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mercredi 21 août 2013

The Purchase Price - William A. Wellman (1932)


Joan Gordon travaille à Broadway depuis qu'elle a quinze ans, chanteuse et danseuse, elle est lassée de cette vie et rêve du grand amour loin des illusions nocturnes. Pour échapper à un homme de la nuit qui ne cesse de la convoiter elle décide de partir à Montréal poursuivre sa carrière. Mais l'homme qui la convoite la retrouve vite. Sa femme de chambre a trouvé un homme à marier par petite annonce, un fermier canadien. Alors qu'elle avoue à Joan qu'elle a envoyé à l'homme une de ses photos, Joan décide de sauter sur l'occasion et de partir elle-même à la rencontre de cet inconnu.

The Purchase Price n'est pas la meilleure production Pre Code de Wellman mais offre néanmoins un joli moment, en grand partie dû à la touchant prestation de Barbara Stanwyck. Celle-ci incarne Joan, chanteuse et danseuse à Broadway depuis ses quinze et qui aspire à une vie plus authentique que cette superficielle existence nocturne. Seulement cette profession lui ferme l'accès à des prétendants plus respectable et au contraire attire les individus douteux tel que le gangster Eddie Fields (Lyle Talbot), ancien amant qui la poursuit de ses assiduités et la couvre de cadeau. Elle va donc fuir à Montréal où un concours de circonstance va la faire se substituer à sa femme de chambre ayant utilisée une de ses photos pour se présenter à son futur époux fermier qu'elle n'a pas encore rencontrée.

Le film souffre pas mal d'un certain manque de liant dramatique dans son déroulement donnant plutôt l'impression d'assister à une suite de scène détachées les unes des autres, aussi réussies soit-elles. Ainsi la description du monde de la nuit dont Joan est si lasse est bien trop brève et pas suffisamment montré sous son jour négatif (si ce n'est dans le regard des autres avec le riche fiancé qui va la rejeter) et du coup la différence avec les séquences à la ferme se déroulant dans un quotidien plus terre à terre n'est pas assez marquée. Autre souci George Brent en fermier bourru et taiseux s'avère quelque peu monolithique et peu attachant finalement. Seulement atout de taille, une Barbara Stanwyck à la présence lumineuse qui enchante de bout en bout.

Toutes les émotions et le plaisir de la découverte passe par ses sourire et son regard. Effrayée puis séduite par la rudesse de son époux, charmeuse (cette manière d'aguicher cet ours de George Brent en petite tenue le bougre restant de marbre) et obstinée dans sa volonté de se faire à la vie de la campagne, elle dégage un charme qui relève totalement le film.

Wellman ne s'y trompe pas, la mettant au centre de presque toute les scènes et sa seule prestation souligne bien mieux les thèmes que le script ne fait qu'effleurer, la solidarité et la camaraderie de la campagne montrée dans une scène clichée de beuverie est ainsi rattrapée par une visite de Joan parti aider une voisine ayant accouché seul lors d'un moment très touchant. Il y a les excellents acteurs qui vampirisent des très bons scripts et altèrent la qualité des films par leur égo, et il y a les autres qui au contraire transcendent un matériau boiteux par leur seule grâce. Barbara Stanwyck est de cette trempe.


Sorti en dvd zone 2 français chez Warner dans la collection Forbiden Hollywood

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