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lundi 20 août 2012

My Week with Marilyn - Simon Curtis (2011)


Au début de l’été 1956, Marilyn Monroe se rend en Angleterre pour la première fois. En pleine lune de miel avec le célèbre dramaturge Arthur Miller, elle est venue tourner LE PRINCE ET LA DANSEUSE, le film qui restera célèbre pour l’avoir réunie à l’écran avec Sir Laurence Olivier, véritable légende du théâtre et du cinéma britanniques, qui en est aussi le metteur en scène. Ce même été, Colin Clark, 23 ans, met pour la première fois le pied sur un plateau de cinéma. Tout juste diplômé d’Oxford, le jeune homme rêve de devenir cinéaste et a réussi à décrocher un job d’obscur assistant sur le plateau.

En surface, My Week with Marilyn se fait l’écho d’une des rencontres artistiques les plus médiatisées et attendues des années 50. D’un côté Marilyn Monroe, l’icône hollywoodienne, la star et la femme la plus désirée au monde. De l’autre Laurence Olivier, véritable légende du cinéma et du théâtre anglais, acteur, réalisateur et metteur en scène de génie. Le résultat, on le connaît et il ne fut pas exactement à la hauteur des attentes. Le Prince et la Danseuse (1957) est la réalisation la moins intéressante d’Olivier, un film un peu poussif sans être désagréable mais qui par la prestation touchante de Marylin Monroe trouve finalement une grâce inattendue.

Le film de Simon Curtis va explorer dans le détail les raisons de ce rendez-vous manqué en adaptant le livre de Colin Clark The Prince, the Showgirl and Me. Ce dernier, à l'époque jeune assistant réalisateur, s’attira la confiance de la star, devenant son confident sur un tournage hostile, la découvrant ainsi dans son intimité, ses doutes et contradictions. C’est donc à travers le regard émerveillé du jeune homme (Eddie Redmayne très bon et attachant) que nous allons découvrir les coulisses prestigieuses du tournage. Simon Curtis semble aussi s'inspirer du roman Blonde de Joyce Carole Oates, l'atmosphère du film rappellant grandement celle du chapitre consacré à cet épisode dans le livre.

Sous les paillettes les véritables enjeux se révèlent. Marilyn Monroe face à Laurence Olivier, c’est la confrontation entre deux philosophies du jeu d'acteur. Marylin Monroe représente le talent brut, l’instinct et la mise à nu absolue face à un rôle qu’elle doit ne doit pas s’approprier, mais devenir. À l’inverse Laurence Olivier symbolise lui la rigueur du théâtre, du travail, du respect du texte, et où l’acteur doit savoir se plier à toute la gamme de personnages qui lui sont proposés sans rien trouver à y redire. Kenneth Branagh excelle en Laurence Olivier (dont on l’a souvent rapproché dans la réalité), lui-même artiste narcissique et orageux et qui va se trouver autant excédé que fasciné par les caprices et l’aura de sa star. Le récit distille sobrement quelques pistes sur son désir supposé et rapidement refroidi de séduire Marilyn comme cause de la collaboration compliquée qui s'en suivit.

L’attraction principale est bien évidemment de retrouver Michelle Williams en Marilyn. L’actrice a tout compris à la manière d’incarner l’icône. Plutôt que de vainement rechercher le mimétisme physique d'une star à l’image si marquante, l’actrice en explore une facette plus secrète. Pour Marylin Monroe, son physique de rêve aura toujours été un atout et une malédiction. Norma Jean aura réussi à attirer tous les regards sur elle en se réinventant en Marilyn, mais y perdait au passage le respect et la crédibilité artistique due à n'importe quelle star de ce calibre. De ce fait, c’est une femme constamment en plein doute sur ses capacités, son talent, et finalement plus perfectionniste et sujette à la remise en question qu’il n’y paraît.

Curtis montre bien cela lors d'orageux échanges où Olivier enrage des modifications qu’elle exige de « son » texte, de sa manière de se réfugier dans la Méthode afin de rendre son personnage le plus proche possible d’elle. Michelle Williams fait merveilleusement transparaître toutes ces nuances, la fragilité et la candeur de Norma Jean (la scène de baignade merveilleuse) alternant avec les minauderies et le numéro de charme constant de Marylin.

L’empathie fonctionne parfaitement avec un Colin subjugué, amoureux, mais qui va rapidement se confronter aux contradictions de la star, qui totalement naturelle peut dans l'instant suivant se métamorphoser et prendre des poses sexy pour les photographes. Cette dualité ne va pas sans dégâts, et les addictions qui perdront Marilyn forment une sorte de continuité funeste où l’intrigue se voit rythmée par ses différentes crises.

En choisissant de s’attarder sur un moment et non sur une vie entière, My Week with Marilyn évite les clichés inhérents à d’autres biopic plus amples mais bardés de tics narratifs qui alourdissent désormais le genre. On saisit des figures célèbres pour un court instant puis on les laisse repartir vers leur destinées tragiques (on pense aussi à la superbe Vivian Leigh vieillissante incarnée par Julia Ormond) et glorieuses, sans perdre de leurs voiles de mystères.

Sorti en dvd zone 2 français chez Studio Canal


4 commentaires:

  1. Ah, tu as bien aimé ce film, apparemment. ;)

    J'avoue avoir lu tant de critiques en demi-teinte à son sujet que j'ai fini par me laisser dissuader d'aller le voir.

    Je tâcherai de me rattraper au moment de la sortie en dvd.

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  2. Il vient de sortir en dvd tu vas pouvoir te rattraper ;-)

    Ce que j'ai bien aimé c'est vraiment le fait de sortir de la construction du biopic classique et de s'attarder sur un instant plus précisément où les comportements reflètent ce que l'on sait de Marylin, passé comme à venir. Ca laisse un certain voile de mystère qui change un peu du tout explicatif de d'autres biopics qui veulent tout dire sur le personnage traité et finalement ne développent rien correctement.

    Et puis Michelle Williams est vraiment parfaite tout comme le reste du casting british : Kenneth Branagh, Judi Dench

    Par contre on attends toujours l'adaptation de Blonde de Joyce Carole Oates (à la base c'était le projet concurrent de My week with Marylin avec Naomi Watts mais ça ne s'est pas encore fait on dirait) pour le coup si c'est bien fait ça donnerait un film fabuleux. En bonne dévoreuse de bouquin tu l'as sans doute déjà lu j'imagine !

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  3. Euh... eh bien non, pour tout dire ! Mais je me mettrais certainement à JCO un jour ! ;)

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  4. Et bien je te le recommande vivement alors à l'occasion, c'est une sorte d'autobiographie romancée et volontairement infidèle (les fans purs et durs détestent ce livre) de Marilyn mais vraiment captivant dans la manière dont l'auteur parvient à capturer l'esprit de l'actrice où l'idée que l'on s'en fait en tout cas.
    J'en parlais ici une des quelques fois où j'avais causé d'un livre sur le blog
    http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2010/05/blonde-joyce-carol-oates.html

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