Magnificent Warriors est une œuvre qui cherche à installer Michelle Yeoh en tant que star d’action plus globale et capable de porter un projet ambitieux sur ses épaules. Michelle Yeoh a ainsi une évolution dans la lignée de son mentor Sammo Hung, et de celui dont elle est clairement l’alter-ego féminin (statut explicite dans leur duo plus tard sur Police Story 3), Jackie Chan. En effet, conscient du déclin du film de kung-fu classique (notamment dans veine humoristique), Sammo Hung avait déplacés les joutes martiales du côté du polar urbain d’abord, puis du film d’action et d’aventures dans une œuvre comme Shanghai Express (1986) ou Eastern Condors (1987). Même chose pour Jackie Chan élargissant sa palette dans Le Marin des mers de Chine (1983), Mister Dynamite (1986) et Police Story (1985).
Michelle Yeoh avait dû partager la vedette dans ses premiers succès en tête d’affiche sur Le Sens du devoir et Le Sens du devoir 2, et allait donc être installée seule au sommet de ce Magnificent Warriors produit par la compagnie D&B. Le scénario plonge dans un esprit très pulp et bd au sein la guerre de Mandchourie opposant la Chine et le Japon durant les années 30/40. L’originalité du récit et d’avoir déplacé un peu le curseur du conflit dans un village du Bhoutan, qui va servir de révélateur pour chacun des protagonistes. Les héros sont en effet tous caractérisé sous un jour individualiste, que ce soit la mercenaire incarnée par Michelle Yeoh, l’espion joué par Derek Yee, l’escroc par la caution comique Richard Ng, motivé par des motifs vengeurs et belliqueux, pécuniaires. La mission la ramène à une préoccupation collective, en particulier Michelle Yeoh, pur symbole d’altruisme fortement influencé par Indiana Jones. C’est une toile de fond cherchant à stigmatiser une mentalité contemporaine hongkongaise et à l’inverse les montrer capables d’entraide, empathie et solidarité. Le récit se montre fort réussi dans toutes les tonalités qu’il entreprend que ce soit la veine humoristique et bien sûr l’action échevelée. Les morceaux de bravoures alternent joutes martiales semées d’embûches et surtout l’action décomplexée pour laquelle les gros moyens ont été employés. La scène d’ouverture donne le ton avec une Michelle Yeoh plus « Indy » que jamais armée de son fouet, une séquence d’évasion déployant une impressionnante pyrotechnie mais surtout un siège final où le message d’entraide et la promesse de spectacle forment un tout cohérent. Multipliant les péripéties inventives, ce grand final rend son salut au peuple, aidé par les protagonistes, face aux japonais belliqueux. Ces derniers sont définis dans une pure aura maléfique et uniforme qui, sous le gros trait, rappelle tout de même quelques réalités comme leurs penchants à la torture sadique envers les peuples occupés. David Chung, plus connu pour ses travaux de directeur photo notamment chez Tsui Hark, signe un spectacle enlevé, bien aidé par la crème des cascadeurs de l’époque, une Michelle Yeoh impliquée, et du beau monde en seconde équipe dont Johnnie To et un Derek Yee qui amorçait là son passage à la réalisation. Le succès très mitigé du film l’a un peu fait tomber dans l’oubli en comparaison de classiques hongkongais de l’époque mais Magnificent Warriors est un film d’aventures drôle, haletant et chatoyant par la beauté de ses décors naturels thaïlandais.Sorti en bluray français chez Le Chat qui fume







































