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samedi 3 juillet 2010

Tu seras un homme mon fils - The Eddy Duchin Story, George Sidney (1956)


Biopic de Eddy Duchin, pianiste de jazz très populaire dans les années 30 et 40. Le scénario a bien du mal à se sortir des poncifs du genre avec une démarcation bien sentie et visible entre les moments de bonheur, les épreuves, la rédemption, tous bien appuyés et assez mécaniques dans leur déroulement. La première partie est ainsi idyllique avec l'irrésistible ascension de Duchin (Tyrone Power un peu jeune au départ en jeune diplômé aspirant musicien) des petits club new yorkais jusqu'à avoir son propre orchestre, tandis qu'il séduit et épouse sa muse Kim Novak.

Puis après la perte de cette dernière c'est la dépression et l'errance au cours de laquelle il délaisse son fils qu'il rend responsable de sa mort, avant de se reprendre et de reconquérir sa progéniture même si la fatalité n'est jamais loin (pour ceux qui connaissent l'histoire de Duchin). La bande son est particulièrement réussie, reproduisant la frénésie des big band des années folles, et Tyrone Power (même si ce n'est sans doute pas lui qu'on entend jouer) a fait de vrai effort pour être crédible et de nombreux plan séquences dévoile que c'est bien ses mains qui s'affole sur le piano.

Le côté film de studio formaté (la reconstitution est particulièrement luxueuse) est légèrement atténué par la prestation des acteurs qui font un peu vivre cette mécanique trop bien huilée. Kim Novak malgré un rôle bref marque le film de son empreinte (et rend Victoria Shaw second amour du film très fade), la douceur et l'amour de son personnage imprégnant tout le reste de l'intrigue et créant l'empathie au chagrin de Tyrone Power. Ce dernier sorti de ses rôles d'aventurier dévoile une belle fragilité, et la mise en scène de Sidney est un vrai atout dans toutes les tonalités que prend le film. Des cadrages et mouvements de caméras surprenants pour traduire la frénésie des débuts, et surtout une magnifique idée lors de la dernière scène de traduire la mort de Duchin par le fait que son fils se retrouve soudainement seul à jouer tandis qu'un travelling arrière nous dévoile l'absence de Power. Pas inoubliable mais agréable à suivre donc.


Disponible en dvd zone 2 chez Paramount

Petit passage musical

2 commentaires:

  1. De ces films dits "moyens" qui valent mieux que leur réputation.
    Dans la deuxième partie (il y a "avant" et "après" le premier drame), quelques audaces filmiques : le technicolor convenu du début se teinte de gris donnant visuellement un aspect précurseur de toute une manière de filmer des années 60 à venir.
    Je suis un ardent défenseur de ce "mélo". Vous êtes moins indulgent qu'avec "La colline de l'adieu" d'H.King ; pour moi, c'est le contraire. Et puis Kim Novak, n'est-ce-pas ?...

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  2. Je trouve que "La Colline de l'adieu" plus équilibré, King livre volontairement un récit parfaitement convenu et prévisible que sa mise en image et l'implication des acteurs (Et Jennifer Jones c'est pour moi une arme aussi fatale que Kim Novak ^^). Là le film n'est pas désagréable mais ne dépasse pas son statut de biopic mélo, hormis quelques fulgurance (la dernière scène vraiment belle) c'est un peu trop attendu pour se hisser au sommet du genre comme le King dont l'émotion atteint quelque chose de plus intime et personnel finalement...

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