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mardi 29 septembre 2015

Le Sauvage - Jean-Paul Rappeneau (1975)

Martin est venu à Caracas pour y vendre les légumes qu'il cultive sur une île déserte où il s'est retiré en solitaire, préférant la vie sauvage au stress urbain. Dans sa chambre d'hôtel, surgit en trombe Nelly qui vient de rompre ses fiançailles avec Vittorio. Elle s'incruste au point que Martin l'héberge sur son île contre son gré...

Troisième film de Jean-Paul Rappeneau, Le Sauvage constitue un vrai virage dans la carrière du réalisateur. C’est en effet la première fois que Rappeneau développe une intrigue dans un cadre contemporain, chose qui n’arrivera par la suite que dans le mal-aimé mais excellent Tout feu tout flamme (1981). Cet environnement moderne change du coup la dynamique des films précédents où le rythme échevelé typique du réalisateur se mettait progressivement en place le temps de poser le contexte (l’Occupation dans La Vie de château (1966) et la France post- révolutionnaire sur Les Mariés de l’An II (1971)) et une élégante reconstitution. Les 40 premières minutes éreintantes du Sauvage contredisent ces habitudes, la vitesse et l’hystérie guidant la fuite en avant d’une Catherine Deneuve échappée d’un mariage avec un italien trop possessif et qui pour se faire dévaste tout sur son passage. Bagarre, poursuite et destruction massive seront provoqués par ce séduisant agent du chaos partout avant de se voir sauver la mise par Yves Montand. 

Ce dernier après l’avoir secourue croit s'en être débarrassé et va avoir l'immense surprise de la trouver qui l'attend sur l'île déserte où il s'est retiré. Le meilleur du film arrive alors avec une Deneuve plus enquiquineuse que jamais qui va encore provoquer moult disputes et catastrophes avant que les deux personnages se rapproche progressivement. Le virage de l'hystérie à une veine plus romantique est magnifiquement géré par Rappeneau (les deux personnages couchent ensemble après que Montand ait lancé un ananas sur la tête de Deneuve) avec un scénario qui réserve son lot de surprise notamment sur le passé de Montand et les raisons de son exil. 

Deneuve est définitivement la plus belle incarnation de « l’emmerdeuse » chère à Rappeneau, campant un personnage voisin de celui qu'elle jouait déjà dans La vie de Château. C’est une miss catastrophe insouciante qu'on a envie d'embrasser et de gifler à la fois, exaspérante et totalement craquante le réalisateur ayant su le mieux la rendre naturelle, hors du registre froid et éthéré où on l’enferme injustement.

Montand en vieux bougon retiré de tout est très bon également, faisant preuve d’un timing comique et arborant un superbe look de baroudeur. Avec le rythme se ralentissant il orne son personnage d'un spleen touchant sur la dernière partie plus mélancolique. La réalisation précise et alerte de Rappeneau fait des miracles notamment au montage puisque l'île sur laquelle se déroule l'histoire à en fait été tourné sur trois décors différents, de la banlieue de Saint Cloud en passant par les Bahamas et les Antilles et l'illusion est parfaite. 

Le film constitue encore aujourd’hui un modèle de comédie d’aventures (rappellons que Rappeneau a coécrit L’Homme de Rio (1964)) pour lequel les américains ont longtemps envisagèrent un temps un remake. Si ce dernier ne vit jamais le jour, le film circula longtemps à Hollywood, rendant suspectes les similitudes avec des productions ultérieures comme À la poursuite du diamant vert (1984) de Robert Zemeckis ou 6 Jours 7 Nuits (1998) d’Ivan Reitman.

Sorti en dvd zone 2 français che Studiocanal 

 

1 commentaire:

  1. Je continue de préférer le grande Catherine avec Philippe Noiret dans La Vie de Château, mais dans Le Sauvage elle égale certainement les grandes actrices de screwball comedy (je suis sûre qu'elle admire Katharine Hepburn par exemple...)

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