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dimanche 23 mai 2010

Dans la nuit des temps - Hua yue jia qi, Tsui Hark (1995)


Lors d'une "fête des affinités", soirée destinée aux célibataires, un jeune homme, Kong, et une jeune fille, Yan Yan, se croisent à plusieurs reprises, sans s'apercevoir qu'ils sont faits l'un pour l'autre. Bientôt, Kong est assassiné par des gangsters. Son fantôme demande alors à Yan Yan de remonter le temps avec lui afin d'empêcher sa mort...


En 1994, Tsui Hark réalisait ce qui reste un de ces plus beaux (et accessibles) film avec le sublime The Lovers adaptation de la célèbre légende chinoise des amants papillons. Succès énorme à Hong Kong, le film reposait grandement sur le charme juvénile et l'alchimie entre ces deux acteurs, Nicki Wu et la belle Charlie Yeung. En producteur avisé, Tsui Hark décide de réunir à nouveau son couple vedette dans un autre film qui sera donc Dans la nuit des temps. Les amateurs du romanesque contemplatif de The Lovers en seront pour leur fais puisqu'il s'agit là d'un des films les plus fous du réalisateur.

Le film offre un spectacle étourdissant et éreintant qui croise une love story émouvante entre la vie et la mort façon Ghost croisée à un récit de voyage dans le temps avec paradoxes temporels tarabiscotés à la Retour vers le futur 2. On oublie bien vite ces deux références face à la narration survoltée de rythme et de rebondissement, aux ruptures de ton constantes (grosse comédie scato puis drame poignant s'alternant dans la même scène parfois) et aux foisonnement d'idées folles dont une seule suffirait à nourrir 10 films chez d'autres (l'incroyable création qu'est le monde electrique des pylones où son enfermées les âmes bloquées dans l'espace temps par l'electricité). Tsui Hark parvient en un clin d'oeil à créer un univers propre avec ses règles sans s'embarrasser d'explication superflues (l'idée des pensées tristes et amoureuses pour effectuer le saut dans le temps) et nous offre une de ses réalisations les plus inventives tout en parvenant à ménager de beaux instants à son couple de héros (la transmission de pouvoir, Charlie Yeung qui explique le sens de la chanson chantées par son père, le final).

Comme souvent il n'a pas forcément les moyens de ses ambitions et on dénombre pas mal d'effets visuels ratés (tout les pouvoirs de Niki Wu) même s'ils font preuve d'une inventivité constante (les scènes avec les doubles surprenante, le fascinant monde des pylones). Le récit emporte suffisamment pour que à la manière d'un Green Snake (dont la poésie transcandait complètement les effets spéciaux limités) on passe vite ces détails pour se laisser porter par l'aventure.

Seul vrai défaut, un trop plein de péripéties dans le dernier quart d'heure qui finit tout de même par perdre le spectateur le plus attentif (et habitué à la frénésie du cinéma de Hong Kong). Belle reconstitution à la hauteur des meilleurs production Workshop et Niki Wu et Charlie Yeung confirme leurs incroyable alchimie de The Lovers asur un ton plus déjanté mais tout aussi émouvant. Une bien belle musique aussi par Wu Wai Lap qui avait collaboré avec James Wong sur celle de The Lovers, le film laisse souvent penser qu'il aurait pu constituer une suite thématique à Shanghai Blues et Peking Opera Blues (petite bafouille à lire ici) avec ses personnages évoluant dans le théâtre mais s'en éloigne complètement par la suite. La folie expérimentale du film ne touchera pas autant les spectateur hongkongais que The Lovers mais pour l'amateur du cinéma de Tsui hark, un de ses films les plus passionnants.

Sorti dans une belle édition zone 2 chez HK Vidéo

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