Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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jeudi 21 novembre 2013

Dan et Danny : Project Eden - Dirty Pair Gekijôban Project Eden, Kōichi Mashimo (1987)

Le vizorium, élément nécessaire aux voyages en hyper espace, est l'objet de tous les enjeux. Deux planètes, Uldas et Edia, se partagent son exploitation mais de récentes attaques des installations d'Uldas menacent de tourner cette coopération en guerre commerciale. En enquêtant sur l'affaire, Kei et Yuri découvrent que le vizorium recèle bien des secrets...

Le film Project Eden est certainement la meilleure transposition des trépidantes aventures de la Dirty Pair. Au départ on trouve une série de roman de l'auteur japonais Haruka Takachiho qui déclinera l'univers SF et de space opéra de son premier héros à succès Crusher Joe pour y installer la Dirty Pair. Sous ce surnom se cache un duo de deux agents spéciaux de la WWWA (World Welfare Works Association) Kei et Yuri, chargée d'assurer l'ordre dans la galaxie. Allures sexy et caractères bien trempés pour la brune, féminine mais dure à cuire Yuri et pour la rousse, soupe au lait et colérique Kei au cours d'aventures spectaculaire dans l'univers fantaisiste (dans l'esprit d'un Cobra ou pour la SF littéraire Jack Vance) de Haruka Takachiho se caractérisant par la nature gaffeuse du duo dont le sens de la destruction massive laissent les planètes et galaxie dévastées après leurs passages (leur valant ce surnom peu flatteur de Dirty Pair donc).

Les romans remportent un succès immédiat qui vaut à l'auteur le prix de science-fiction japonais Seiun. Parallèlement aux romans (qui se poursuivront jusqu'en 1993 et un Takachiko lassé jetant l'éponge pour un temps) est rapidement lancé une courte série tout aussi divertissante bien qu'édulcorant pas mal la violence des romans (les planètes saccagées par la Dirty Pair sont désormais évacuées avant la grande destruction finale pour des conclusions comiques bienvenues, et les héroïnes arrêtent leurs adversaires plutôt qu'en finir directement) et un format tv limitant la démesure de leurs aventures. La série sera boudée par les lecteurs des romans mais deviendra culte chez les fans de japanimation pour obtenir Anime Grand Prix en 1986.

Elle connaîtra une courte diffusion en France à la fin des 80's sous le titre de Dan et Danny sur France 3, leur popularité les maintenant à l'antenne malgré une direction choquée (car n'y ayant pas regardé de plus près lors de l'achat) par les tenues sexy du duo (pourtant Cat's Eyes quelques années plus tôt n'avait pas rencontré de problème) et la violence décomplexée. Le studio Sunrise décide donc de surfer sur cette notoriété pour produire un film cinéma, Projet Eden qui rendra enfin totalement justice à la Dirty Pair.

L'ouverture donne le ton avec notre duo piégeant un réseau de trafiquants de vizorium (combustible essentiel et couteux de cet univers) mais l'opération tourne mal et se conclut par la destruction d'un anneau stellaire ! L'intrigue va les amener sur une planète minière où exploitée le vizorium par deux états partenaires et rivaux dont les usines sont attaquées par de mystérieuses créatures mutantes. On découvrira que celles-ci sont guidées par un savant fou cherchant à réveiller les gènes d'une peuplade disparue puissante reposant dans le précieux minerai.

Un postulat captivant mais finalement pas complètement exploité pour plutôt laisser se déchaîner la furie de la Dirty Pair. Les deux héroïnes sont complémentaires et attachantes, retrouvant la futilité et les discussions triviales entre deux morceaux de bravoures de la série et sont accompagnées par un séduisant voleur à l'objectif mystérieux dans des situations loufoques.

Le film est assez ébouriffant visuellement, une des grandes réussites de la japanime 80's avec le film de Cobra (1982) et Macross, Do you remember love ? (1984) avec des scènes d'actions virtuose qui brillent autant par leur animation survoltée que par la mise en scène de Mashimo Kōichi trouvant toujours l'angle ou le mouvement le plus apte à mettre en valeur cette démesure. Le final où la dirty pair décime une horde d'assaillants mutants (le design est très réussi) est un grand moment, le décor n'est plus qu'un enfer d'acier en ruine, Kei et Yuri arborent un arsenal guerrier massif et se meuvent avec grâce dans cet enfer sur une bande son pop particulièrement soignée.

Une étonnante mélancolie pointe même à travers les sentiments non avoués entre la dure au cœur tendre Kei et le voleur dont la cible s'avérera assez romantique (avec un clin d'œil à la France) au final et faisant de l'ensemble un peu plus qu'un grand spectacle décérébré même si c'est ce que l'on vient chercher avec la Dirty Pair.

C'est cependant sur une note potache que le tout s'achève avec une catastrophe finale prouvant une fois de plus que l'herbe ne repousse pas après le passage de la dirty pair. Très divertissante transposition pour le duo qui connaîtra de nombreuses vies par la suite que ce soit en OAV, mangas et même une reprise en comics à succès, la série étant très populaire aux Etats-Unis.

Sorti en dvd zone 2 chez Dybex dans un coffret regroupant deux autres OAV de la Dirty Pair. Pour ceux qui souhaiteraient revoir ou découvrir la série elle est éditée en zone 1 sous titrée anglais et depuis peu l'éditeur l'a entièrement rendue dipsonible sur youtube également avec sous-titres anglais. Pas mal des romans originaux ont également été traduit en anglais.

1 commentaire:

  1. Après avoir lu ta critique, je pense que je vais me laisser tenté !

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