Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tout mes visionnages de classiques, coup de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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vendredi 13 mai 2022

The Illegal Immigrant - Fei fat yi man, Mabel Cheung (1985)


 The Illegal Immigrant inaugure la trilogie que la réalisatrice Mabel Cheung au thème de l'immigration. Il apparaît sur plusieurs points comme un attachant brouillon de An Autumn Tales, second volet du cycle qu'elle réalisera deux ans plus tard et dont on trouve déjà de nombreux éléments thématiques, esthétiques et narratifs. Cheung Kwan-chow (Yung-Cho Ching) est un jeune clandestin chinois vivotant à travers de petits boulots jusqu'au jour où il va être arrêté par l'immigration. Libéré sous caution par son oncle, il est désormais soumis à une course contre la montre aux possibilités que lui offre l'administration américaine. Être expulsé immédiatement, d'ici quelques semaines ou trouver une épouse américaine avec laquelle il pourra convenir d'un mariage blanc crédible.

Il va jeter son dévolu sur Cindy (Fu-Sheng Wu), jeune américaine d'origine chinoise. Cette association sert de révélateur pour les deux personnages quant à leur rapport à cette identité américaine floue. Cheung Kwan-chow forcé de s'intégrer réellement pour obtenir sa carte verte est placé face à ses manques, son anglais resté approximatif en resté cantonné à des jobs laborieux ne le faisant pas sortir de sa communauté. Cindy vit quant à elle une crise inhérente aux enfants de migrants de première ou deuxième génération. Ses origines chinoises la complexe, notamment physiquement et elle ne consent au mariage blanc que pour une raison frivole, subir une opération de chirurgie esthétique qui "corrigera" son nez aplati de chinoise pour le faire ressembler à ceux des top-models blanche dont les posters ornent sa chambre.

Mabel Cheung travaille cela par l'humour, notamment au niveau de la langue. Cindy entremêle son chinois maladroit d'anglicismes à tout va afin de prendre de haut les lacunes de Cheung Kwan-chow. On s'amuse du joyeux capharnaüm et de la cacophonie de langues lorsque les "mariés" s'invectivent. Cela joue aussi au niveau des tenues vestimentaires, Cindy en vraie fashion-victim cherchant toujours à être à la page de la mode américaine la plus superficielle avec ses permanentes, ses robes roses pastels bien marquées années 80. Cheung Kwan-chow, pure incarnation du prolo anonyme ne souhaitant surtout pas se faire remarquer, arbore-lui une allure plus modeste avec ses vestes militaire et surtout le running gag s'amusant du fait qu'il ne porte jamais de chaussures - une manière de caractériser ce manque d'ancrage aux conventions par cette relâche. 

Le tempérament noble, la modestie et la dévotion de Cheung Kwan-chow vont progressivement gagner le cœur de Cindy qui va s'attacher à lui. Destiné à ne plus se revoir une fois le mariage contracté, diverses circonstances vont les faire constamment se retrouver et s'apprécier. Parallèlement au couple, l'histoire montre aussi la tentation superficielle de la criminalité, de la délinquance, chez certains pour s'ancrer économiquement à défaut de socialement dans cet environnement américain, et d'autres comme le jeune frère de Cindy pour une alternative excitante stimulant leur part chinoise face aux conventions locales (notamment scolaire) auxquels ils doivent se soumettre. Cela est très intéressant sur certains points, beaucoup sur d'autres notamment tout ce qui relève des petites guerres des gangs entre petites frappes chinoises. Tout stylisé qu'il soit, China Girl (1987) d'Abel Ferrara amenait une imagerie aussi crédible que flamboyante sur cet aspect, que Mabel Cheung peine à retranscrire (ce sera aussi un des très rares écueils de An Autumn Tale). 

