Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

jeudi 8 juillet 2010

Le Sport Favori de l'Homme - Man's Favorite Sport, Howard Hawks (1964)


Roger Willoughby est vendeur dans un magasin de pêche. À la veille d'un grand meeting au lac Wakapoogee, les clients affluent pour solliciter ses précieux conseils. Deux jeunes filles travaillant pour l'organisateur du tournoi espèrent compter ce spécialiste prestigieux parmi les participants, le patron de Willoughby l'incite à s'y inscrire mais son employé tente par tous les moyens de se désister.

Howard Hawks en fin de carrière revient à ses premières amours de la screwball comedy loufoque avec une nouvelle génération d'acteurs, porté par des thèmes et figures au croisement des formules qui ont fait sa gloire et des idées d'une modernité étonnantes. Rock Hudson endosse un rôle autrefois taillé pour Cary Grant (désormais vieillissant) et s'en sort à merveille. C'est sa prestation qui fait le lien principal avec le Hawks ancien en brave type dépassé par les évènements. D'ailleurs mieux que de singer Grant, il s'approprie totalement le rôle en jouant de la gaucherie amené par sa carcasse imposante de citadin, irrésistible de drôlerie lorsqu'il apprend les rudiments de la pêche et de la vie en plein air.

C'est son côté prude, son innocence très "Code Hays"(venant plus du côté distrait et ahuri du personnage) face aux assauts de Paula Prentiss qui ramène aux anciennes comédies de Hawks, tandis qu'à l'opposé Paula Prentiss tout en conservant l'espièglerie des Rosalind Russel et autres Katharine Hepburn appuie la dimension érotique et cartoonesque très dans l'air du temps. Son personnage est en effet très entreprenant (ce rentre dedans osé en petit pyjama/ short rose affolant dans le bungalow de Hudson) et loufoque, Paula Prentiss craquante le rendant très attachant (sans toutefois lui amener la profondeur d'une Hepburn mais c'est cette légèreté insouciante qui fait la différence et le charme finalement).

Loin du rythme éreintant de La Dame du vendredi, Hawks prend son temps dans narration nonchalante (2h07 quand même) mais plaisante d'où surgissent les gags inoubliable débordant d'inventivité et de drôlerie : Rock Hudson trimballé par une barque dans une improbable salopette/bouée, les trois pêches heureuses amenées par des circonstances improbable, un ours qui fait de la moto et surtout tout les échanges entre Hudson et Paula Prentiss irrésistibles (l'effet du baiser symbolisé par les locomotive qui se percutent génial)...

Ici et là Hawks place d'ailleurs quelques moments plus osés qui lui sont désormais autorisés comme le gag voyant la cravate de Rock Hudson coincé dans la fermeture de la robe Easy (gag repris de L'Impossible Monsieur Bébé) , des t shirts mouillés sous la pluie ou encore le déshabillé très osé (et placé là totalement gratuitement) de Charlène Connor jouant la fiancée de Hudson. Seul relatif reproche la conclusion un peu maladroitement amenée avec un dilemme moral qui n'avait pas particulièrement été annoncé et un peu prétexte pour le rapprochement final et attendu du couple. Ca n'enlève rien au plaisir immense de visionnage.

Facilement trouvable en dvd zone 2

Bande annonce

1 commentaire:

  1. Assez d'accord avec votre critique. J'ai vu ce film hier soir pour la première fois, j'ai beaucoup apprécié. J'ai adoré l'ambiance, et même si le rôle masculin était destiné à Cary Grant, Hudson ne s'en sort pas trop mal (peut-être un peu trop rigide).

    J'apporterais également un léger bémol sur la fin, que l'on attend un peu plus éclatante. Mais Hawks s'amusait j'imagine, après Rio Bravo et Hatari!, on peut lui pardonner ...

    RépondreSupprimer