Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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lundi 29 juin 2026

La Femme qui crie - Sha fu, Tseng Chuang-hsian (1984)

Alors qu’elle n’est qu’une enfant, Ah-shih assiste au suicide de sa mère, accusée de vendre son corps pour un peu de nourriture. Devenue orpheline, la petite fille est recueillie par son oncle et sa tante. Mais à vingt ans, Ah-shih est contrainte de quitter les siens pour épouser le boucher Chiang Shui, un homme violent et fruste qui abuse de sa jeune femme. La relative aisance du couple fait jaser les habitants du village et Ah-shih devient l’objet de ragots abjects...

La Femme qui crie est un éprouvant drame rural brossant un portrait cinglant de la tyrannie du patriarcat au sein de la société taïwanaise. Le film est adapté d’un roman de l’autrice féministe Li Ang qui fit scandale à sa parution en 1982. S’inspirant d’un authentique fait divers ayant eut lieu à Taïwan durant les années 40, Li Ang y dépeignait avec une crudité rare la déchéance d’une femme soumise aux brutalités d’un mari abusif. Le film pourtant glaçant de violence frontale est néanmoins adouci sur certains points en comparaison du livre, et voit un ensemble de talents du cinéma taïwanais s’impliquer dans sa confection. A la production on trouve Hsu Feng, au début de son brillant parcours de productrice (elle est derrière Adieu ma Concubine de Chen Kaige) après sa carrière d’actrice notamment chez King Hu, le scénariste Wu Nien-jen (collaborateur régulier de Hou Hsiao-hsien) et le réalisateur Tseng Chuang-hsian révélé notamment par le film à sketches L’Homme-sandwich (1983).

La séquence d’ouverture semble condenser à elle seule la condition féminine précaire de cette société. Ah-shi enfant assiste simultanément au viol de sa mère qui a cédé à un soldat en échange de nourriture, à sa déchéance sociale lorsque la communauté lui reproche cet avilissement, et enfin à son suicide quand elle abandonne face à l’opprobre collective. Quelle que soit les circonstances, il s’avère clair que la femme sera toujours coupable et victime. Ah-shi (Pat Ha), après en avoir été témoin dans son enfance, va en faire cruellement l’expérience à l’âge adulte. Elevée par ses oncles et tantes, elle est « vendue » (sous-entendu dans le film, explicitement dans le livre) à un boucher en surface pour son propre bien dans un foyer où elle mangera à sa faim, en réalité pour se débarrasser d’une de trop à nourrir. Le récit assez austère se déleste d’une narration en forme de progression dramatique classique et s’avère avant tout une escalade ininterrompue dans les abus subis par l’héroïne. C’est un sentiment d’inéluctable explicite dès la première interaction entre Ah-shi et Chiang chui (Ying Bai) son époux, qui commence par la violer avant de donner un repas. C’est comme si l’infamie initiale subie par sa mère se trouvait institutionnalisée pour Ah-shi dans le cadre officiel du mariage.

Le métier de boucher de Chiang chui est prétexte à de très réalistes scène d’abattoir durant lesquelles l’analogie est évidente entre la pénétration de la lame achevant la bête dans un hurlement, et la pénétration subit chaque soir par Ah-shi dont les cris de douleur sont interprétés bien différemment par le voisinage. Le film reprend la nature profondément désespérée du livre, aucune échappatoire de sororité, de solidarité possible pour Ah-shi ne pouvant pas compter amis ou famille pour la sauver. On trouve ce modèle patriarcal reproduit à une échelle moins extrême au sein du voisinage (l’altercation entre fils, bru et belle-mère finissant dans la violence), et un conditionnement conduisant les femmes elles-mêmes à le perpétuer. Ainsi c’est bien le poids de la rumeur qui va sceller le sort de l’héroïne, étouffant ses cris décrétés comme ceux d’une nymphomane par les femmes du village mais provoquant par là l’ire de son époux dont cette manifestation exaltait son narcissisme phallocrate. Une nouvelle fois, chaque choix et perspectives fait de la femme une coupable et une victime, statut signifié par cette symbolique du cri.

Le film explicite le statut de la femme dans la tradition confucéenne décrétant qu’elle doit se montrer entièrement soumise et obéissante à son mari. En pratique cela fait d’A-shi un corps que l’on souille, un objet que l’on exploite, un être dépourvu d’âme que l’on peut assujettir à sa guise. Pat Ha, souvent vue dans ses grands rôles hongkongais comme une figure féminine sensuelle et indépendante (Nomad de Patrick Tam (1982), An Amorous Woman of Tang Dynasty d’Eddie Fong (1983)), est ici un être frêle et apeuré, enfermé par l’usage multiple de Tseng Chuang-hsian du surcadrage pour appuyer ce sentiment de geôle mentale, physique et sociale. 

