Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

dimanche 2 mai 2010

Cyclone à la Jamaïque - A High Wind in Jamaica, Alexander Mackendrick (1965)

Au XIXe siècle, à la suite d'un terrible cyclone à la Jamaïque, des colons anglais décident d'envoyer leurs enfants par bateau en Angleterre. En cours de route le bateau est attaqué par un navire pirate commandé par Chavez.


Un des derniers films de Alexander Mcendrick dont la carrière fut nettement ralentie par la virulence de son Grand Chantage (dont on parle un peu plus bas) et qui devait subir quelques déconvenues lors de ses projets suivants dont un remplacement en plein tournage de Au fil de l'épée par Guy Hamilton et surtout Les canons de Navarrone où il fut évincé au profit de Jack Lee Thomson. Pourtant même dans ce film d'aventures estampillée hollywoodien on se rend assez rapidement compte que son style direct et si particulier du studio Ealing ne s'est pas estompé.


Au vu du pitch on s'attend à un récit initiatique d'aventure enfantine à la Contrebandier de Moonfleet mais les premières minutes nous contredisent immédiatement. Un ouragan d'une violence incroyable décime la demeure de colon anglais c'est l'occasion de découvrir le ton noir qui va s'annoncer ensuite (avec un petit passage de magie noire assez étonnant) et surtout la personnalité atypique des enfants héros du films. Loin des figures angéliques et innocentes attendues, ce sont de petits sauvageons totalement détachés et insouciants jamais décontenancé par la violence qui peut les entourer. Cet aspect s'accentue lorsqu'ils se retrouvent prisonnier par erreur du bateau de pirate commandé par Anthony Quinn et James Coburn.

Loin d'être intimidé, le navire devient un vrai terrain de jeu et les pirates au mines patibulaire des compagnons de jeu, en particulier Anthony Quinn qui va étonnement s'attacher à eux. C'est sans compter sur la superstition de l'équipage qui va se faire de plus en plus menaçant en cherchant à se débarrasser des enfants, synonyme de malheur sur un bateau. Le film rejoint là les belles et méticuleuse description d'équipage de Billy Budd ou plus récemment Master and Commander qui captaient si bien le quotidien d'un équipage. donc là les enfants ne sont pas particulièrement attachants (hormis la formidable petite Deborah Baxter jouant Emily) mais surprenant de naturel un peu décalé.

Mackendrick peut ainsi se permettre de les placer dans les situations les plus périlleuse ou carrément en tuer un dans une scène aussi inattendue que choquante. Un film assez étonnant et au ton unique même si pas dénué de défauts notamment quelques longueur et l'absence d'un grand morceau de bravoure malgré les moyens (dommage pour de la grande aventure maritime). La fin est d'ailleurs étonnement ambigüe, difficile de se faire une vraie idée sur la tonalité de la conclusion. Mckendrick ne réalisera plus grand chose après celui là pour se tourner vers l'enseignement où il eu entre autres James Mangold comme élève. Bientôt un petit retour sur ses grands films du studio Ealing ici.


Trouvable uniquement en zone 1 chez Fox, doté d'une vf et de sous titres anglais.

4 commentaires:

  1. Bonjour,

    Quel plaisir de trouver une appréciation de ce film dans un blog français. Moi aussi, j'aime beaucoup ce film unique malgré ces imperfections, d'autant plus car moi aussi, j'ai été élève de Sandy MacKendrick, ainsi que son assistant et, j'aime le croire, ami.

    En revanche, bien que Tim Burton soit allé à CalArts, il était dans l'école d'animation et donc pas un des élèves de Sandy.

    Beaucoup de 'CalArtians' ont trouvé du succès dans le cinéma, et surtout des animateurs, John Lassiter de Pixar, etc...

    Bon courage avec votre blog!

    RépondreSupprimer
  2. Merci beaucoup pour votre retour, je vais effectivement corriger pour Tim Burton mes sources était fausse sans doute à cause de l'école commune effectivement. En grand admirateur de Mckendrick, votre message me fait bien plaisir pour ce réalisateur dont la reconnaissance reste un peu trop ancrée au cercle cinéphile. Cela a dû être un plaisir de le cotoyer et profiter de ses réflexions... Merci encore !

    RépondreSupprimer
  3. Pas de problème!

    C'est bizarre que MacKendrick soit toujours aussi peu connu, car à l'époque (pas de 'High WInd, mas de 'Ladykillers (Tuers de Dame)' et de 'Man in the WHite Suit (L'Homme au Complet Blanc') il faisait les films les plus populaires de l'Angleterre....

    Si ça peut vous intéresser, on vas éditer un livre de ses écrits sur la réalisation, un traduction du livre en anglais, 'MAcKendrick on Film'...

    En plus, l'éditeur de ce livre, PAul Cronin, et moi-même allons faire des conférences, avec présentation su film du même nom, avec EICAR, l'école International du Cinéma de Paris cette année (normalement)...

    J'ai pas le profil nécessaire pour vous donner mes détails de contact, mais vous pouvez passer par mon profil FaceBook (je déteste FB, mais quand même)...

    Je m'appelle don device.

    RépondreSupprimer
  4. Ah oui effectivement je serais très intéressé par le livre et la conférence. Des livres en français sur Mckendrick ça ne court pas les rues. D'ailleurs j'écris également sur le site cinéphile http://www.iletaitunefoislecinema.com/ on pourra éventuellement faire un retour sur ces évènements. Je vous contacte via facebook on se tiendra au courant pour les dates !

    RépondreSupprimer