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mercredi 26 mai 2010

Grand Hotel - Edmund Goulding (1932)



Grand Hotel est l'adaptation évènement d'un des plus grand succès littéraire de l'époque d'après le livre du même nom de l'auteur Vicki Baum. Ayant terminé le livre tout récemment, j'étais assez curieux de voir ce que donnait cette version filmée récompensée de l'Oscar du meilleur film en 1932. Dans l'ensemble c'est très fidèle mais ça manque vraiment du souffle et de la puissance du roman. L'histoire dépeint la manière dont bascule le destin d'un groupe de personnages en difficulté et gravitant autour d'un palace berlinois.

Parmi eux un modeste comptable mourant bien décidé à passé ses dernièrs jours en menant la grande vie dans l'hôtel de luxe joué par Lionel Barrymore. Une étoile du ballet sur le déclin incarné par la grande Greta Garbo. Un baron fauché et cambrioleur joué par Lionel Barrymore, une jeune et jolie secrétaire ayant les traits de Joan Crawford, un grand patron un peu gauche joué par Wallace Berry et tel le spectre des lieu un docteur mutilé de guerre joué par Lewis Stone.


Le grand atout du film c'est vraiment ce casting prestigieux (réunion des plus grandes stars de la MGM à l'époque) faisant magnifiquement vivre les personnages de papiers malgré quelques différences comme Lionel Barrymore un peu trop vieux pour le rôle. Le travail d'adaptation est remarquable en condensant idéalement le livre et en présentant tout les personnages en un temps record lors de l'ouverture dans le hall de l'hôtel. Seul soucis un aspect figé et machinal qui peine à éveiller l'émotion, et surtout un côté démonstratif qui fait passer toutes les émotions retenues du livres de manière très explicite comme la crise de vieillesse de la Groussinkaïa jouée par Garbo.

Il y a tout de même de belles idées quand le film décide de s'éloigner de l'oeuvre de Vicki Baum. Dans le livre la Grousinkaïa ignore (ou feint d'ignorer) que le Baron l'ayant sauvé du suicide était venu lui voler ses bijoux. Dans le film l'émotion est d'autant plus forte puisqu'il lui avoue son méfait et lui rend les perles pour lui prouver son amour. Quelque petites édulcorations interviennent également comme le fait que Joan Crawford vende son corps (même si c'est clairement suggéré) ou l'addiction à la morphine du personnage du docteur. D'un autre côté, l'érotisme latent est bien exprimé tel la nudité de Garbo largement dévoilée et les scène explicite et très tendre avec Lionel Barrymore.

Le personnage du comptable Kringelein, pathétique et touchant dans le roman est assez raté par contre car sa maladresse de nouveau riche est plus tourné en ridicule qu'en gaucherie émouvante. Le scénario passe ainsi à côté de l'aspect social de cet homme subalterne toute sa vie et s'affirmant quand sa vie touche à sa fin. Le rapprochement avec Joan Crawford, autre brisée par sa condition est donc nettement moins fort que ce même passage d'une toute autre portée dans le livre. Le personnage du grand patron Preysing bien plus subtil dans le livre est également fort simplifié pour en faire le simple "méchant" du récit.

Du coup le final paraît assez expédié et se suit distraitement, même quand un personnage clé meurt dans d'affreuse circonstances (et ce malgré la très bonne idée dramatique de conserver présent le personnage de Garbo jusqu'au bout contrairement au livre où elle sort du récit à mi parcours). Bonne adaptation littérale mais qui rate pas mal le coche sur le fond, dommage. Le livre de Vicki Baum est cependant vivement conseillé, ça serait dommage de passer à côté.

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