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samedi 15 mai 2010

Le Signe de Venus - Il Segno di Venere, Dino Risi (1953)


Agnese (Sophia Loren) et Cesira (Franca Valeri), deux cousines de condition modeste, partagent le même appartement à Rome, avec un père et une tante qui veillent sur leur vertu. Agnese est la plus belle et la plus courtisée : sa jeunesse, son entrain attirent le regard des garçons, alors que Cesira, timide et réservée, échoue dans ses tentatives de trouver l'homme de sa vie. Une voyante, la signora Pina, lui a pourtant prédit qu'elle se trouvait ces temps-ci sous le signe de Vénus, propice à une rencontre amoureuse. Mais qui sera l'heureux élu ?

Troisième film de Risi qui signe là une de ses premières belles réussites. Le cynisme et la férocité qu'on lui connaît ne s'exprime encore que par intermittence pour ce qui est encore une comédie italienne populaire des années 50 fortement teinté de néoréalisme. Comme nombre de ses meilleurs films l'histoire fonctionne sur un duo antinomique et oppose, sans en avantager l'une ou l'autre, deux visions de la femme italienne dans une société en pleine mutation. D'un côté Sophia Loren, la fille du peuple naïve, ignorante et au physique généreux qui attirent tout les hommes. De l'autre sa cousine jouée par Franca Valeri, plus intellectuel et rêveuse, et surtout plus regardante et difficile quant à l'homme qu'il lui faut.

La prédiction d'une voyante scelle pour elle une série de choix malheureux tandis que Sophia Loren semble en dépit de quelques embûches voguer vers un bonheur plus assuré. Comme souvent avec Risi le choix n'est pas si simple et les zones d'ombres sont légions. Sophia Loren (qui peaufine son futur statut d'icône gironde populaire et à la langue bien pendue) ne suivrait elle pas sans le savoir (la conclusion le laisse entendre) la voix toute tracée de ses parents vieux jeu (dont la mère jouée par Tina Pica l'hilarante servante des "Pain amour et fantaisie") alors que dans son malheur Cesira s'offre peut être une existence plus excitante ?

La question reste entière et Risi joue bien de l'opposition (pour raccourcir grossièrement la belle idiote et la laide intelligente) et de leur complémentarité durant tout le film. Sophia Loren toute jeunette est déjà épatante et Franca Valeri est une belle révélation, elle qui est à l'origine du film grâce à un personnage peaufiné sur scène "Mademoiselle Snob" dont on retrouve nombre de particularité dans son rôle du Signe de Venus.

L'ambiguïté se retrouve aussi dans les figures masculine qu'il se plaît tant à ridiculiser. L'escroc joué par Alberto Sordi est finalement assez hilarant et attachant dans sa bêtise alors que la figure paternelle bienveillante incarné par Vittorio de Sica s'avère vilement intéressé au final. Pas le meilleur Risi qui se cherche encore ici, mais une belle esquisse de ses thèmes majeurs à venir et l'atmosphère Romaine chaleureuse est des plus agréable.

Sorti en dvd zone 2 français

Extrait avec Alberto Sordi dans un de ses grands moments...

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