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mardi 30 juillet 2013

Vaudou - I Walked with a Zombie, Jacques Tourneur (1943)


Une île proche d'Haïti. Une infirmière, Betsy Connell, est engagée pour s'occuper de Jessica, la femme de Paul Holland. Elle pense que Jessica a été envoûtée par des rites vaudou, elle finira par apprendre qu'en fait c'est un zombie.

Vaudou approfondissait la formule magique de l'épouvante découverte par Jacques Tourneur et son producteur Val Newton avec La Féline (1942) dont le succès sauva la RKO de la faillite l'année précédente. Le mystère, la suggestion et les jeux d'ombres sont cette fois exploités dans le cadre plus exotique d'Haïti en convoquant le folklore vaudou et la magie noire.

Le scénario offre une astucieuse variante du Jane Eyre de Charlotte Brontë dont on reconnaîtra aisément les emprunts. La jeune infirmière Betsy Connell (Frances Dee) est engagée pour s'occuper de l'épouse d'un riche propriétaire d'une proche d'Haïti, l'épouse étant plongée dans une étrange catatonie causée par une fièvre mais que la rumeur locale attribue au vaudou et faisant d'elle une zombie.

Le film oscille constamment entre cette dualité rationnelle ou surnaturelle quant au mal de Jessica, les deux interprétations se disputant souvent dans les partis pris visuels et narratif de Tourneur. L'inquiétude naît d'un rien avec quelques moments aussi sobres que glaçants telle cette première apparition spectrale de la malade dans la tour, sa seule robe blanche illuminant les ténèbres lorsqu'elle avance vers l'infirmière terrorisée.

Le terme zombie est ici plus associé à son lien avec la magie que la facette plus biologique qu'y amènera bien plus tard George Romero et c'est l'occasion pour Tourneur de livrer d’hypnotiques scènes rituelles. Tout un bon pour susciter le malaise, le bande son faisant de l'environnement naturel un personnage à part entière, le physique hors norme des autochtones (ce très inquiétant colosse aux yeux exorbités) et l'aura de superstition qui semble peser sur tout le film.

L'intrigue et ses enjeux terre à terre (triangle amoureux, rivalité fraternelle) cherchera toujours à nous ramener à un certain réalisme tandis que tout dans l'imagerie appelle au surnaturel, le second prenant de plus en plus le pas jusqu'au flamboyant final macabre et romanesque à la fois. La terreur, la vraie, ne s'instaure jamais réellement pour une ambiguïté qui donne une inquiétude latente qui donne tout son pouvoir de fascination à ce Vaudou et à l'art du fantastique selon Tourneur.

Sorti en dvd zone 2 français aux Editions Montparnasse dans la collection RKO

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