L’intrigue se situe durant l’occupation japonaise à Taïwan, mais le film sort durant la terreur blanche encore vivace en 1984 au sein du pays. Déplacer le récit dans le temps (pour le livre comme le film) semble donc être un prétexte pour ne pas aborder directement la tyrannie que vive les locaux. Ce glissement est d’ailleurs explicite dans le film, lorsqu’après avoir été rabaissé par ses congénères puis par des soldats japonais, Chiang Chui va déverser sa frustration sur la seule qui ne peut pas s’opposer à lui.

On pourrait associer le film au sous-genre parfois pertinent, souvent racoleur, du rape and revenge – filon d’ailleurs fréquent du cinéma d’exploitation taïwanais. Le délitement mental et le visage durcit de Pat Ha n’appelle pas à un éveil vengeur mais plutôt à un torrent de désespoir. La bande-originale atonale ôte toute dramaturgie à la scène où Ah-shi ose enfin punir son bourreau, étouffant son possible hurlement de rage de manière extradiégétique. La revanche par la fiction ne constituera pas une vaine illusion ici, les dernières images du film soulignant ce qu’A-shi n’a jamais cessé d’être, coupable et victime.

Sorti en bluray français chez Carlotta 

dimanche 28 juin 2026

In Waves - Phuong Mai Nguen (2026)

 À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.

In Waves est l'adaptation du roman graphique de AJ Dungo qui y dépeignait la romance et le deuil entretenu avec Kristen, amour de jeunesse tragiquement décédé. La passion de cette dernière étant le surf, toute l’histoire avance au rythme de la pulsion de vie représentée par l’eau et les vague. L’imagerie californienne entre stylisation et photoréalisme pétarade de couleurs, et l’euphorie des premiers amours se conjugue à celle ressentie durant l’initiation au surf de AJ, l’équilibre précaire, le bien-être et la crainte que tout s’arrête. 

La narration est assez convenue dans son escalade dramatique (même si la remarque peut être injuste au regard de l’inspiration réelle) mais les idées formelles transcendent l’ensemble. Même si on regrettera l’allusion pas totalement exploitée aux origines hawaïennes du surf, tout ce qui touche à l’intime et l’inéluctable séparation est somptueux par ses transitions jouant sur la matière liquide pour basculer d’un lieu, émotion ou temporalité à une autre. Une nouvelle et belle démonstration de l’incroyable âge d’or actuel de l’animation française.


 En salle le 1er juillet

samedi 27 juin 2026

L'Au-delà - ...E tu vivrai nel terrore! L'aldilà, Lucio Fulci (1981)

 1927. Pour avoir représenté l’Enfer, le peintre Zweick est accusé de sorcellerie et lynché dans un hôtel de Louisiane. 54 ans plus tard, Liza prend possession de l’hôtel qu’elle souhaite rouvrir au public. Très vite, des phénomènes étranges se produisent : apparitions macabres, morts violentes et visions cauchemardesques. Un mystérieux ouvrage, le Livre d'Eibon, révèle que l’hôtel se situe sur l’une des sept portes de l’Enfer. Avec l’aide du docteur John McCabe, Liza va tenter de fuir l’horreur qui bientôt se déchaînera autour d’elle.

L’Au-delà est la pièce centrale de la « trilogie de l’enfer » de Lucio Fulci, suivant Frayeurs (1981) et précédant La Maison près du cimetière (1981), même si tout avait vraiment commencé avec l’excellent L’Enfer des zombie (1979) qui réunissait pour la première fois la fine équipe qui accompagnerait le réalisateur dans ces réussites. Capables de proposer le meilleur sur des intrigues bien charpentées (L’Emmurée vivante (1977), Liens d’amour et de sang (1969)), Fulci ne s’épanouit pourtant jamais mieux que quand il s’extirpe de carcans de la narration classique pour ne s’appuyer que sur l’atmosphère teintée de visions infernales. Cela rendait Frayeurs très inégal malgré des fulgurances sidérantes, mais L’Au-delà transformer l’essai sur cette méthode.

L’argument très mince sert de lien entre le terrifiant prologue de 1927 et l’intrigue contemporaine pour définir la nature inquiétante d’un lieu, un hôtel de Louisiane, et la menace qu’il renferme, une des sept portes de l’enfer. Dès ce pont jeté, le récit va aligner les situations macabres sur fond d’ambiances funestes de fin du monde. Schweik, le peintre assassiné durant la scène d’ouverture, semble contenir dans ses tableaux la puissance démoniaque de cette porte de l’enfer. La découverte de son cadavre libère tous les maléfices possibles, et mettent à profit l’inventivité de Fulci pour les mises à mort les plus sanglantes, l’imagerie la plus décadente.

