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dimanche 15 mai 2016

L'Ultime Garçonnière - The Bed-Sitting Room, Richard Lester (1969)

La dernière guerre nucléaire n'a duré que deux minutes vingt-huit secondes. Londres n'est plus que ruines et désolation. Un petit groupe de survivants tente pourtant de s'organiser. Une famille vit dans une rame de métro qui ne cesse de rouler ; Pénélope est enceinte de 17 mois, sa mère se transforme peu à peu en armoire tandis qu'à chaque arrêt son père se précipite à l'extérieur pour fracturer les distributeurs de friandises

The Bed-Sitting Room participe à une volonté chez Richard Lester de donner une certaine profondeur à l'esthétique pop qu'il participa à démocratiser avec ses films cultes des années 60 comme A Hard Day's Night (1964), Le Knack... et comment l'avoir (1965) et Help (1965). Comment j'ai gagné la guerre (1967) usait ainsi de ce décalage dans un récit anti-guerre et surtout Petulia (1968) était un magnifique mélodrame enfin délesté de toute la distance qui peut rendre ces films des plus agaçant. The Bed-Sitting Room nait de l'abandon d'un autre projet de Lester.

Le réalisateur devait réaliser pour la United Artist Up Against It sur un scénario du dramaturge Joe Orton mais celui-ci est assassiné peu avant le tournage et la production est annulée. Se retrouvant avec un million de dollar à investir dans un film anglais, la United Artist laisse carte blanche à Richard Lester, mal lui en prendra. Le cinéaste se rabat donc sur The Bed-Sitting Room d'après une pièce de Spike Milligan. Celui-ci est une figure emblématique de l'humour britannique, rendu par durant les années 50 par The Goon Show, émission radio de la BBC où aux côtés de Peter Sellers et Harry Secombe il préfigurait les facéties des Monty Pythons.

Le film est donc un récit post-apocalyptique prenant place dans un Londres dévasté après une catastrophe nucléaire. L'origine théâtrale se ressent par une construction fonctionnant sur une suite de tableaux surréalistes, sans trame narrative définie. Les survivants réagissent chacun à leur manière à une situation sinistres. Le duo Peter Cook/Dudley Moore assure depuis un ballon le maintien d l'ordre, la royauté est sauvegardée par l'ancienne femme de ménage de la Reine reprenant le titre tandis qu'une famille survit dans le métro en se nourrissant des barres chocolatées des distributeurs. De l'autre côté d'autres protagonistes basculent dans une vraie folie douce due aux radiations avec un Ralph Richardson errant en attendant de se réincarner en la fameuse bed-sitting room en titre.

Les moments absurdes et parfois réellement inventifs dans leur folie s'enchaînent (les "programmes de la BBC, le cycliste maintenant l'énergie) mais difficile de s'intéresser sur la longueur à ce qui constitue plutôt une suite de sketches inégaux. Lester tente bien d'instaure un semblant de noirceur et mélancolie qui fonctionne par l'esthétique singulière du film, notamment les expérimentations de la photo de David Watkin qui annoncent son travail sur Les Diables (1971) de Ken Russell. Cela reste néanmoins assez poussifs et peine à maintenir l'attention. La United Artist sera horrifiée par le résultat, retardant d'un an la sortie qui sera catastrophique au niveau du public et de la critique. Pas vraiment drôle, et pas assez profond pour rendre sincère sa mélancolie le film gagnera tardivement le prix du jury lors du Festival international du film fantastique d'Avoriaz 1976 et semble avoir gagné une certaine aura culte aujourd'hui.

Sorti en dvd et BR anglais chez BFI

 

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