Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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dimanche 18 mai 2014

Coup de foudre - Together Again, Charles Vidor (1944)


Une jeune femme, Mrs Crandall, maire d'une petite ville de province, arrive à New-York afin d'y rencontrer un sculpteur célèbre, Corday, en vue de lui commander la statue de son défunt mari, grand notable et descendant des fondateurs de la ville. Dès leur première rencontre, c'est le "Coup de foudre». Mais Mrs Crandall, à la mort de son mari, a promis à sa fille de ne pas se remarier. En s'apercevant qu'elle est tombée amoureuse de Corday, la voilà terrorisée par la perspective de devoir rompre sa promesse si elle lui commande la statue, et le fait venir pour cela dans sa province. Elle s'enfuit en refusant de revoir Corday, et retourne dans sa maison. Dès le lendemain, Corday arrive à l'improviste...

Charles Vidor signe une comédie romantique pleine de charme et fantaisie avec ce ravissant Together Again. C'est un récit placé sous le signe de la reconstruction et de la redécouverte de sa féminité avec le personnage d'Anne Crandall (Irene Dunne) vivant encore dans le souvenir de son époux disparu. Cette présence du défunt se fait à la fois visible et insidieuse, Anne ayant repris ses anciennes fonction de maire d'une petite ville de province et ne s'étant jamais remariée. Une idolâtrie qui frappe de façon plus marquée encore sa belle-fille Diana (Mona Freeman) vivant dans le culte de son père et notamment de la statue de lui érigée au milieu de la ville.

Une situation qui agace profondément le beau-père d'd'Anne (Charles Coburn) qui l'incite sans succès à refaire sa vie. Les éléments (ou symboliquement le mari disparu comme il est plusieurs fois sous-entendu) vont se charger d'arranger la situation lorsque la foudre va frapper et décapiter la fameuse statue, obligeant Anne à se rendre à New York en quête d'un sculpteur. Celui-ci aura les traits charmant de George Corday (Charles Boyer) et le coup de foudre sera immédiat mais il faudra encore composer avec les réticences d'Anne et sa "fidélité" au disparu.

Charles Vidor use de motifs très amusants et subtils pour dépeindre ce chassé-croisé amoureux en usant beaucoup de la symbolique. Irene Dunne avec ses traits et son charme juvénile semble ainsi en décalage par ses attitudes et tenues de matriarche. S'essayant à une tenue plus élégante lorsqu'elle se rend à New York, c'est cette fois son comportement gauche, gêné et surpris (hilarante entrevue avec le garçon d'étage) par les réactions qu'elle suscite qui provoque l'amusement. L'effet est renforcé lorsqu'apparait Charles Boyer en sculpteur décontracté, son regard séducteur et ses questions dérangeantes.

Afin de mieux capturer l'âme de l'homme qu'il doit sculpter, il interroge ainsi Anne sur leur vie commune, comprend la solitude de celle-ci et en tombe amoureux. Cette opposition de caractère trouve son apogée dans la scène où il l'emmène dans un club de strip tease où un quiproquo faisant malencontreusement prendre Anne pour la danseuse attitrée (détail amusant la strip teaseuse s'appelle Gilda et a un petit air de Rita Hayworth comme une anticipation du classique à venir de Charles Vidor) des lieux. Amusée et bousculée, notre héroïne préfèrera fuir ses propres sentiments et retourner dans sa bourgade paisible mais Corday n'a pas dit son dernier mot.

Le film traite à la fois d'éveil et de réveil amoureux. Le réveil concerne évidemment Anne jouée avec une maladresse irrésistible par Irene Dunn et l'union finale passera par l'éveil de la belle-fille qu'incarne Mona Freeman. La longue absence d'une présence masculine amène ainsi une sorte d'œdipe tardif ou Diana tombera également amoureuse de Corday avec son lot de malentendus et quiproquos très drôles. Cet œdipe se croise à la promesse passée d'Anne de ne jamais se remarier à la fillette d'alors et c'est en éprouvant ces premiers émois qu'elle saura à son tour accepter que sa belle-mère reconstruise sa vie.

Charles Boyer offre son numéro habituel de séducteur plein de bagout et sûr de son fait mais qui sera plus d'une fois dépassé par les emportements des personnages féminins. La fin est un petit bijou d'inventivité, un simple grondement de tonnerre faisant le lien entre passé et présent, détachant Anne de ses obligations et réunissant les amoureux par une ellipse parfaite.

Sorti en dvd zone 1 et doté de sous-titres anglais chez Sony dans la collection Icons of screwball comedy

Extrait

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