Les extérieurs en Louisiane ancrent le récit dans un contexte tangible qui implose durant les scènes d’intérieur filmées en studio en Italie. La photo de Sergio Salvati distille une atmosphère gothique mettant en valeur l’usure des murs, la poussière sur les meubles, et transforme littéralement certaines pièces de l’hôtel en antichambre des enfers comme cette cave aux proportions insoupçonnées. Les figures de style gore (cette obsession de l’énucléation) brillent sur un véritable autel de la putréfaction et de la chair écorchée dans quelques séquences mémorables, comme cet homme au dos brisé par une chute et dévoré par des araignées. C’est pourtant bien quand il bascule vers l’abstraction, lorsque la vision de l’innommable altère le temps et l’espace, que Fulci tutoie les sommets horrifiques lors de la puissante séquence finale. 


 Sorti en bluray français chez Le Chat qui fume

lundi 22 juin 2026

Magnificent Warriors - Zhong hua zhan shi, David Chung (1987)

 Dans les années 1930, le colonel Matsui, à la tête d'un contingent de l’armée japonaise occupe Kaal, une cité stratégique du Bhoutan. Fok Ming-ming, aventurière intrépide, aguerrie au combat, se voit missionnée par l'armée chinoise afin d'exfiltrer Youda, seigneur de Kaal, qui dispose de renseignements vitaux pour la Chine. Elle devra pour cela retrouver un agent infiltré, 001, qu'elle pourra identifier par sa montre. Si le plan semblait simple, sur place, les choses vont quelque peu se compliquer...

Magnificent Warriors est une œuvre qui cherche à installer Michelle Yeoh en tant que star d’action plus globale et capable de porter un projet ambitieux sur ses épaules. Michelle Yeoh a ainsi une évolution dans la lignée de son mentor Sammo Hung, et de celui dont elle est clairement l’alter-ego féminin (statut explicite dans leur duo plus tard sur Police Story 3), Jackie Chan. En effet, conscient du déclin du film de kung-fu classique (notamment dans veine humoristique), Sammo Hung avait déplacés les joutes martiales du côté du polar urbain d’abord, puis du film d’action et d’aventures dans une œuvre comme Shanghai Express (1986) ou Eastern Condors (1987). Même chose pour Jackie Chan élargissant sa palette dans Le Marin des mers de Chine (1983), Mister Dynamite (1986) et Police Story (1985).

Michelle Yeoh avait dû partager la vedette dans ses premiers succès en tête d’affiche sur Le Sens du devoir et Le Sens du devoir 2, et allait donc être installée seule au sommet de ce Magnificent Warriors produit par la compagnie D&B. Le scénario plonge dans un esprit très pulp et bd au sein la guerre de Mandchourie opposant la Chine et le Japon durant les années 30/40. L’originalité du récit et d’avoir déplacé un peu le curseur du conflit dans un village du Bhoutan, qui va servir de révélateur pour chacun des protagonistes. 

Les héros sont en effet tous caractérisé sous un jour individualiste, que ce soit la mercenaire incarnée par Michelle Yeoh, l’espion joué par Derek Yee, l’escroc par la caution comique Richard Ng, motivé par des motifs vengeurs et belliqueux, pécuniaires. La mission la ramène à une préoccupation collective, en particulier Michelle Yeoh, pur symbole d’altruisme fortement influencé par Indiana Jones. C’est une toile de fond cherchant à stigmatiser une mentalité contemporaine hongkongaise et à l’inverse les montrer capables d’entraide, empathie et solidarité.

Le récit se montre fort réussi dans toutes les tonalités qu’il entreprend que ce soit la veine humoristique et bien sûr l’action échevelée. Les morceaux de bravoures alternent joutes martiales semées d’embûches et surtout l’action décomplexée pour laquelle les gros moyens ont été employés. La scène d’ouverture donne le ton avec une Michelle Yeoh plus « Indy » que jamais armée de son fouet, une séquence d’évasion déployant une impressionnante pyrotechnie mais surtout un siège final où le message d’entraide et la promesse de spectacle forment un tout cohérent. Multipliant les péripéties inventives, ce grand final rend son salut au peuple, aidé par les protagonistes, face aux japonais belliqueux. 

Ces derniers sont définis dans une pure aura maléfique et uniforme qui, sous le gros trait, rappelle tout de même quelques réalités comme leurs penchants à la torture sadique envers les peuples occupés. David Chung, plus connu pour ses travaux de directeur photo notamment chez Tsui Hark, signe un spectacle enlevé, bien aidé par la crème des cascadeurs de l’époque, une Michelle Yeoh impliquée, et du beau monde en seconde équipe dont Johnnie To et un Derek Yee qui amorçait là son passage à la réalisation. Le succès très mitigé du film l’a un peu fait tomber dans l’oubli en comparaison de classiques hongkongais de l’époque mais Magnificent Warriors est un film d’aventures drôle, haletant et chatoyant par la beauté de ses décors naturels thaïlandais.

