Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 12 juillet 2010

L'Inassouvie - Un Amore a Roma, Dino Risi (1962)


En rompant ses fiancailles, Marcello ne se doute pas que le soir-meme, il va rencontrer la belle Anna. Ils restent quelque temps ensemble, puis Anna doit partir pour un tournage a Capri. Quand il la rejoint, il s'apercoit qu'elle est tombee amoureuse d'un acteur. Ils se quittent alors.Un drame puissant où Risi imprègne la même noirceur et cruauté que dans ces comédies les plus féroces. Risi instaure une tonalité assez légère dans un premier temps, où on suit un jeune intellectuel incarné par Peter baldwin, insatisfait courant d'une histoire à une autre à la recherche du grand amour. Il pense l'avoir trouvé en la personne de la délicieuse et naïve Mylène Demongeot après une rencontre magique et une première nuit ensemble.

Il va rapidement déchanter lorsqu'il comprendra que la belle malgré le réel amour qu'elle lui porte ne peut s'empêcher de se donner à d'autres hommes. Le film est trompeur dans un premier temps en nous plongeant dans la langueur estivale Romaine où s'épanouissent les amours des deux héros, mais tout se fissure rapidement. Peter Baldwin est remarquable, abordant un masque détaché face au infidélités répétées de Anna avant que ces réels sentiments le rattrapent et qu'il craque complètement lors d'une scène de flagrant délit d'adultère.

Mylène Demongeot est tout aussi brillante, un sex appeal ravageur et une innocence bien réelle la rende aussi attachante que détestable et finalement égoïste face à cette quête maladive du plaisir immédiat. Une des rares et sérieuses interprétations de nymphomane où le film devient soudain de plus en plus pesant malgré la décontraction de façade de tout les personnages, remarquablement dépeint par Risi, entre le futur beaux père de Baldwin qui a déjà profité des faveurs d'Anna ou une ex assez pathétique.

L'érotisme latent est d'ailleurs tout sauf joyeux bien que s'illustrant le plus souvent à travers les formes plantureuses de Mylène Demongeot, puisque à chaque fois teinté de suspicion et de rancoeur pour ce personnage déséquilibré. La conclusion est d'ailleurs formidable de sécheresse et d'intensité, lorsque Baldwin excédé décide enfin de réagir, tandis que Demongeot au pied du mur est poussée face à ses contradictions.

Sortie récemment en dvd zone 2 chez René Chateau

3 commentaires:

  1. Ce film, vu à la télé italienne, cet été en Sardaigne est tellement italien que vous pouvez le voir en dégustant un bon vin italien .... et là...le bonheur est proche: le noir et blanc est fabuleux tout comme les acteurs ... l'intrigue passionnante et l'ambiance extra
    so bello

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  2. Ugo Tognazzi rêvait, se languissait de jouer avec Fellini...
    Il ne s'est jamais vraiment rendu compte, je crois, à quel point un Risi vaut largement un Federico, ni à quel point la comédie humaine de l'un est supérieure au barnum pesant de l'autre. La postérité rendra justice à Dino, j'en suis convaincue. Lisa Fremont.

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  3. Oh que je suis d'accord avec cette analyse. Oui Risi est un génie (et Fellini ampoulé et prétentieux) et ce film méconnu est un chef d'oeuvre porté par la sublime Mylène Demongeot.

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