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lundi 19 décembre 2016

The Blue Lamp - Basil Dearden (1950)

En 1949, à Londres, le vétéran George Dixon apprend le métier de policier au jeune Andy Mitchell. Appelé sur le lieu d'un braquage, Dixon est confronté à Tom Riley, un malfaiteur qui lui tire dessus avant de s'enfuir. Une vaste chasse à l'homme s'engage alors.

Le scénariste T. E. B. Clarke, en plus d'avoir guidé la mue du studio Ealing vers les comédies qui feraient sa gloire (l'enchaînement magique Passeport pour Pimlico (1949, De l'or en barre (1950) et Tortillard pour Titfield (1953)) contribua également à y faire produire certain un des polars les plus mémorable du cinéma britannique avec The Blue Lamp. Membre de la police de réserve durant la Seconde Guerre Mondiale, T. E. B. Clarke avait déjà pu faire montre de son du polar avec À cor et à cri (1947) même si teintée de comédie et transforme l'essai avec The Blue Lamp. Véritable plongée dans le quotidien de bobbies londonien, le film nous en fait découvrir les codes à travers la transmission se faisant entre le vétéran George Dixon (Jack Warner très attachant) et le jeune "rookie" Andy Mitchell (Jimmy Hanley).

Les tâches courantes (ronde de nuit, faire cuver un ivrogne, ramener un chien à sa maîtresse, calmer une dispute conjugale) se déroule en parallèle de la vie du commissariat dont la joyeuse camaraderie nous attache immédiatement aux personnages. Basil Dearden confère une vraie rigueur documentaire tant dans cette vie policière que dans la description des bas-fonds où de jeunes chiens fous amène une forme plus imprévisible de criminalité qui dérange les truands endurcis plus discrets. Basil Dearden creusera plus précisément cet angle social dans d'autres films notamment Violent Playground (1958) mais se fond ici dans la tonalité quotidienne du script de T. E. B. Clarke même si ces jeunes criminels d'après-guerre sans codes moraux ont déjà été évoqués dans Le Gang des Tueurs (1947) de John Boulting.

Le côté violent et instable de Tom Riley (Dirk Bogarde) est amené progressivement, de sa fascination pour son arme à la vraie agression envers un policier au sortir d'un cambriolage puis le point de non-retour en abattant un bobbies suite à un hold-up. Cette péripétie marque le basculement du film (le respect de l'uniforme ressenti jusque-là se brisant en un coup de feu) où la dimension documentaire sert la collaboration rigoureuse de toutes les franges de Scotland Yard pour retrouver le tueur. Le drame fonctionne donc grâce à la description de la première partie, la détermination et l'union des policiers se conjuguant à la douleur de l'épouse du collègue abattu (superbe scène toute en retenue où Andy vient lui annoncer la terrible nouvelle). L'aspect laborieux, méthodique et crucial de l'enquête (témoins récalcitrant, draguer la Tamise pour retrouver une arme) poursuit la mise en valeur de la police, alors qu'à l'inverse l'angoisse et l'incertitude guide les criminels avec un Dirk Bogarde fascinant, à la fois intimidant et vulnérable.

Après un ensemble très rigoureux, Basil Dearden lâche les chevaux avec une dernière partie plus heurtée. Mano à mano brutal entre policier et criminel, course poursuite survoltée dans les ruelles londoniennes et final haletant en plein stade de football, Dearden se montre virtuose et inventif pour gérer et relancer son suspense par un sens du cadre et du rythme épatant. Le choc des générations s'affirme définitivement lorsque les truands classiques aident la police à retrouver le fugitif. Ce premier essai de Dearden dans le polar affirme ses formidables aptitudes pour le genre et lance sa collaboration avec le producteur Michael Relph avec lequel il signera une plus grande réussite encore dès l'année suivante avec Pool of London.

Sorti en dvd et bluray anglais chez StudioCanal et doté de sous-titres anglais

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