Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

lundi 19 juillet 2010

Cartouche - Philippe de Broca (1962)


 Bagarreur mais charmeur et avec un grand cœur, Cartouche vole la paye du régiment où il avait été enrôlé avec La Douceur et La Taupe, et, accompagnés de la charmante Vénus, ils arrivent à Paris où ils vont prendre le contrôle de la bande de Malichot. Ils détroussent les riches et les puissants avec une certaine bonne humeur, jusqu'à ce que Cartouche tombe amoureux de la femme du Lieutenant général de police, ce qui va lui faire prendre des risques de plus en plus importants...

Tout simplement un des meilleurs film de cape et d'épées jamais réalisé en France avec ce sommet de la collaboration Belmondo/De Broca et cette vision romancée du brigand Cartouche. La première partie donne dans l'aventure picaresque ébouriffante, en narrant l'irrésistible ascension de Cartouche de voleur anonyme de la cour des miracles à soldat déserteur puis son retour triomphal à la tête des brigands. Le ton se fait farceur et rigolard à travers ses péripéties rocambolesque (cette scène de bataille grotesque où nos héros désertent) mais où se dessine néanmoins les thèmes sociaux et la vocation de Robin des Bois français de Cartouche.

Les officiers noble s'y amusent des pertes de leurs soldats, chair à canon dont ils n'ont cure et dont ils n'attendent que de s'approprier la solde. La caractérisation de Cartouche et de ses acolytes donne dans l'inspiration à la Dumas et ses trois mousquetaires. Virevoltant, bagarreur et charmeur Cartouche donne évoque un D'Artagnan tandis que le massif Jess Hahn à la force herculéenne (et ironiquement nommée La Douceur) est un simili Porthos, le raffiné et séducteur Jean Rochefort faisant lui penser à Aramis (et plus précisément inspiré du Capucin, vrai acolyte de Cartouche issu de la noblesse). Le rythme trépidant, les bagarre homériques et l'atout charme de Claudia Cardinale et la mise en scène anarchique de De Broca font le reste mais c'est véritablement dans sa seconde partie que le film décolle complètement.

Cartouche tout puissant y est gagné par l'orgueil et au risque de se perdre poursuit de ses assiduités une comtesse, seul objet qui se refuse à sa convoitise. Le ton change progressivement pour se faire plus mélancolique et sombre, laissant enfin éclater le flamboyant score romanesque de Georges Delerue. La tonalité romantique fonctionne vraiment bien lors des entrevues avec la comtesse (magnififque Odile Versois) mais c'est Claudia Cardinale et le destin de son personnage qui emporte totalement lors d'une conclusion étonnement mélancolique après l'ouverture insouciante et pétaradante.


Même si quelques imperfections se font voir par rapport au souvenir d'enfance (festival de faux raccords durant les bagarres), une grandes réussites qui parvient à être relativement fidèle à l'histoire de Cartouche (la description de la Cour des Miracles, la manière dont il est trahi par un sbires le jalousant).


Sorti en dvd zone 2 chez Studiocanal

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire