Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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mercredi 21 juillet 2010

Du Silence et des Ombres - To Kill a Mockingbird, Robert Mulligan (1962)


Sur un mode plus profond et sombre que son futur Un été 42, Mulligan abordait déjà le thème de la perte de l'innocence dans ce film magnifique. Deux enfants insouciant vont découvrir l'injustice et la noirceur du monde des adultes au cours d'un été où leur père joué par Gregory Peck doit défendre un jeune noir accusé du viol d'une blanche dans le Sud raciste. Le point de vue se fait quasi uniquement du niveau des enfants, abordant chacun de ses thèmes sous l'angle des terreurs enfantines, notamment par l'intermédiaire du la figure de Boo Radley (et comme ça je découvre l'origine du nom du groupe de rock !) et sa légende.

Au fur et à mesure que les enfants perdent de leurs illusions, les séquences se font plus explicites et oppressante comme une tentative de lynchage et surtout une scène de procès tendue à souhait. Gregory Peck est formidable, figure bienveillante souhaitant toujours définir la différence entre le bien et le mal à ses enfants. Ses notions se trouvent ébranlées au final à cause de l'injustice criante du procès, et Peck devra s'accommoder avec ses principes pour que justice soit rendue malgré tout, au dessus des lois des hommes. Les deux enfants sont charmant et toujours juste, notamment la petite jouant Scout et c'est leur regard candide qui atténue la grande noirceur du propos.

Trouvable en dvd zone 2 et pour les parisiens le film ressort actuellement en salle.

8 commentaires:

  1. Après avoir vu ce film splendide, il FAUT lire le roman de Harper LEE (en Poche).
    Izabo77

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  2. Vous n'êtes pas très bavard en comparaison des Américains. Chez eux, le film — c'est probablement normal — a fait couler beaucoup d'encre.

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  3. PS: confirmation. Sparknotes qui n'accorde pas une seule ligne à Dickens (un des pères de la littérature américaine) se consacre généreusement au roman de Harper Lee. Voyez vous-même :
    http://www.sparknotes.com/lit/mocking/

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  4. PS 2 : je note avec plaisir que vous êtes de "bon poil". La preuve ? Il est, ces jours-là, facile de montrer que l'on n'est pas "robot".
    PS 3 : Je lis "PASSAGE TO INDIA"
    sur l'ordinateur. C'est très court
    (570 000 ca, espaces compris) et
    de ce fait l'enrobage de David Lean
    est admirable (l'introduction notamment de la ballade seule à vélo de la jeune fiancée pour qui la statuaire est une révélation). Je vois sous mes yeux, dans la colonne bleue "Le Vent de la Plaine" — "The Unforgiven" et touche du doigt un
    problème majeur pour moi. Au milieu de titres français sur les DVD sans le recours à l'image, je suis perdue.
    Je viens de voir "La Rumeur", titre anglais : "The Children's Hour" (là
    j'étais préparée, espérant voir ce film un jour) …

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  5. Si vous ne l'avez jamais vu je vous recommande le film anglais "Le vent garde son secret" de Bryan Forbes avec Hayley Mills qui est une sorte de pendant anglais du Mulligan et explorant les mêmes thèmes sur la perte d'innocence, la facette raciale en moins. J'ai même une petit préférence pour ce dernier. J'en parlais ici

    http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2011/07/le-vent-garde-son-secret-whistle-down.html

    Mais c'est vrai que le Mulligan semble être plus considéré comme un grand classique aux USA qu'en France. Petite préférence pour son film fantastique "L'Autre"

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  6. vous écriviez plus haut : "Le point de vue se fait quasi uniquement du niveau des enfants".Je ne suis pas d'accord avec ce sens majeur que vous donnez au film :
    "la perte d'innocence". Ci-dessus vous écrivez :"la facette raciale en moins; j'ai même une petite préférence pour ce dernier".

    Je crois constater une fois de plus votre embarras à parler du problème noir. Je viens de revoir le film et plus de la moitié se passe au prétoire. Et ce ne sont pas les enfants qui comprennent ce qui s'est réellement
    passé, mais le spectateur. Ewel, a vu de la fenêtre,
    les assauts érotiques de sa fille sur le beau garçon noir
    (instinctivement elle est en face d'un homme, la couleur ne joue aucun rôle, et jamais un homme ne l'a embrassée. Lui, conscient de la ligne Maginot qui existe entre les races veut s'enfuir et s'enfuit) aussi est-ce le père dans une rage inpirée par d'une part la haine raciale et d'autre part son désir incestueux déjà assouvi ou non, qui frappe et tente d'étrangler sa fille.
    Quand Jem, à la fin du film, est tué par ce même Ewel,
    on ne peut parler de "rite de passage' ou de "perte d'innocence".
    Je fais une curieuse expérience en menant de front
    la lecture de LA ROUTE DES INDES où la violence et la perfidie du racisme sont décrits de façon plus incisive par Forster que par Lean.
    Le parallèle est frappant : c'est le harcèlement sexuel ou fantasmé d'une blanche à l'égard d'un être asservi, mais droit et honorable qui est le coeur du problème.

    Pour des raisons qui vous sont personnelles, et certainement très profondes, vous sentez-vous mieux quand vous restez à la surface des choses et esquivez un problème qui vous fait mal. Je me demande comment vous avez abordé le film de Spielberg où il y a également une très longue scène de prétoire (orthographe incertaine).
    Encore une chose : "To kill…" date de 1960, date importante dans l'histoire de Civil Rights. Il faudra attendre encore 50 ans pour voir un avocat noir à la maison blanche (mais la mort récente d'un adolescent noir par un "sheriff" blanc prouve à l'évidence que la vie d'un homme de couleur est encore peu de chose dans
    l'Amérique profonde).
    Dans le livre de Forster que je lis, on demande à une infirmière si à l'hôpital elle donne les mêmes soins à un Indien qu'à un blanc. Elle répond "the nicest thing we can do for them is to let them die"…

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  7. Le thème essentiel du film (pas lu le livre) c'est la découverte de l'horreur de l'imperfection et du monde par les enfants à travers cette thématique du racisme, après qu'il y ait d'autres éléments interprétable différement pour le spectateur adultes c'est évident mais ça reste diffus pour en rester majoritairement au point de vue des enfant qui sont le référent du spectateur alors que Gregory Peck en est le guide.

    Sinon je vous invite à mieux explorer le blog vous verrez que j'ai déjà évoqué nombre de films évoquant le racisme, pas plus tard que "Mirage de la vie" récemment donc les tentatives hasardeuses de psychanalyse autant éviter et parler cinéma.

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  8. Encore une chose :
    C'est naturellement, dans les deux cas évoqués plus haut, aux
    ROMANS que revient en priorité LA PALME D OR.
    Celui de Forster renverse l'exotisme esthétique qui fait rêver
    l'Occident (je ne connais pas Kipling, mais je lis que le réalisme,
    la perspicacité de Forster met à mal l'imagerie du premier)
    J'ai lu par ailleurs que Lean, moins incisif que le romancier à l'égard des Britanniques, n'a fait que de courts séjours en Inde tandis que
    Forster fut le secrétaire particulier d'un Maharadjah à partir de 1921. Son livre date de 1924. Il se méfiait du cinéma et a rejeté violemment les demandes d'adaptation de son roman faites par les meilleurs réalisateurs. David Lean a dû se démener pour obtenir les droits, longtemps après la mort de Forster. De son côté Harper Lee s'est retirée de la vie publique et n'a plus jamais accordé d'interview, une fois le film terminé (je dois vérifier les date de ce que j'avance".
    Je sais d'avance, puisque je n'ai pas fini ma lecture de PASSAGE TO INDIA, que Lean a édulcoré la fin...
    réalisateurs

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