Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 5 juillet 2010

Mosquito Coast - Peter Weir (1986)


Allie Fox ne trouve plus l'Amérique a sa hauteur, c'est un visionnaire, un inventeur maniaque et surdoué, l'idole de sa femme et de ses enfants. Son pays est devenu un rêve avorte, un pays tombe aux mains de boutiquiers médiocres. Des que l'occasion se présente, il quitte ce vieux monde pour le Honduras ou il débarque avec toute sa famille en pleine jungle "au royaume des moustiques". Voila un pays enfin a sa mesure. Il va faire des miracles et son esprit inventif s'épanouit. Mais les dieux jalousent ce titan...Un scénario ambitieux de Paul Schrader questionnant sur le rapport de l'homme face à une civilisation engoncée dans son confort, dans un monde où il n'y plus rien à découvrir ni à conquérir, où tout les plus grands exploit et réussite semble avoir été accomplis. C'est la sentiment du personnage de Harrison Ford, surdoué exalté qui se morfond dans une société peu disposée à accepter tout ce qu'il à lui offrir.

Et le récit de s'enfoncer au coeur de l'ambition et de la folie de cet homme lorsqu'il décide d'emmener femme et enfant dans la jungle pour accomplir sa destinée. Sans doute la dernière très grande prestation de Ford, en tout celle où il se met le plus en danger avec ce personnage exalté à l'enthousiasme et à l'énergie débordante mais capable de se transformer en terrible tyran lorsque les évènement tournent contre son ambition démesurée. L'influence de Schrader se ressent par la facette religieuse du scénario, avec cette idée de la machine à glace représentant une sorte de Tour de Babel, symbole du défi de Ford aux Dieux dont il s'est cru l'égal....

On sent le scénario prêt à tourner à l'odyssée à la Joseph Conrad avec un Ford dépassé par son pouvoir envers les autochtones mais Peter Weir n'ose jamais complètement verser dans ce registre là, même si des scènes comme l'expédition pour apporter de la glace au indigène ou encore la manière dont il abandonne le village une fois ses plans détruit questionnent sur son altruisme supposé. De même pour le final où l'opposition entre Ford et ses fils ne dépasse pas le cadre du film tout public, vraiment dommage que le scénario reste si sage sur certains points (dont le final un peu décevant et expédié) malgré quelques risques (la séquence où Ford tente de tuer les mercenaires installés au village). La présence de Ford malgré qu'il mette à mal son image pousse donc le tout vers un côté grand public et familial en dépit de la noirceur sous jacente.

Reste donc la prestation de Ford, mais aussi Helen Mirren excellente en femme introvertie et écrasée par la personnalité de son mari et le jeune River Phoenix parfait, entre fascination, remise en question et haine de son père. Weir nous gratifie de superbe vues de la faune sud américaine, et parvient à capter à merveille les tourments intérieurs de ses personnages comme souvent.

Facilement trouvable en dvd zone 2

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