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mercredi 27 novembre 2013

Mister Dynamite - Longxiong hudi ou Armour of God, Jackie Chan (1986)


Jackie Chan, boucanier des temps modernes, découvre une arme médiévale qu'il met en vente avec de nombreux autres trésors. Lors de la mise aux enchères, l'arme suscite l’intérêt d'une mystérieuse jeune femme qui semble déterminée à l’acquérir à  n'importe quel prix.

Mister Dynamite achève la mue entamée par Jackie Chan avec Le Marin des mers de Chine (1982) et Police Story (1985). Exportant son talent d’équilibriste casse-cou hors des sentiers du seul kung fu pian, Jackie Chan devient définitivement un héros universel en investissant le film d’aventures dans Mister Dynamite. Le classique Marin des mers de Chine avait déjà tracé la voie dans ce même genre, mais ce trouvait encore fortement ancré à Hong Kong par le cadre du récit –Hong Kong sous colonisation anglaise au début du XXe siècle et le nationalisme qui en découle dans l’intrigue-, la présence des joyeux drilles des lucky stars (Sammo Hung, Yuen Biao…) qui amenait un humour cantonais bien gras pas forcément exportable. 

Jackie Chan aura appris entretemps à assumer seul le haut de l’affiche mais surtout de se distinguer dans des productions s’occidentalisant de plus en plus. Police Story était ainsi un vrai polar d’action mais laissant encore une large part aux joutes martiales dont l’inoubliable et furieux final dans le centre commercial. Mister Dynamite emprunte une voie plus internationale, que ce soit l’aventure se déroulant en Europe (et un tournage se partageant entre l'Autriche (Graz et Vienne), la Croatie, la France et l’Espagne) et une inspiration lorgnant sur Indiana Jones. 

La scène d’ouverture est d’ailleurs un habile décalque de celle des Aventuriers de l’Arche perdue (1981) avec un Jackie dérobant une relique en plein rituel sacrificiel d’une tribu qui va le traquer dans une scène d’action de haute volée se concluant par le dévalement d’une colline sinueuse  en glissant (imaginez l’ouverture de Police Story avec des humains à la place des voitures..). Ce moment vaudra aussi sa blessure la plus grave à Jackie Chan qui fera une chute de dix mètre tête la première en sautant d'un mur pour s'accrocher à une branche se brisant sous son poids. Six mois d’immobilisation pour la star et des impressionnantes images pour le traditionnel making-of final, la seule trace de l’incident dans le film étant la coupe de cheveux différente de Jackie signifiant le temps écoulé après l’interruption du tournage.

Un des aspects les plus plaisants du film est l’évolution du jeu de Jackie Chan. Ayant fait le tour du rôle de jeune chien fou immature et incontrôlable, l’acteur s’avère particulièrement à l’aise en baroudeur arrogant et séducteur. Il se la jouera même James Bond le temps d’une scène d’escamotage de voiture truffée de gadget mais l’intrigue habile le rend intelligemment plus vulnérable. Jackie affronte une secte ayant enlevée son amour de jeunesse (la belle Rosamund Kwan) en échange d’une armure ancestrale, et l’acteur offre des nuances inédites pour dissimuler la blessure de cet amour perdu le temps de quelques séquences (le sauvetage final ou il la joue rustre). 

Le film néanmoins souffre de quelques menus défauts : Alan Tam constitue un acolyte comique bien moins tordant que les lucky stars, le semblant de romance plaisant avec  Lola Forner est trop survolé et l’intrigue finalement pas si pourvue que cela en action (l’ouverture, la poursuite automobile et le grand final) piétine un peu par moment. Cependant la mise en scène élégante de Jackie Chan mettant bien en valeur les paysages ruraux (magnifique panorama suisses) et le ton change pas mal des stéréotypes habituels (même si on aura le traditionnel quiproquo/cache-cache typique de la comédie cantonaise) des intrigues de Jackie Chan.

On aura tout de même notre grand feu d’artifice final d’action sacrément impressionnant se partageant entre joutes martiale face à une armée d’amazones impitoyable (et des chorégraphies virtuoses) un déluge d’explosion et surtout un incroyable saut dans le vide où Jackie plane pour s’agripper à une montgolfière. 

Un plan large montre l’absence d’artifice visuel pour une cascade absolument stupéfiante qui conclut brillamment le film. Avec ce nouveau succès, Jackie Chan se crée sa troisième franchise après Le Marin des mers de Chine et Police Story puisqu’une suite verra le jour quelques années plus tard avec Opération Condor (1991) et plus récemment l'encore inédit chez nous Chinese Zodiac (2012) où il reprend le rôle du Faucon.

Sorti en dvd zone 2 français et en bluray (dans un combo avec la suite Opération Condor) chez HK Vidéo

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