Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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vendredi 7 mai 2010

Tom Horn - William Wiard (1980)

Tom Horn (Steve MQueen) est un obscur héros qui a combattu Géronimo, les Dalton... Aujourd'hui chargé de démanteler un réseau de trafiquants de bétail, Tom est victime d'une machination : accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, il risque la pendaison...

Superbe western adapté de la vie du véritable Tom Horn, légende de l'Ouest aux multiples exploits dont la capture de Géronimo. Situé au début du 20é siècle, le scénario nous montre un Tom Horn complètement déphasé, véritable vestige d'un Ouest révolu et basculant dans la modernité. Ce sentiment de décalage est traité tout d'abord de manière comique, notamment lors d'une scène où il s'avère bien incapable de de déguster du homard lors d'un dîner ou bien encore lorsqu'il reçoit une sévère correction de la part du boxeur Jim Corbett (immortalisé par Errol Flynn dans le Gentleman Jim de Walsh) montrant ainsi les sportifs comme les nouveaux héros des temps modernes face aux légendes de l'Ouest dépassées.
La première partie nous montre Horn chargé par de riches propriétaires d'éradiquer les voleurs de bétail de la région. On saisi toute l'ambiguïté du personnage avec toute une série de tueries sanglantes où Tom Horn décime brutalement les voleurs, spectre quasiment indestructible ancré dans une époque où la loi du plus fort et du plus rapide prévalait sur tout. On ressent bien comme il s'est éloigné de l'humanité lorsque il abat avec une violence inouïe un adversaire qui avait tué son cheval.

Finissant par être gênant, il voit ses commanditaires se retourner contre lui. La seconde partie, surprenante est des plus intimistes. Tom Horn, trahi et fait prisonnier, médite à sa liberté perdue et à la nature auquel il est tant attaché et qu'il ne reverra jamais. Magnifique interprétation de Steve McQueen, qui parvient à exprimer le caractère simple et attachant de cet homme, tout en parvenant à lui conférer la présence menaçante de la légende de l'Ouest que sa réputation précède partout où il passe. Déjà très atteint par la maladie, les traits tirés (on le sent à bout de force à de nombreuse reprise dont une scène d'évasion où il se fait rudoyer) le chant du cygne de Tom Horn au monde moderne est autant celui de Steve McQueen à celui du cinéma (c'est son avant dernier film), renforçant encore l'émotion que dégagent les derniers instants du film. La carcasse fatiguée de l'acteur se prêtant malheureusement si bien à l'usure de son personnage.

Très belle réalisation de William Wiard efficace et énergique dans la première partie avec une utilisation assez judicieuse du ralenti et du zoom tant honni, et remarquable de sobriété et de retenu dans la seconde partie plus posée. Etant donné la filmographie anecdotique de Wiard (quelque série tv dont des épisodes des Deux font la paire) on peut soupçonner McQueen d'être le véritable réalisateur du film, s'étant déjà plié à l'exercice à l'époque de la série Au nom de la loi. Plutôt que son anecdotique (mais sympathique) dernier film Le Chasseur c'est donc dans ce Tom Horn qu'il faut voir le véritable testament cinéma du grand Steve McQueen.

Superbes paysage montagneux du Wyoming évoquant Pale Rider tandis que le ton désenchanté et la démythification de l'Ouest annonce Impitoyable. Le traitement les méthodes des éleveurs lorgnant sur La Porte du Paradis. Beau casting de trognes d'habitués du western 70's comme Elisha Cook Jr, Geoffrey Lewis et petite curiosité Linda Evans plus connue pour son rôle dans le feuilleton Dynastie ou la série western La Grande Vallée, et ici excellente en institutrice faisant office de conscience du héros.

Dvd trouvable facilement en zone 2 chez Warner.

2 commentaires:

  1. Un remarquable western crépusculaire, qui fut un peu pour McQueen l'équivalent du "Dernier des géants" pour Wayne, et qui n'est pas non plus sans évoquer "Coups de feu dans la Sierra". Mais le climat est ici bien plus sombre et désabusé, avec ces paysages de boue et de neige, et une belle galerie de personnages ignobles...
    Je crois que "Le Chasseur", dernier film de McQueen, mérite d'être réévalué -- ne serait-ce que pour tout ce que le comédien apporta de personnel et d'autobiographique à son rôle (à commencer par sa propre collection de jouets...)
    Bravo pour votre blog, que je découvre ce matin -- le week-end commence bien ! --, et auquel je m'abonne derechef !...

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  2. J'ai peut être été un peu sévère et expéditif avec "Le Chasseur" que je n'ai pas revu depui longtemps une nouvelle vision s'impose pour se rafraîchir les idées. Content d'avoir un nouveau membre merci de vous joindre à nous !

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