Sorti en bluray français chez Le Chat qui fume 

vendredi 19 juin 2026

Intuitions - The Gift, Sam Raimi (2000)

Dans une petite ville de Georgie, Annie Wilson a le don de pouvoir lire l'avenir des gens dans les cartes. Lorsque Jessica King, une fille de la haute bourgeoisie disparaît, la police se retrouve sans aucune piste. Jusqu'à ce qu'Annie dise avoir "vu" ce qui s'est passé...

Intuitions s’inscrit dans une période intermédiaire de la filmographie de Sam Raimi. Il a vécu une expérience mitigée lors de la production de Evil Dead 3 : L’Armée des ténèbres (1993) ce dont témoignent les multiples montages disponibles du film, et fut victime d’un four critique et public sur le western Mort ou vif (1995). Raimi a ainsi expérimenté l’interventionnisme de ses producteurs sur un budget plus élevé sur Evil Dead 3, et ressenti le rejet en appliquant son style outrancier sur un style plus « noble » que l’horreur. 

Cela va entraîner une remise en question dont le résultat sera Un Plan simple (1998) drame et polar hivernal sobre où pour une fois c’est lui qui va puiser l’inspiration chez ses amis les frères Coen (alors que l’inverse était plus vrai sur des titres comme Arizona Junior (1987), certaines atmosphères de Blood Simple (1984) et la folie de Le Grand saut (1994)). Le sportif Pour l’amour du jeu (1999) va le familiariser au louvoiement nécessaire quand on travaille pour un studio et, fort de cette remise en question c’est par le filtre de cette sobriété nouvelle que Raimi peut revenir au fantastique avec Intuitions.

Le surnaturel ne sert d’ailleurs ici que de révélateur aux maux profonds de ce monde provincial que Raimi prend un long moment à dépeindre. Annie (Cate Blanchett), dans ses prédictions, mets ces interlocuteurs en face de qu’ils savent déjà sans vouloir l’admettre ou s’en défaire. Ici une femme (Hilary Swank) battue par son époux (impressionnant Keanu Reeves), là un homme brisé par les abus de son père (Giovani Ribisi), tous sont conscients, à des degrés divers, de ce qui les ronge. Cela s’étend des individus à l’ensemble de la communauté lorsque la fille volage d’un notable disparait puis est retrouvée assassinée. Raimi élague son style outrancier et ostentatoire sans l’effacer pour autant durant les scènes de visions d’Annie. Les mouvements de caméra aériens agressifs d’Evil Dead trouvent ici un pendant plus flottant pour accompagner l’inconscient de l’héroïne recherchant des indices, et installant une inquiétante atmosphère Southern Gothic. Même les panoramiques heurtés de la scène où Keanu Reeves revient brutalement chercher son épouse chez la médium trahissent l’ancien Sam Raimi.

L’étude de caractères prend le pas sur la seule expérience sensorielle dans l’approche de Raimi, les détours du film par d’autres sous-genre du cinéma américain comme le film de procès en témoigne. Il ne s’agit en aucun point d’une régression cependant, puisque cet équilibre servira la saga Spider-Man, les deux premiers volets étant les mieux équilibrés de la carrière du réalisateur entre cette veine sensible et le plaisir d’en mettre plein la vue. Cela fonctionne bien ici dans une caractérisation où l’ensemble des personnages se montrent, à échelle diverses, faillibles car marqués par des drames passés. 

Même le détestable redneck incarné par Keanu Reeves sera victime du système, dans un déterminisme inhérent à ce contexte social sans perspectives qui enferme chacun des protagonistes, Giovanni Ribisi en tête. Le talent de narrateur de Raimi fait mouche sur ce point puisque c’est la figure la plus propre sur elle qui va en définitive exposer ses démons de manière fatale dans un rebondissement ravivant un whodunit dont on avait presque oublié l’argument. Le fantastique jusqu’ici diffus se déploie dans une touchante conclusion. Le script coécrit par Billy Bob Thornton fait transpirer l’authenticité du contexte (le personnage de Cate Blanchett étant inspiré de sa propre mère) et l’on trouve des réminiscences de son propre travail sur Sling Blade (1997), film qui lui fit accéder à la gloire. Raimi capture tout cela en y apportant sobrement sa propre patte dans ce qui est une œuvre de transition avant le triomphe des Spider-Man.

Sorti en bluray français chez L'Atelier d'images