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vendredi 14 mai 2010

Deux têtes folles - Paris When It Sizzles, Richard Quine (1964)


Superbe exercice dans le sous genre si difficile du film sur le cinéma. Une première moitié de film ébouriffante d'inventivité où William Holden scénariste fêtard et bon vivant se voit contraint de conclure en deux jour un scénario qu'il n'a pas commencé à écrire et pour ce faire il aura fort besoin de la jeune secrétaire incarné par Audrey Hepburn. Le récit se fait donc l'illustration des tâtonnement de Holden pour trouver la bonne histoire, le bon angle et le ton idéal, toutes les pistes se manifestant à l'image sous forme de film dans le film dont lui et Audrey Hepburn sont les protagonistes.

Richard Quine joue à merveille de son postulat en alternant les parodies de genre divers (épouvante, espionnage, polar), se moquant des clichés de ce type d'intrigue sentimentale tout en en usant puisque l'évolution des rapports entre Holden et Hepburn dans le réel déteignent sur l'intrigue imaginaire. Que Holden se montre un peu trop entreprenant et la fasse boire pour arriver à ses fin, et Hepburn l'imaginera en monstre d'épouvante affamé de sa vertu. Il en va de même lorsque Holden manifestant une légère jalousie pour un rendez galant à venir d'Hepburn avec un jeune acteur le transforme en bellâtre narcissique et égoïste dans le scénario en cours. Le tout ponctué de caméos surprenant de véritable stars comme Marlène Dietrich, Tony Curtis dans un double rôle ou encore Franck Sinatra. Les blagues moqueuse sur ce nouveau cinéma intellos et la Nouvelle Vague sont fort amusantes également.


La seconde partie est plus aventureuse en laissant presque entièrement la place à la fiction dans la fiction, laissant deviner la tournure des rapports réels des héros par les réactions de leurs double, ainsi que par d'amusante interventions en voix off en cas de désaccords des deux auteurs. Un parti pris assez risqué après un début si parfaitement écrit surtout que la fausse intrigue est des plus fantaisiste. Ca fonctionne pourtant parfaitement, l'aspect bancal correspondant au trouble que ressentent les auteurs, Holden soudainement effrayé par les sentiments qu'il ressent tandis que Audrey Hepburn se laisse embraser par la passion.Les deux acteurs offrent d'ailleurs des performances épatantes, Holden (pas un hasard d'en refaire un scénariste après Sunset Boulevard) dissimulant à nouveau une belle fragilité sous ses allures de séducteur sûr de son art.

Quant à Hepburn c'est une de ses meilleures performances, les différentes tonalité du film lui permettant d'aborder de multiples registre : l'ingénue pleine de charme qu'on connaît, l'espionne manipulatrice ou carrément la pure vamp lors d'une inoubliable scène de bain moussant.

Richard Quine dynamise idéalement le tout par un rythme alerte et une réalisation inventive avec la prouesse de véhiculer les plus grands clichés romantiques (avec un Paris ensoleillé et touristique à souhait), en être conscient et parvenir à les faire miraculeusement fonctionner au premier degré. La preuve étant la scène de conclusion épatante où l'ironie cotoie l'émotion la plus sincère. Richard Quine est définitivement un réalisateur à réhabiliter...

Trouvable facilement pour pas très cher en dvd zone 2

7 commentaires:

  1. J'adooore ce film :-)

    Bravo pour votre résumé !

    (euh par contre c'est dommage que la vidéo soit trop grande, il faudrait bidouiller un peut les dimensions dans le code fourni par Youtube ;)

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  2. Oui j'ai encore un peu de mal avec ces petites manipulations techniques... Merci pour le texte ! Maintenant j'aimerais beaucoup voir "La Fête à Henriette" de Julien Duvivier dont "Deux têtes folles" est le remake...

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  3. Alors, là, c'est la chasse au Dahu, le Duvivier... Cela fait des années que je le cherche !!
    Ajoutons au résumé du dessus, le fait que le film est évidememnt bourré d'allusions à la filmographie d'A Hepburn... et qu'elle fut très très proche d'Holden, ce qui ne facilita pas forcément le tournage...

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  4. Oui Holden et Hepburn eurent une aventure durant le "Sabrina" de Wilder ce qui rendit les retrouvailles difficiles sur celui-ci d'autant que Mel Ferrer jaloux ne quittait pas le plateau et gardait Holden à l'oeil, ambiance... ^^

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  5. J'ai vu Le Duvivier. Qui n'est pas si mal. Et qui a le mérite d'être l'idée d'origine. Même si Louis Seigner (si je me souviens bien, c'est loin) ne remplace pas , plastiquement, William Holden (sic!) et même si j'adore Richard Quine, eh bien "Paris when it sizzles" m'endort à chaque fois. Un peu trop mécanique, on attend le ressort et... il arrive. C'est vite ennuyeux, vite répétitif. Mais le sujet l'est, intrinsèquement. Reste une photo magnifique et Paris recadré par Hollywood. "Henriette", lui, montrait un Paris de 14 juillet, en N&B, aux studios de Billancourt. Alors...
    ps: je choisis "anonyme" par défaut. Quelle option choisir si on veut mettre un pseudo? Url? Word?

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  6. Pour un pseudo il faut s'inscrire sur blogger, ou au plus simple juste mettre son nom à la fin du post ;-)

    J'avais cru lire qu'il y avait des problèmes avec les ayant-droits de Duvivier qui réclamaient des fortunes ce qui explique que certains films soient toujours inédit aujourd'hui en dvd donc on va encore attendre ou guetter une diffusion au cinéma de minuit pour voir ça...

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  7. Quand même, quand même... Il faut absolument que je précise que, dans une île déserte, je pars avec Richard Quine, certainement pas avec Duvuvier. Pushover, Strangers when we meet, Bell Book and Candle, et en particulier Sex and the single girl et My sister Eileen, sont des films chers à mon coeur.
    Mais, bon, Deux Têtes folles, je n'arrive pas. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, pourtant.
    Lisa Fremont.

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