Mabel Cheung mélange assez bien cette angoisse de l'expulsion, ce sentiment de précarité du migrant avec quelque chose de plus sensible et romantique dans le quotidien des personnages. Ce ne sera par exemple pas la nécessité qui les fera vivre ensemble à un certain point de l'histoire, mais bien une reconnaissance et une complicité commune dans laquelle ils n'osent pas encore voir de l'amour. Tout cela reste habilement implicite et passe par les situations, la sensibilité des acteurs. Les ruptures de ton sont du coup légions, nous faisant passer à une scène de boite de nuit kitsch à une visite et un interrogatoire très intrusif des services d'immigration. Toute cette dualité s'exprime bien dans une scène où les personnages vont visiter les chutes du Niagara. 

L'américaine Cindy peut passer du côté canadien pour profiter d'une meilleure vue quand Cheung Kwan-chow, l'apatride, le clandestin en sursis, demeure côté américain sans avoir cet avantage propre et figuré. La mise en scène de Mabel Cheung, notamment par les atmosphères tour à tour clinquantes ou naturaliste dans les nuances de la photo de Bobby Bukowski, travaille constamment ce sentiment d'appartenance/rejet des personnages à leur environnement. L'appartenance factice et superficielle repose sur le matériel, et celle plus authentique se ressent progressivement dans les belles scènes romantiques, dans le lien à l'autre où cette stylisation se fait plus naturelle. Malgré de petites maladresses, un beau galop d'essai qui porte en germe toute la belle réussite à venir de An Autumn Tale plus abouti.

Sorti en dvd zone 3 hongkongais et doté de sous-titres anglais

mercredi 11 mai 2022

Leaving Las Vegas - Mike Figgis (1995)

Après s'être fait licencier par la société de production où il travaillait, Ben, scénariste alcoolique, décide de partir pour Las Vegas. Il prend une chambre dans un hôtel miteux, à proximité des bars toujours ouverts, afin de finir sa vie dans l'alcool. Il rencontre Sera, une prostituée, qui va l'héberger pour le suivre dans sa déchéance.

Mike Figgis retrouve avec Leaving Las Vegas les atmosphères urbaines nocturnes, romantiques et dépressives au cœur de ses œuvres les plus personnelles (Stormy Monday (1988), Pour une nuit (1997), Timecode (2000)). Il adapte là le roman éponyme et grandement autobiographique de John O'Brien, grandement inspiré de ses errances alcoolisées qui le mèneront à sa mort – il se suicidera deux semaines après avoir vendu les droits du roman. Nous suivons la spirale autodestructrice de Ben (Nicolas Cage), scénariste alcoolique et dépressif qui après avoir perdu ses dernières attaches professionnelles, décide d’aller en finir dans un suicide au long cours à Las Vegas. 

Figgis avait déjà abordé dans Mr Jones (1993) le thème de la dépression et plus précisément d’un protagoniste maniaco-dépressif. C’est un des atouts du film de capturer la nature insaisissable de la dépression en montrant un Nicolas Cage aux abois mais sans pour autant chercher une explication tangible, un trauma hasardeux à son état. Un dialogue de Ben le souligne d’ailleurs lorsqu’il dit ne plus se souvenir s’il buvait parce que sa femme l’avait quitté, ou si celle-ci l’avait quitté parce qu’il buvait. Le personnage se brûle ainsi les ailes dans des beuveries sans fin sans le moindre espoir de rémission. L’enjeu sera donc de ressentir un dernier éclat, une ultime et authentique alchimie humaine avant fin. Ben va ainsi trouver une âme sœur meurtrie avec Sera (Elizabeth Shue), prostituée officiant à Vegas. Elle aussi s’est perdue entre les bras des clients et les coups de son proxénète (Julian Sands) trouvant dans cet autre forme avilissement un remède à sa solitude. 

