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mardi 10 décembre 2013

Le Météore de la nuit - It Came from Outer Space, Jack Arnold (1953)

Un astronome amateur et une institutrice observent une météorite qui s'écrase près de la petite ville de Sand Rock en Arizona. Après avoir visité le site du crash, ils remarquent un objet étrange dans le cratère.

It Came from Outer Space est la première grande réussite de la salve de classique SF que signera Jack Arnold tout au long des années 50 (L'Étrange Créature du lac noir (1954), Tarantula (1955), L’Homme qui rétrécit (1957)). Le film semble au départ s'inscrire dans veine paranoïaque de la SF de l'époque et où l'extraterrestre est une analogie de la menace communiste en pleine Guerre Froide. Un météore strie ainsi la nuit du désert de l'Arizona en ouverture, mais l'objet semble en fait dissimuler un engin spatial aux hôtes mystérieux.

C'est le constat que fera l'astronome John Putnam (Richard Carlson) et sa fiancée Ellen (Barbara Rush) avant qu'un éboulement ne rende l'accès au vaisseau impossible. Entretemps pourtant, quelque chose s'est échappé et rôde aux alentours de cette petite ville. Jack Arnold instaure un malaise et un mystère ambiant palpable quant à la nature des aliens avec notamment un travelling saisissant s'engouffrant dans les ténèbres du vaisseau pour laisser deviner l'aspect innommable et totalement inhumain des étrangers.

On a ainsi la même réaction de recul qu'auront la plupart des protagoniste tout au long du récit face au apparition des créatures dont la caméra adopte le point de vu en vision subjective, créant ainsi l'ambiguïté quant à leurs intentions. Un sentiment renforcé lorsqu'on découvrira leur capacité à dupliquer l'être humain et annonçant ainsi le classique paranoïaque et ouvertement anti rouge L'Invasion des profanateurs de sépultures (1956).

La mise en scène de Jack Arnold renforce ce sentiment d'insécurité avec ces plans aériens du désert de l'Arizona qu'on craint encore être des visions subjectives d'être supérieurs, ou encore ces moments où les personnages déambulent dans des décors vide où semble constamment tapie une menace inconnue.

Après nous avoir parfaitement mis dans cette condition angoissée, le film s'avèrera bien plus subtil puisque toute cette aura de peur provient de notre vision apeurée et méfiante d'être humain. On devine que la finesse inattendue doit sans doute à Ray Bradbury dont le script de Harry Essex reprend un premier traitement du célèbre auteur de Chroniques martiennes. On prolonge plutôt ici sans l'ampleur apocalyptique du Jour où la Terre s'arrêta (1951) avec des êtres venus d'ailleurs confrontés à la violence naturel de l'homme et contraint de le détruire.

Même si cela donne parfois des moments trop bavard et répétitifs, les échanges entre Putnam et le plus belliqueux shérif (Charles Drake) offre un bel archétype de cette nature humaine partagée entre curiosité et haine irréfléchie de l'Autre, de l'inconnu et de toute différence. Trop barbare, trop immature, l'Homme n'est pas encore prêt à la grande rencontre avec l'ailleurs et c'est sur un point de suspension différent ce moment que se conclut le film. Une belle œuvre dont le pacifisme est comme chez Wise à contre-courant de l'époque et qui mine de rien anticipe complètement le E.T. de Steven Spielberg.

Sorti en dvd zone 2 français chez Universal

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