Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 3 mai 2010

Les Bas - Fonds - Jean Renoir (1936)


Pépel est un voleur qui vit dans une pension des bas-fonds tenue par Kostileff, un recéleur. Il est aimé par deux femmes, deux sœurs, Vassilissa, une jalouse, dont il est l'amant et la pure Natacha, qui l'aime secrètement. Lors d'un cambriolage, Pépel est surpris par le propriétaire des lieux, un baron ruiné, chez qui les huissiers doivent saisir, le lendemain, tous les meubles. Les deux hommes sympathisent et deviennent amis. Afin d'échapper à la police qui a repéré ses trafics, Kostileff promet la main de Natacha au commissaire de Police qui a des vues sur celle-ci. Amoureuse de Pépel, elle ne peut s'y résoudre et refuse de revoir le policier.

Adapté d'une pièce de l'auteur russe Maxime Gorki, le film s'inscrit dans le cinéma du Front Populaire et symbolise également par les idées véhiculées l'engagement de Renoir au sein du parti communiste. Il en résultera d'ailleurs quelques décalages étonnant puisque l'intrigue entièrement transposé dans un contexte français parisien se voit finalement doté d'élément disparate ayant trait à la Russie (certains personnages, la monnaie en rouble) et au communisme après que Renoir ait sous la pression de ses amis communiste fait légèrement machine arrière en incorporant certains détail slave à son film.

Le film offre une certaine légèreté et une galerie de personnages pittoresque typique de Renoir et de ce qu'on pouvait voir dans le cinéma français de cette période. Cela n'atténue pourtant pas la réelle noirceur du cadre et de certaines figure sordides : le vieux Kostilef sous une bonhomie chrétienne qui cache un infâme tyran et usurier, sa femme qui ne vaut pas mieux et attendant de le voir mourir sans parler de la police corrompue à laquelle ils veulent livrer l'innocente Natacha (amoureuse de Gabin) pour obtenir ses faveurs. Sans doute porté par le contexte social euphorique de l'époque, le récit ne pousse pas plus loin cette facette glauque (au contraire de la pièce originale qui finit dans le drame complet) en dépit de certains moments éprouvant comme la raclée de Natacha par le couple néfaste.

Je ne sais pas si c'est une réelle influence de Renoir (pour le cinéma pas mal d'allusion à Chaplin comme la dernière scène faisant écho à celle des Temps Modernes) mais plus que la littérature russe on pense plus au Misérables dans un contexte moderne (pour le couple à la Thénardier) ou aux Mystères de Paris pour la description effrayante des bas fond mais aussi l'amitié entre Gabin et Louis Jouvet. Ces derniers entre le jeu réfléchi et pensé de Jouvet et celui à l'instinct et aux tripes de Gabin sont parfaitement complémentaires et complices (et une belle scène de rencontre qui scelle leur amitié lorsque Gabin vient cambrioler le Baron ruiné). Très intéressant donc et représentatif d'une époque avec ce happy end inattendu, sur une trame voisines quelques années plus tard il en sera tout autrement avec "Le Jour se lève" par exemple signe du changement d'humeur.


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