L’alchimie entre Nicolas Cage et Elizabeth Shue est le grand atout du film, la vulnérabilité de l’un trouvant refuge dans le besoin de dévotion de l’autre. Il y a un bel effet miroir notamment dans la première rencontre où une « passe » se mue en discussion à cœur ouvert. Ben ne juge pas la profession de Sera et cette dernière fait de même pour son addiction, leur connexion repose sur le réconfort mutuel mais aucun n’entretient l’illusion d’un renouveau. Figgis nous promène d’errance nocturnes sous les néons des casinos en conciliabules murmurés dans des hôtels miteux, sur fond de bande-son jazzy (composée par Figgis lui-même comme souvent). Les idées formelles sont souvent bien vues comme cet usage du 16 mm qui atténue le clinquant de Las Vegas mais surtout nous fait partager le point de vue constamment embrumé de vapeurs alcoolisée pour Ben, ou de réalité altérée après les heurts de la dernière passe pour Sera. Malheureusement ces petites afféteries datent parfois un peu le film, à la narration très marquée par les codes esthétiques des années 90 dans le mauvais sens du terme. C’est souvent le cas avec le style très personnel mais inscrit dans son temps de Figgis, toujours sur la corde raide mais qui peut fonctionner notamment dans Stormy Monday.
L’émotion fonctionne malgré tout, une nouvelle fois grâce à aux acteurs. Nicolas Cage hagard et livide tout le récit distille une vraie sensibilité sous la performance (qui lui vaudra l’Oscar du meilleur acteur) et Elizabeth Shue échoue avec brio à n’être juste qu’un corps lascif pour laisser émerger ses fêlures. Malgré ces quelques tics visuels, Leaving Las Vegas est donc un beau mélo, touchant parce que désespérément résigné.

Sorti en dvd zone 2 français chez Studiocanal

mardi 10 mai 2022

Malevil - Christian de Chalonge (1981)


 La fin de l'été dans un petit village, une journée en apparence comme les autres et pourtant... Alors que le maire et quelques élus locaux se réunissent pour débattre d'un sujet administratif, cloitrés dans une profonde cave, une incroyable explosion se fait ressentir. Après avoir retrouvé leurs esprits, le petit groupe remonte à la surface et font face à un véritable désastre : d'origine nucléaire personne d'autre ne semble avoir survécu...

Malevil est une des rares, méconnues et réussies incursion du cinéma français dans la science-fiction et plus précisément dans le sous-genre du film post-apocalyptique. Il s’agit là d’une adaptation du roman éponyme de Robert Merle paru en 1972, mais dont le scénario de Christian de Chalonge et Pierre Dumayet s’éloigne beaucoup notamment sa conclusion. Robert Merle peu satisfait du résultat demandera d’ailleurs à voir son nom absent du générique qui ne comportera que la mention « librement adapté du roman Malevil ». 

L’une des grandes qualités du film est d’avoir une vraie identité française, ne singeant pas les avatars anglo-saxons du genre tout en étant un pur film post-apocalyptique. Le récit se restreint à une petite zone rurale que Christian de Chalonge s’applique, dans son esthétique comme la caractérisation de ses individus, à conférer une saveur locale avant la bascule. Les protagonistes se réunissent ainsi sur un débat administratif trivial entre élus locaux où quelques personnalités se dégagent et auront ensuite leurs importance, tels l’art du compromis du maire (Michel Serrault) ou l’individualisme du pharmacien. Une terrible catastrophe nucléaire vient brutalement interrompre cette quiétude et offre une séquence glaçante qui nous fait ressentir le fléau à une échelle intime. Sans effets spectaculaires, un vrai travail sur l’atmosphère et grâce à l’implication des acteurs, le moment est oppressant à souhait et laisse progressivement découvrir le chaos. 

L’hébétude et l’imagerie de fin du monde fonctionne formidablement, l’exposition montrant longuement le cadre paisible trouve son envers de désolation de façon frappante. Les décors de Max Douy et la photo de Jean Penzer sont assez impressionnants et le contraste avec ce groupe de modeste survivants franchouillard fonctionne à plein. La stupeur, la dépression face à l’extinction de toute chose imprègne l’esprit et la rétine avant que l’instinct de survie prenne le dessus. La narration prend son temps pour laisser les protagonistes reprendre leurs marques, instaurer un nouveau quotidien et une coexistence face à ce contexte. L’interprétation est sobre et juste (y compris Jacques Villeret qui gagne peu à peu en sobriété dans un rôle de simplet) et de Chalonge par sa mise en scène nous fait comprendre que survivre consistera en reprendre possession de son environnement. Les espaces sombres et calcinés reprennent des couleurs, l’horizon s’élargit et le nouveau danger s’incarne en la malveillance humaine par la découverte d’autres survivants. 

Alors si les confrontations manquent peut-être un peu de punch, le réalisateur excelle à conférer une imagerie western au panoramas ruraux français. Le sens du cadre dans un beau cinémascope et la photographie soignée de Jean Penzer donne à voir de somptueux plans d’ensemble filmés notamment dans les départements de l'Hérault et de l’Aveyron. La manière dont chez les antagonistes se rejouent les codes de dominations sociales traditionnelles (mais aussi plus explicitement capitaliste, le méchant se faisant appeler « Monsieur le directeur » par ses sbires) est subtilement amenée notamment grâce à la prestation sournoise et glaciale de Jean-Louis Trintignant. 

Sur les ruines va parvenir à se construire une forme d’utopie (en ce sens il s’agit plus d’un film des années 70 que 80) décorrélée des idéaux du monde moderne déchu, avant qu’un rebondissement final vienne rabattre les cartes. Une belle réussite, parmi d’autres au sein de la filmographie de ce cinéaste très singulier qu’est Christian de Chalonge. 

Sorti en dvd zone 2 français chez Tamasa

dimanche 8 mai 2022

Le Village des damnés - Village of the Damned, John Carpenter (1995)


 Un jour d'automne, une force invisible et mystérieuse endort les habitants du modeste village de Midwich. Quelques semaines plus tard, le docteur Alan Chaffee découvre qu'une dizaine de ses patientes attendent un heureux évènement.

Le Village des damnés constitue pour John Carpenter le second remake d’un classique de la science-fiction après The Thing (1982). Il adapte ici pour la seconde fois le roman Les Coucous de Midwich de John Wyndham publié en 1957 et donnera naissance à un vrai film culte du cinéma fantastique des années 60 avec la transposition qu’en livrera Wolf Rillaen 1960. Le grand atout de l’original était vraiment l’atmosphère inquiétante, lourde de mystère et de menaces dégagée par les phénomènes surnaturels ainsi l’imagerie iconique et glaçante de ce groupe d’enfants blonds déshumanisés. En transposant le cadre de l’Angleterre aux Etats-Unis dans son remake, Carpenter cherche notamment à inscrire l’histoire et les thèmes dans une notion de communauté plus marquée. 

Cette petite ville de Nouvelle-Angleterre déploie dans son introduction à nous imprégner dans toute la facette chaleureuse de la communauté WASP américaine traditionnelle. L’irruption du surnaturel vient donc révéler les failles de cette harmonie apparente, en dévoiler les secrets et exposer les démons de ses habitants, sillon que Carpenter creuse dans des œuvres comme Halloween (1978), Fog (1980) ou même L’Antre de la folie (1995). Comme souvent, le mal prend l’allure de quelque chose d’indicible, d’insaisissable lors de la scène d’ouverture où une ombre noire, un murmure maléfique sillonnant les paysages bucoliques de la région. La séquence de « blackout » de la ville a cependant moins de force que dans le film original où le sentiment d’inquiétude et l’imagerie de désolation se nourrissait autant de la fiction (un parfum de La Quatrième dimension flottant sur le film de Rilla) que du contexte politique de l’époque (la peur du nucléaire) et renforcée par l’anxiété qu’ajoute l’usage du noir et blanc. Cependant le scénario de David Himmelstein amène dans cette ouverture une caractérisation plus approfondie et bienvenue du microcosme de la ville, notamment des femmes qui tomberont enceinte après le phénomène léthargie collective.

Chez Carpenter l’idée du mal repose à la fois sur un Autre, opaque et insaisissable (les gangs d’Assaut (1976), Michael Myers dans Halloween) que sur la nature néfaste inhérente à l’Homme. Dès lors le corps humain devient un réceptacle idéal à l’invasion de cet Autre, que ce soient les dégénérescences corporelles de The Thing que les possessions de Prince des ténèbres (1987) facilitées par un sentiment de peur et de paranoïa. Le Village des damnés offre un bon mélange de ces deux approches, la fécondation surnaturelle façonnant des êtres totalement déshumanisé, froid et robotique dans leur allure comme leur comportement. Carpenter pousse finalement jusqu’au bout le cadre WASP de cette communauté américaine, où l’Autre tant craint s’immisce de l’intérieur et arbore les traits d’une aryanité où la blondeur/blancheur immaculée se prolonge par la disparition de toute humanité. La mise en scène et narration de Carpenter exploite cet aspect à divers niveaux. 

L’harmonie supposée de la communauté s’article dans la première partie par le montage parallèle introduisant les différents couples du film. Celle-ci est en partie brisée par les phénomènes surnaturels et laisse une autre forme d’équilibre s’instaurer. Avant même l’arrivée des enfants maléfiques, tout l’imagerie du film bascule soudain dans une logique géométrique qui anticipe le fait que ces progénitures ne pourront être dissociées et formeront une entité unique. L’arrivée simultanée des voitures à l’hôpital lors de la scène d’accouchement l’explicite, tout comme le firent les séquences de grossesses (ou toutes les activités et exercices sont réalisés ensemble par les familles) et le poursuivront les scènes d’accouchements puis de baptêmes collectifs. Dès lors ce côté métronomique, équilibré et déshumanisé du groupe d’enfant peut donc se manifester dans la mise en scène de Carpenter dont chaque travelling, cadrage et composition de plan (sa maîtrise du cinémascope étincelle dans ce sens) nourrit cette idée de collectif fonctionnant comme un être unique. 

Les dysfonctionnements viendront des éléments épars qui viennent gripper cette harmonie froide. L’une des femmes enceintes est une adolescente encore vierge et ne rentrant pas dans la caractérisation de couples installés et traditionnels des autres victimes. Ce sera la seule à perdre son enfant et du coup le déséquilibre puritain et bien humain (une grossesse avant le mariage, et même une souillure de l’idée d’Immaculée conception) vient infecter l’équilibre de l’Autre venu d’ailleurs. Ce nourrisson décédé brise alors la composition logique des enfants pensées aussi par couple, par pair. David, seul enfant amputé de sa moitié prédestinée sera celui qui parviendra à manifester des sentiments humains. Carpenter le souligne par l’image lors des fameuses scènes où il accompagne les déambulations des enfants en le plaçant seul en queue de file. Ensuite des dialogues subtils avec sa mère (Linda Kozlowski) et le médecin bienveillant incarné par Christopher Reeve - tous deux ayant perdus leurs compagnons respectifs, la singularité naît encore du déséquilibre - invitent progressivement les émotions sur le visage du jeune garçon prêt à suivre son propre chemin. 

C’est finalement si intéressant que les purs éléments fantastiques et les démonstrations de forces des enfants paraissent un peu ternes à côté. On aurait aimé au vu de l’approche intéressante voir les rapports des autres enfants à leur famille d’adoption, ressentir cette connexion impossible contrairement à David et rendre ainsi plus cathartiques et touchantes les mises à mort. Hélas dans sa dernière partie le film retrouve sa logique de série B, enchaînant les meurtres chez son casting de vieux briscards (Mark Hamill, Michael Paré, Kirstie Alley…) mais sans transcender certaines figures (le prêtre joué par Mark Hamill) ou situations clichées (la dernière partie façon Sorcières de Salem). 

Cette force dramatique existe tout de même grâce à la belle prestation de Christopher Reeve, mélange de force et de fragilité dans cette figure morale. Son interprétation habitée transcende vraiment certaines belles idées pauvrement exploitées comme ce mur mental que se façonne le personnage pour ne pas voir ses pensées lues par les enfants. Malgré ses imperfections, un remake très intéressant donc qui parvient à trouver sa propre voie. 

Sorti en bluray et dvd zone 2 français chez Elephant Films