Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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mardi 18 mai 2010

Ulysse - Ulises, Mario Camerini (1954)



Conquérant de troie , Ulysse (Kirk Douglas) essuie la malédistion de Cassandre , qui lui prédit que les dieux contrarieront son retour jusqu'à sa mère patrie , Ithaque.
De fait , une série de péripéties et de confrontations périlleuses vont considérablement le retarder. Mais le plus grave se joue à Ithaque , son royaume , où la reine Pénélope (Silvana Mangano) , sa femme , l'attend depuis de longue années déjà.
Le trône laissé vacant , de nombreux prétendants briquent à la fois la main de Pénélope et la couronne d'Ithaque. Préssée de toutes parts , Pénélope a jusqu'alors réussi à repousser toutes les demandes par un subterfuge qui ne trompe plus personne : une tapisserie. L'orsqu'elle aura achevé celle-ci , elle sera libérée de son lien à Ulysse et devra accepter l'un des prétendants.


Etrangement, alors que L'Iliade comporte foule de versions plus ou moins fidèle sur grand écran, L'Odyssée n'a jamais suscitée le même engouement et ce film constitue pratiquement la seule adaptation cinéma connue. On ne s'en plaindra pas puisque c'est tout simplement un des plus grands films du genre.

Dans la foulée des films monumentaux entrepris pour entamer la concurrence de la télévision (Quo Vadis, La Tunique) , les studios américain investissent également à l'étranger pour que les écrans soient au maximum alimenté en oeuvres spectaculaires. La qualité du film tient grandement de cette association de talent, de moyens et d'influence artistique venus des deux côté de l'Atlantique. Ainsi au capitaux américains s'ajoute l'apport des deux monstres sacrés que sont les producteurs Carlo Ponti et Dino De Laurentiis, le grand Ben Hecht contribue au scénario et on a une vraie superstar au pic de sa carrière (par sur le déclin ou devant sa notoriété aux films italiens comme cela arrivera plus tard donc) en la personne de Kirk Douglas qui créera sa société de production Bryna dans la foulée.

Le film mélange ainsi les gros moyens américain et un sens de la poésie et de la tragédie tout européen. La reconstitution est ainsi exemplaire, les décors et costumes réellement fastueux et le film étonne par la qualité de ses effets spéciaux (le Cyclope est réellement impressionnant on est loin du bric et broc du péplum rital) et de ses séquences d'actions époustouflantes.

Le scénario respecte parfaitement le poème d'Homère dans sa trame (même si Calypso disparait du récit), mais le ton est cependant bien différent au niveau du traitement du personnage d'Ulysse, marqué par la personnalité de Kirk Douglas. Alors que dans L'Odyssée, les tourments d'Ulysse étaient souvent dû à la maladresse et à la bêtises de ses compagnons, le propos est radicalement inversé ici. Le Ulysse de Kirk Douglas est un homme constamment tiraillé entre ses aspirations à l'aventure et à une existence palpitante et le désir de rentrer chez lui et retrouver la paix auprès de sa famille. C'est donc son inconscience face au danger, son air de défi face aux Dieux qui entraîne constamment son équipage dans les situations les plus périlleuses, jusqu'à les mener à leurs perte lorsqu'il sera ensorcelé par Circé.

C'est ce dernier évènement qui amènera la sagesse nécessaire au personnage. Ce changement rend Ulysse bien plus humain et faillible que dans le poème d'Homère où il était idéalisé, d'autant que son sens de la ruse et des stratagèmes est parfaitement illustrés dans le film. Kirk Douglas est absolument parfait pour exprimer toute ces nuances et le reste du casting est tout aussi bon. Silvana Mangano encore toute jeune (23 ans à l'époque) campe à merveille cette femme mûre désespérée, Anthony Quinn excelle en prétendant comploteur et orgueilleux et Rossanna Podesta (qu'on reverra plus tard dans les meilleurs Hercule) touchante en jeune amoureuse d'un Ulysse amnésique.

Mario Camerini, touche à tout qui aura tâté de tout les genre (dont déjà un péplum avec un Maciste muet), de la satire sociale à la grande épopée romanesque, offre un travail remarquable. Parvenant à mêler le spectaculaire à l'américaine (le passage avec le Cyclope annonce Jason et les Argonautes), le fantastique le plus envoûtant (les sirènes, Circé) et un sens de la tragédie bouleversant lorsqu'on assiste aux épreuves de Pénélope. On appréciera la manière dont il revisite le face à face avec Circé (double rôle de Silvana Mangano) dont l'ambiance morbide et les éclairages expressionniste anticipe les travaux à venir de Mario Bava, tout e en confrontant Ulysse à son passé et à ses responsabilité lorsque lui est offert l'immortalité.

Parmi les moments les plus impressionnant, le face à face avec le Cyclope donc, des séquences en mer fabuleuse et surtout le morceaux de bravoure final aussi bref que furieux où Ulysse décime à lui seul tout les prétendants au trône. Une scène féroce à souhait et à la montée dramatique parfaite. Un des meilleurs péplums italiens et un excellent film d'aventure en prime qui vieillit particulièrement bien.

Trouvable en dvd zone 2 français malheureusement épuisé mais récemment réédité en zone 1

Extrait du face à face avec le Cyclope

2 commentaires:

  1. Je vais évoquer ce film dans mon blog consacré à la Grèce.
    Au vu de cette page (remarquable), je vais faire un fiche technique et mettre un lien.
    Inutile de réinventer l'eau chaude!
    cordialement.
    Gilles Benichou.
    http://kafenio.over-blog.com

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  2. Merci ! Content de d'aider à contribuer indirectement à votre blog :-)

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