Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

samedi 28 août 2010

La Terrasse - La Terrazza, Ettore Scola (1980)


Des amis de longue date, appartenant au milieu de la gauche culturelle, se retrouvent pour une rituelle soirée-buffet sur la vaste terrasse romaine de l'un d'entre eux. La caméra se promène et surprend des conversations puis, suit un personnage dans sa vie, avant de revenir à la soirée et d'en suivre un autre. L'enthousiasme de la jeunesse a laissé place à l'amertume et aux constats d'échecs, autant professionnels que sentimentaux.

La Terrasse
constitue en quelque sorte le testament de la comédie italienne (d'ailleurs Scola n'en fera quasiment plus pour se lancer dans des production historique plus prestigieuses comme La Nuit de Varennes ou Le Bal ). La construction et la narration peuvent d'ailleurs rappeler aussi le Signore & Signori de Pietro Germi en moins réussi et fluide, puisqu'au cours d'une soirée entre amis sur une terrasse romaine le film s'attarde sur quelques convives qu'il va suivre après la réunion.

Chaque personnages représente en quelques sorte la faillite masculine, la fin des idéaux et le déclin d'une génération qui n'aura pas su changer l'Italie. Le personnage de Mastroianni est un éditorialiste cynique et dépassé, incapable d'accepter l'émancipation de sa femme, Vittorio Gassman (tout en retenue et loin de ses personnages excessifs, étonnant) un communiste verbeux engoncé dans une idéologie obsolète et trop lâche pour quitter son épouse alors qu'il semble se ressourcer auprès d'une plus jeune femme. Scola anticipe brillamment tout ce qui va gâter le paysage culturel italien dans les années à venir avec la télévision sombrant dans le n'importe quoi, le cinéma populaire laissé aux mains des "intellectuels" prétentieux...

C'est finalement plus désolant que vraiment drôle même si on a tout de même quelques grands moment, notamment grâce à un Jean Louis Trintignant impérial en scénariste névrosé par la page blanche, où Ugo Tognazzi en producteur. Les rapports hommes- femmes sont voués à l'échec à cause de l'archaïsme masculin, la culture dégringole et les jeunes sont dépourvus de valeurs, le constat n'est pas très joyeux. C'est un peu le prolongement de Nous nous sommes tant aimés mais là où ce dernier gardait allant et légereté, le constat est ici terriblement désabusé. Le film est un peu trop long (2h30 tout de même) et les différents retour à La Terrasse pour suivre un protagoniste différents sont un peu lourd aussi dans la répétition. Le dernier grand Scola néanmoins.

Dvd zone 2 français à fuir car comportant uniquement la vf. Donc à moins de maîtriser l'italien pour avoir l'édition locale, si vous êtes sur Paris le film ressort en salle en ce moment (et devrait probablement avoir une édition dvd digne de ce nom dans la foulée).

Extrait

1 commentaire:

  1. Un peu déçu par cette terrasse ! Je n'ai âs retrouvé l'émotion de nous nous sommes tant aimés.

    http://tietiecinema.over-blog.com

    RépondreSupprimer