée de l’American Way of Life (pour mieux la plonger dans le chaos ensuite), Illiadis donne une vraie substance à ses personnages et cette fois la douleur ressentie face à leurs tourments tient autant des débordements de violences que d’un réelle empathie. Il en va de même dans le camp des méchants où les rapports difficiles en Krug et son fils chétif sont bien plus intéressant.
Le revers de la médaille étant un certain côté prévisible et le propos de l’original fortement amoindri. Ajouter un fils disparu à la famille Collingwood fait anticiper au spectateur connaisseur des standards hollywoodiens le principal changement par rapport au film de Wes Craven, le personnage de Mari survivant ici. 

Les agresseurs sont nettement moins inquiétant également, en particulier Krug campé par un terrifiant David Hess en 1972 et ici bien pâle en comparaison malgré le charisme et la carrure impressionnante de Garret Dilahunt. Là où le Krug du premier film était un monstre bestial et sadique, sa nouvelle incarnation ne semble basculer dans l’excès qu’au fil des évènements ne tournant pas en sa faveur, pas vraiment aidé par des acolytes n’existant pas beaucoup plus. Dans l‘ensemble ils font bien pâle figure (et c’est un comble) face à la monstrueuse famille « Firefly » du Devil’s Rejects de Rob Zombie, un des héritiers évident de La Dernière maison Sur La Gauche.

Passé ces considérations et en jugeant le film pour lui-même, c'est un spectacle des plus âpres et dérangeant. Illiadis conserve toutes les séquences chocs notamment la très éprouvante scène de viol, rehaussée par le la réaction de Mari totalement à la dérive juste après l’acte. La violence est sanglante et douloureuse, Illiadis alternant mise en image moderne et une patine plus ouvertement 70’s, avec caméra à l’épaule heurtée suivant la brutale vengeance finale. Le fait d’avoir de vrais personnages et pas des caricatures amène toute la tension et l’empathie nécessaire au film, les scénaristes ayant judicieusement éliminé les interludes comiques du shérif et de son adjoint qui cassait complètement le rythme et le ton de l’original.

La réussite serait plus complète sans une grotesque scène finale. Sentant sans doute qu’il est un peu passé à côté du sujet du premier film (Monsieur et Madame Tout le Monde cédant à leurs penchants les plus primaires lorsqu’on touche à leurs chairs), Illiadis tente de se rattraper in extremis au orchestrant une séquence de torture gore et presque « fun », à contre-courant du vrai drame poignant qui a précédé. Une vraie faute de goût qui amoindrit l’impact de l’ensemble et c’est bien dommage.

Sorti en dvd zone 2 français chez Universal

 

3 commentaires:

  1. Dans la lancée des remakes de classiques de l'horreur, rendez-vous en mai avec Evil Dead... En espérant qu'il soit plus "Aja" qu'"Iliadis" ;)

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  2. Je n'en attendait rien à la base du remake de Evil Dead mais les échos son bon semble t il et la bande-annonce est sacrément efficace. On va peut-être avoir une bonne surprise, espérons !

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  3. Pareil; pas du tout intéressé à la base mais le trailer et l'implication de Sam Raimi m'ont plutôt convaincu. Après ce sera à juger sur pièce mais je croise les doigts.

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