Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 3 mai 2010

Quai des Orfèvres - Henri-Georges Clouzot (1947)


Dans le Paris de l'après-guerre, la jeune chanteuse Jenny Lamour (Suzy Delair) fait parfois usage de ses charmes, notamment auprès d'un vieillard libidineux influent, un certain Brignon, pour se faire une place dans le milieu du music-hall. Son mari, un brave type, Maurice Martineau (Bernard Blier), par jalousie, profère des menaces de mort envers le septuagénaire, qui est retrouvé assassiné peu après. L'inspecteur Antoine(Louis Jouvet), un flic désabusé et humain du Quai est chargé de l'enquête.
Pour son grand retour derrière la caméra (Soupçonné de collaboration avec les allemands suite à la controverse du Corbeau il sera interdit de tourner pendant un temps) Clouzot frappait là un grand coup. Un récit criminel sordide et banal à souhait qui se voit orné de la puissance des plus grands drames par la profonde humanité que Clouzot confère aux personnages et aux situations. Sans appuyer outre mesure, on comprendra le comportement aguicheur et l'arrivisme de Suzy Delair au détour d'un dialogue sur son enfance misérable, sans que jamais son amour pour Bernard Blier ne soit mis en doute. Ce dernier saisi l'occasion qui lui donné dans un pur rôle dramatique avec un personnage réellement tragique et déchirant, amoureux transi placé dans une situation périlleuse.

Le coeur du film se situe là et autour d'eux naviguent les personnages bienveillant (magnifique Simone Renant), infâme (Charles Dullin abject à souhait en Brignon) ou neutre avec le truculent et méticuleux policier remarquablement incarné par le grand Louis Jouvet. La mise en scène participe à ce réalisme des personnages. Si le film n'était pas aussi "fabriqué" (le music hall entièrement reconstruit, tout comme le quai des Orfèvres) on pourrait presque parler de néo réalisme à la française dans le cadre policier. Les bureau des Quai des Orfèvres furent reconstruit à l'identique et Clouzot confère autant de vie à l'arrière plan grouillant de vie (défilé incessant de figures pittoresques entre le truand de grand chemin, la prostituée ou le voleur à la petite semaine joué par Robert Dalban) qu'au scène d'interrogatoire tendue, la pression des hautes sphères ou la procédure judiciaires fastidieuse.

Quelques superbes scène comme la tentative de suicide de Blier, Simone Renant donnant des coups de pieds au cadavre de l'infâme Brignon ou encore la joute verbale entre Jouvet et Suzy Delair dans la loge où chacun évoque son passé douloureux en réponse à l'hostilité de l'autre. Après un ambiance oppressante de bout en bout on est presque surpris par l'étonnant tour heureux de la conclusion, comme si Clouzot aimait trop ses personnages pour les enfoncer dans le malheur promis par l'intrigue.


Disponible en zone 2 chez Studio Canal et doté de bonus d'époque intéressant dont avec interview croisés de Clouzot, Bernard Blier, Suzy Delair et Simone Renan.

extrait

4 commentaires:

  1. Un film remarquable et une prestation parfaite de Jouvet qui a pris (volontairement ou non) un sacré coup de vieux.

    Je découvre ton blog (via dvdclassik) et j'aime vraiment beaucoup.

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  2. Merci pour les encouragements ! J'ai été voir ton blog aussi qui est vraiment excellent d'ailleurs je le rajoute à ma liste :-)

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  3. Film d'un virtuose.
    Sinon pourquoi parler de vieilleries à propos de films du passé ? Dit on de la joconde que c'est une vieillerie ?

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  4. Etant donné que les "vieilleries" constituent 90% des films traités ce blog le terme était plus affectueux que péjoratif, un peu d'humour ! :-)

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