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jeudi 11 juillet 2013

Eden of the East : The King of Eden/ Paradise Lost - Kenji Kamiyama (2009, 2010)


Parmi les réussites récentes majeures de la japanimation, la série Eden of the East avait laissé un certain goût d’inachevé et de frustration avec une fin ouverte surprenante. Les deux films King of Eden et Paradise Lost viennent donc donner une conclusion satisfaisante, apportant (presque) toutes les réponses aux mystères restés irrésolus.

On rappelle rapidement les faits : dans un Japon contemporain traumatisé par un attentat, un jeune homme amnésique Takizawa Akira se voyait doté, avec d’autres élus appelés « seleçao », de moyens financiers spectaculaires par un mystérieux bienfaiteur afin de redresser le Japon. Problème, les différents « seleçao » n’étaient pas forcément des plus recommandables (y compris notre héros peut-être lié aux attentats), et Akira, en compagnie de la jeune Saki, allait mener l’enquête sur les évènements tout en essayant de reconstruire son passé.

La série brassait nombre de thèmes passionnant sur la société japonaise : la peur de l’avenir au sein de la jeunesse symbolisée par les NEET (jeunes gens fuyant le monde du travail et les responsabilités en restant cloitrés chez eux accrochés à leur loisirs), la question de « l’après » pour les nouvelles générations ou comment se relever d’un traumatisme national et qui rejoignait ici autant le 11 septembre, Hiroshima que les catastrophe nucléaires récentes vécues par les nippons. Toutes ces facettes se liaient remarquablement à une nébuleuse intrigue de thriller  qu’on retrouve dans les films même s’il faut reconnaître qu’ils souffrent de quelques longueurs, que l’on ne ressentaient pas sur la série, au format plus resserré.

 On avait laissé Akira Takisawa venant d’éviter le désastre en stoppant une attaque de missiles contre le Japon soutenus par tous les NEET disparus. Six mois se sont écoulés depuis et Takizawa a disparu tandis que la situation du pays s’enlise. Saki aidé de ses amis décide de partir à sa recherche à New York tandis que d’autres mystères apparaissent et que la partie d’échecs entre Seleçao se poursuit. On retrouve cette capacité des auteurs à lier leur intrigue à l’actualité avec cette fois la crise économique, le déclin politique et culturel latent au Japon.

On retrouve cette idée de l’absence de repères de la jeunesse et du manque de réponse des politiques, symbolisé par l’espoir de la pourtant invraisemblable prétention à la royauté de Takizawa. Si on se perd parfois dans la désormais multitudes de personnages secondaires et intrigues parallèles, l’altruisme et la constante bonhomie de Takizawa amènent un positivisme et une simplicité nécessaire du fait de son absence d’ambition personnelle. C’est une figure quasiment utopique sur lesquels les auteurs jouent d’ailleurs puisqu’après ses exploits il se voit associé à une imagerie pacifiste et iconisée façon Che Guevara.


Ce deuxième film souffre clairement de gros problème de rythme mais s’avère le plus porté en charge émotionnelle. L’intrigue amplifie et magnifie l’idéologie bienveillante véhiculée par Takizawa à travers un long discours final de ce dernier où il se fait l’étendard de cette jeune génération désireuse de bousculer les choses et aller de l’avant. Le script, parallèlement à cela, offre une sorte de retour au réel avec un statu quo où perce néanmoins une lueur d’espoir comme si l’intervention de Takizawa n’avait pas été vaine.

La multitude de sous-intrigues n’est pas totalement comprise même quand on a suivi la série, le tout se complexifiant à l’excès mais le message est si fort qu’on passe ces légers défauts. Eden of The East aura également réussi au-delà des idées à créer des personnages très attachant, à l’image des deux héros qui se rapprochent enfin vraiment dans les derniers instants. Une belle réussite donc avec lequel I.G. (qui fait preuve du brio technique qu’on lui connaît ici) crée un autre classique à ranger à côté de leur Ghost in Shell.

Sorti en dvd zone 2 français chez Kaze, un coffret réunissant les films et la série est également disponible

 

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