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mardi 1 septembre 2015

Un jour à New York - On the Town, Stanley Donen et Gene Kelly (1949)

Trois marins de la Navy, Gabey (Gene Kelly), Chip (Frank Sinatra) et Ozzie (Jules Munshin), débarquent à New York pour une journée de permission. Ils ont 24 heures pour profiter de la ville et comptent bien les mettre à profit pour faire des rencontres. Ils font d'abord la connaissance d'une conductrice de taxi, Brunhilde Esterhazy (Betty Garrett) et de Claire Huddesen (Ann Miller), étudiante en histoire. Gabey, qui a brièvement rencontré Ivy Smith (Vera-Ellen), la « Miss Métro » du mois, et en est tombé amoureux, entraîne ses deux compères et les deux jeunes femmes dans une course effrénée à travers la ville afin de la retrouver.

Amis et complices sur les scènes de Broadway puis chorégraphes de génie pour le cinéma, Stanley Donen et Gene Kelly faisaient conjointement leur début à la mise en scène sur Un Jour à New York. Adapté de la comédie musicale éponyme jouée à Broadway en 1944, le film marque les retrouvailles de Gene Kelly et Frank Sinatra qui avaient partagés l'affiche dans une œuvre assez proche Escale à Hollywood (1945). Sans atteindre les hauteurs du fameux Chantons sous la pluie (1952) à venir, Un Jour à New York est un divertissement sacrément euphorisant. Trois marins en permission Gabey (Gene Kelly), Chip (Frank Sinatra) et Ozzie (Jules Munshin), débarquent à New York pour une journée de permission. L'illusion de la journée culturelle est expédiée le temps d'une scène d'ouverture passant en revue les quelques monuments marquants, les rencontres galantes suscitant plus l'intérêt de notre trio.

Le film un constant contraste entre la nature provinciale attachante de nos héros avec l'indépendance et l'urbanité de leur conquête féminine. Ce seront constamment elle qui mèneront le jeu de la séduction, la drôlerie du marivaudage reposant sur leur côté entreprenant s'opposant à l'innocence des marins. Les numéros les plus décalés reposent sur cette aspect l'excellent numéro Come Up to My Place entre la femme taxi Brunhilde Esterhazy (Betty Garrett) lourdement insistante pour se retrouver seule avec un Frank Sinatra dépassé, le tout dans une chorégraphie heurtée à l'intérieur d'une voiture. De même l'anthropologue Claire Huddesen (Ann Miller) déclarera son amour pour les hommes des cavernes en prenant les devants avec Ozzie, Ann Miller se montrant aussi sexy que virtuose dans la séduction agressive. La vraie émotion naîtra lorsque cette assurance féminine reposera sur une illusion, plaçant l'homme et la femme dans une vulnérabilité similaire.

Ivy Smith (Vera-Ellen), "Miss Metro" et objet de la quête de Gene Kelly simule ainsi une vie mondaine et une assurance de façade alors qu'elle est elle aussi une provinciale solitaire et perdue dans ce New York trop vaste. On la découvre d'abord dans le fantasme intimidant que s'en fait Gene Kelly dans l'étourdissant numéro dansant Miss Turnstiles Ballet où elle symbolise la figure féminine parfaite, mondaine, intelligente, sportive et femme d'intérieur avec une égale aisance. La vraie rencontre tout en candeur maladroite montrera pourtant avec une belle émotion le caractère doux qui rapproche les deux amoureux sans qu'ils ne se l'avouent vraiment.

La mélancolie s'invite même le magnifique numéro A Day in New York, d'une sensualité folle dans le rapprochement dansé entre Gene Kelly et Vera-Ellen. Si le couple entre Ann Miller et Jules Mushin n'existe que par l'humour, l'émotion saura magnifique s'inviter pour Frank Sinatra et Betty Garrett sur le morceau You're Awful et ses irrésistibles contrepoints musicaux où l'injure devient déclaration d'amour et où Sinatra étincèle.

Le final sobre et efficace relance la boucle tout en distillant une sobre émotion pour ces adieux, le temps s'étant arrêté pour notre plus grand plaisir le temps de ces 24 heures de permission.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner 

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