Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

mardi 31 mai 2016

Le Mystère de la chambre close - The Kennel Murder Case, Michael Curtiz (1933)

Le corps d'un riche collectionneur d'objets d'art chinois est retrouvé dans sa propre chambre, une balle dans la tête. La police conclut à un suicide. La présence de l'arme dans sa main confirme cette thèse. Le détective Philo Vance est persuadé que le collectionneur a été victime d'un assassinat. Avec l'aide d'un policier et du procureur, il décide de mener l'enquête. Peu à peu, il reconstitue les faits.

Michael Curtiz signe un captivant whodunitavec The Kennel Murder Case qui s'inscrit dans une riche année 1933 où on lui doit également Masques de cire et Female. Le film adapte le roman éponyme de S.S. Van Dine, spécialiste du roman policier à mystère où son héros récurrent Philo Vance résout les crimes les plus insolubles au sein de la haute société. Il semble (si l'on en croit le spécialiste du polar Stéphane Bourgoin en bonus du dvd) que Curtiz ait transcendé la médiocrité du matériau original assez statique et aux relents de racisme (dont il reste des traces dans le film avec un personnage asiatique) par l'énergie qu'il apporte à son adaptation. L'histoire reprend un motif classique du roman policier à savoir la résolution d'un crime insoluble en lieu clos maquillé en suicide. Il s'agit du riche collectionneur Archer Coe (Robert Barrat) dont la première partie du film s'applique à démontrer comment, de sa nièce à son frère en passant par son cuisinier chinois, tout son entourage éprouve de sérieux motifs d'en finir avec celui qui se comporte en odieux tyran.

Pour qui s'étonnera de l'introduction décontractée de du détective Philo Vance à l'enquête (la police le laisse tranquillement s'introduire sur la scène de crime et interroger tout le monde), il faut savoir que c'est la quatrième fois que William Powell interprète le personnage après The Canary Murder Case (1929) The Greene Murder Case (1929) et The Benson Murder Case (1930). Nous sommes donc dans une logique de série où même sans avoir vu les films précédents la complicité se ressent aisément entre les personnages (le sidekick truculent joué par Eugene Pallette) tout comme certains running gag qui sentent la redite amusée (le médecin légiste interrompu à chaque repas par la découverte d'un nouveau cadavre). Cet aspect évite toute introduction fastidieuse et nous amène immédiatement dans le vif du sujet. Michael Curtiz se repose à la fois sur la vivacité et le flegme de William Powell et sur une mise en scène inventive. Tout ce qui concerne l'enquête en elle-même sera l'affaire de William Powell, sourire en coin, regard perçant et adepte du bon mot qui sait déstabiliser ses interlocuteurs, repérer l'élément dissonant dans le décor et tirer les conclusions les plus improbables. Curtiz déploie sa maîtrise dans les différentes situations criminelles.

Un mouvement de grue nous fait arpenter l'extérieur de l'impressionnant décor de la maison se rapprochant d'une fenêtre pour nous faire voir puis entendre le bruit et les éclats du coup de feu meurtrier. Plus tard Philo Vance reconstituera le déroulement du crime que Curtiz film en caméra subjective inquiétante et en rendant d'autant plus brutale l'exécution, le tout remarquablement éclairé par William Rees qui traduit bien la bascule du point de vue. La direction artistique de Jack Okey contribue aussi à l'atmosphère avec ces deux maisons avoisinante que des panoramiques nous font observer de l'extérieur et certains décors ajoutant à la tonalité mystérieuse comme la salle d'objets d'arts chinois du disparu. Le scénario nous mène sacrément en bateau, donnant assez vite les clés pour mieux nous perdre dans les circonvolutions dues à la nature plus tordue qu'il n'y parait du meurtre mais aussi les états d'âmes des différents suspects caractérisés avec un brio narratif rare. Détendu et inquiétant à la fois, un divertissement rondement mené.

 Sorti en dvd zone 2 françaix chez Bach films et aussi chez Wild side sous le titree "Meurtre au chenil"

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire