Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

mardi 21 juin 2011

Thunder Road - Arthur Ripley (1958)


Un vétéran de la guerre en Corée revient dans son village reprendre l'affaire de contrebande d'alcool de son père. Il va devoir lutter contre les gangsters de la ville voulant imposer un monopole et échapper aux policiers qui veulent le mettre en prison.

Thunder Road est le projet le plus personnel de Robert Mitchum et lui qui habituellement dégage une telle image de désinvolture s'y investit au point d'en être le produit, coscénariste (inspiré de l'accident de la route fatale d'un contrebandier dont fut témoin le scénariste James Agee qui communiqua l'histoire à Mitchum) et interprète de la chanson titre qui sera d'ailleurs un grand succès. Cet engagement constitue à la fois la réussite et la limite du film, tout ce qui a trait au personnage de Mitchum passionnant souvent alors que l'intrigue en elle même ne s'élève guère au dessus du niveau moyen du genre.

C'est donc dans une pure ambiance rurale que nous suivons un Robert Mitchum contrebandier de père en fils, as du volant opérant dans les montagnes du Kentucky et du Tennessee. Notre héros se trouve à la croisée des chemins de son existence, après être revenu de l'armée et découvert le monde son petit village semble bien étroit mais il s'accroche pourtant obstinément à cette vie casse cou désormais en sursis depuis qu'il est menacé par de dangereux gangsters et des agents du trésor. Ces interrogations se poursuivent dans sa vie sentimentale où il est partagé entre un amour pour une chanteuse de la ville symbole d'un possible ailleurs et une fille de sa région rassurante mais le maintenant dans cette fange.

Les questionnements du personnage, son rapport à sa famille et son caractère jusqu'au boutiste constituent le principal intérêt , bien aidé par la formidable prestation de Mitchum mais handicape finalement le reste du film. Arthur Ripley, réalisateur peu expérimenté ayant cependant fait une belle carrière dans des postes annexes (des débuts de scénariste en collaboration avec Capra notamment, auteur de gag pour le studio Max sennett au temps du muet, monteur...) n'est pas l'homme de la situation et débordé par le charisme de son interprète principal peine à gérer les différents enjeux du film. La pure intrigue policière manque vraiment de tension et de nervosité avec un Jacques Aubuchon peu menaçant en caïd (et qu'on voit bien peu au final), Gene Barry ne faisant guère mieuxconvaincant en agent du trésor au trousse de Mitchum, ce dernierles écrasant littéralement de présence à chaque face à face.

Ca n'en reste pas moins un spectacle alerte et plaisant notamment pour ses formidables et nombreuses poursuites en voitures, rondement menées pour l'époque. Petite curiosité également le fils de Robert Mitchum (sosie en plus jeune de son père) joue ici le rôle de son jeune frère, initialement prévu pour Elvis Presley mais ce filou de Colonel Parker se montra trop gourmand sur le cachet.

Sorti en dvd zone 2 français chez MGM

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire