Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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mardi 18 avril 2017

Mortelle randonnée - Claude Miller (1983)


Las, comme usé par la vie, Beauvoir, surnommé « l'Œil » par la pègre, travaille dans l'agence de détectives de Madame Schmitt-Boulanger. Des années auparavant, il avait une vie de famille et une petite fille prénommée Marie mais sa femme l'a quitté, emmenant avec elle leur fille qu'il n'a jamais revue et dont il ne conserve qu'une vieille photo de petite écolière. À l'occasion d'une enquête, il croise la route de Catherine Leiris, jeune femme instable d'une vingtaine d'années qui assassine et dévalise des hommes fortunés. Plutôt que de la dénoncer, « l'Œil » décide de la protéger et il va la suivre dans son périple meurtrier à travers l’Europe.

Mortelle randonnée sera l’occasion de reconstituer l’équipe gagnante de l’immense succès Garde à vue (1981) : Claude Miller à la réalisation, Michel Audiard à l’écriture et Michel Serrault pour l’interprétation. C’est au départ un sujet porté par Michel Audiard, séduit par le roman de Marc Behm dont il achète les droits puis se lance dans l’adaptation avec son fils Jacques Audiard pour leur première collaboration. C’est donc sans la contrainte ou la perspective concrète d’un projet que se fait l’écriture, le scénario étant imprégné de la noirceur de certains des derniers travaux d’Audiard (Mort d’un pourri (1977) ou Garde à vue justement). L’auteur a été en effet profondément marqué par la mort de son fils François dans un accident de voiture et ce deuil jamais cicatrisé imprègne tout Mortelle randonnée. Cette facette se verra appuyée lorsqu’Audiard confie le scénario à Michel Serrault ayant lui aussi perdu sa fille Caroline dans un accident de la route en 1977 - et là aussi un drame qui guidera ses choix vers des rôles plus sombres et ambigus. Claude Miller va apporter une part de mystère et de recherche formelle qui amènera une facette plus atmosphérique qui empêche le film de sombrer dans la pure veine dépressive.

L’intime se marie donc à la fiction par la manière fascinante dont le scénario et la mise en image dilue habilement le drame personnel des personnages. Dès la scène d’ouverture où L’œil (Michel Serrault) cherche sa fille sur une vieille photo de classe, la douleur et le manque se font ressentir. On les associe à la longue séparation du personnage de sa femme et sa fille mais logiquement au vu de son métier de détective il aurait sans doute pu aisément retrouver cette fille qui doit désormais avoir l’âge adulte. La manière obsessionnelle dont s’exprime ce manque dans l’attitude renfrognée et le soliloque à voix haute permanent de Serrault laisse donc deviner ce deuil plutôt que la simple distance. Néanmoins cette obsession intime va trouver un objet concret dans lequel s’exprimer quand dans le cadre d’une enquête, Serrault croise la route de la meurtrière caméléonne Catherine Leiris (Isabelle Adjani).

Celle-ci change d’allure, d’identité et d’attitude au fil des amants fortunés qu’elle détrousse et assassine dans un périple meurtrier et incertain à travers l’Europe. Là encore c’est le déroulement du récit qui laissera entrevoir les fêlures de Catherine qui s’enchâssent dans sa mythomanie. L’absence et la mort tragique qu’on devine de son père s’inscrit ainsi dans les rares confidences qu’elle livre à ses futures victimes. C’est le moment où le visage opaque et tout de séduction calculatrice s’estompe pour laisser voir le regard triste, la mélancolie de la fille paumée et solitaire. Cette « mortelle randonnée » est donc une manière de d’oublier et fuir son mal-être, tout comme Serrault en la poursuivant fait un transfert sur sa propre fille en âge d’être Catherine.

Claude Miller par les trous volontaire de sa narration (ellipses improbables, transitions déroutantes, effets de montage incongrus) nous plonge dans une ambiance rêvée fascinante où le visuel plutôt que le dialogue révèle la finalité du récit. La sophistication des images s’adapte ainsi constamment au nouveau personnage que s’invente Catherine, constamment contrebalancé par ses écarts sanglants. L’étudiante aux cheveux longs et à l’allure virginale est magnifiée par les lueurs de l’aube tandis qu’elle balance pourtant d’une barque le cadavre empaqueté de sa dernière victime. Plus tard la facticité publicitaire du cadre d’une cure thermale se révèle par un travelling marquant l’uniformité des figures féminines alanguies en maillot de bain noir. Là encore tout en arborant une même superficialité, Catherine se distingue par une folie intérieure qui n’explose que le temps d’un meurtre au rasoir lorgnant sur le giallo. Et à l’inverse le seul moment possiblement sincère lors de la romance avec le riche aveugle (Sami Frey) voit le raffinement de sa demeure opposée à une Catherine presque dénuée d’artifices, Pierre Lhomme baignant le visage aimant d’Isabelle Adjani dans une lumière diaphane.

Plus l’histoire avance, plus le poursuivant et la poursuivie s’enfonce dans le rôle qui les a conduit à cette situation. Michel Serrault comme pour compenser la protection qu’il n’a pu apporter à sa fille disparue qui son rôle d’observateur pour couvrir après coup tous les meurtres de Catherine. Lorsque la fuite en avant semble peut-être pouvoir s’arrêter, c’est lui qui provoquera plus ou moins volontairement les conditions du statu quo. Quand à Catherine, lasse de semer la désolation et la mort, elle semble comme rajeunir au fil du récit pour ne plus incarner que la jeune fille vulnérable et sans re(père)s et plus la vamp insaisissable. Sorti de quelques personnages truculents (le duo Guy Marchand/Stéphane Audran), le monde extérieur se fait de plus en plus artificiel et fantomatique pour ne plus laisser exister que cette connexion, implicite, télépathique et/ou concrète entre Isabelle Adjani et Michel Serrault. 

Les personnages finissent par tisser une interaction qui ouvrent des belles possibilités d’interprétations, notamment celle que l’un ou l’autre soit déjà mort et ait inventé son poursuivant/poursuivi pour préserver son équilibre mental. C’est une idée qui marque notamment la scène où ils brisent ensemble un barrage de police côte à côte. La séparation finale tragique n’est ainsi pas une acceptation du deuil mais une manière d’accompagner l’autre dans l’oubli et « rentrer dans la photo ». Le film sera malheureusement incompris à sa sortie et se verra reprocher son esthétique « publicitaire » marquée 80’s (Claude Miller délaissant cette voie formaliste pour revenir au récit intimiste par la suite) mais demeure un fascinant classique et une proposition singulière de film noir.

Sorti en bluray et dvd chez TF1 vidéo 

 

mardi 5 juillet 2016

Nelly et Monsieur Arnaud - Claude Sautet (1995)

Pour surmonter des difficultés financières et gagner son indépendance, une jeune femme, Nelly (Emmanuelle Béart) fait plusieurs petits boulots. Par l'intermédiaire d'une amie, Jacqueline (Claire Nadeau), elle rencontre dans un café un riche retraité, Pierre Arnaud (Michel Serrault), qui lui propose de dactylographier ses mémoires. Nelly accepte. Elle quitte son mari Jérôme (Charles Berling) et passe de plus en plus de temps avec Monsieur Arnaud. Elle entre ainsi en rapport avec Vincent (Jean-Hugues Anglade), qui se propose d'éditer le livre.

Avec cette œuvre sensible, troublante et feutrée, Claude Sautet conclut sa filmographie en apothéose avec Nelly et Monsieur Arnaud. Sautet avait exploré sous toutes ses formes la thématique de l’homme mûr indécis entre vulnérabilité et machisme traditionnel dans la société française en mutation des 70’s (Les Choses de la vie (1969) César et Rosalie (1972), Vincent, François, Paul... et les autres (1974), Mado (1976), Une histoire simple (1978)). Il parvint à totalement se réinventer dans les 80’s en capturant cette fois les tourments d’une jeunesse écorchée vive et en manque de repère dans les superbes Un mauvais fils (1980) et Quelques jours avec moi (1988) où il bousculait le ton austère et la forme maîtrisée de ses films précédents par une touche d’excentricité et de fougue où la sensibilité du drame ne s’estompait pas. Nelly et Monsieur Arnaud apparait à la fois comme une nouvelle mue tout en étant un aboutissement de ces deux axes de sa filmographie, représenté par les personnages-titres.

A travers l’amitié trouble se nouant entre la jeune Nelly (Emmanuelle Béart) et le riche retraité Monsieur Arnaud (Michel Serrault), c’est tout un pendant des personnages emblématiques de Sautet qui renaît sous une forme plus sobre. Pierre Arnaud représente ainsi au soir de la vieillesse les figures masculines ambitieuses et handicapées sentimentalement des 70’s. La biographie qu’il rédige retrace ainsi un parcours qui le vit passer du magistrat idéaliste à l’homme d’affaire froid pour aboutir à une vieillesse en solitaire, séparé de son épouse et voyant rarement ses enfants sans que cela ne semble l’affecter outre mesure. Nelly quant à elle, entre deux boulots précaire et une vie sentimentale sans but aboutissant d’entrée par une séparation d’avec son mari (Charles Berling) reprend la résignation en plus et la folle énergie en moins le relai des Patrick Dewaere et Daniel Auteuil pour cette jeunesse sans but. Nelly comme Monsieur Arnaud se satisfont, l’une par l’apathie, l’autre par l’indifférence, de leurs solitudes respectives. La reconnaissance polie de Nelly répond ainsi à la philanthropie détachée de Monsieur Arnaud lorsque ce dernier la secoure financièrement. L’évolution se fera lorsqu’ils se verront au quotidien pour rédiger les mémoires de Monsieur Arnaud.

La simple dictée de départ devient plus impliquante pour Monsieur Arnaud, tout comme la rédaction pour Nelly à travers leurs échanges. Michel Serrault alterne ainsi bonhomie et détachement de plus en plus forcé, perturbé qu’il est par cette jeune femme opaque. Sautet les oppose par leur positionnement à l’image, par le dialogue et par le jeu très différent de Michel Serrault et Emmanuelle Béart. Monsieur Arnaud arpente son bureau en tous sens quand Nelly reste figée à son bureau, soliloque sur sa vie tant dans la dictée de ces mémoires que dans des anecdotes plus personnelles qui n’y figurent pas alors que Nelly garde ses distances et est peu diserte. La construction du film inverse d’ailleurs en partie cette approche, les éléments du quotidien de Monsieur Arnaud n’intervenant presque toujours que dans le cadre de son appartement et sous le regard de Nelly (les coups de fils de sa femme, les visites étranges de Michael Lonsdale, la rencontre avec sa fille) quand cette dernière voit son quotidien bien plus fouillé (ses amis, son divorce, sa romance naissante) comme pour offrir un contrepoint à cette apparente froideur. 

Au fil des entrevues, le rapport change et l’ouverture à l’autre de chacun répond à cette caractérisation initiale. Monsieur Arnaud moins centré sur lui-même questionne sans succès Nelly sa vie et celle-ci par ses critiques et réflexion sur l’ouvrage qu’elle tape laisse deviner un intérêt, une proximité et finalement un attachement pour le vieil homme. Sautet procède par esquisses, l’évolution de Monsieur Arnaud faisant évoluer son caractère gentiment bougon par un semblant de jalousie quand Nelly nouera une liaison avec son éditeur (Jean-Hugues Anglade). Pour Nelly cela passe par le regard (on a le sentiment qu'elle lève soudainement enfin les yeux sur Monsieur Arnaud) d’Emmanuel Béart perdant peu à peu de sa nature indéchiffrable pour se faire plus tendre et finalement par le geste quand un massera Arnaud victime de douleurs lombaires. Le sommet de cette complicité sera une belle scène de dîner où Sautet traduit subtilement la reconnaissance et l’affection pour l’autre qui remplis si bien sa vie.

L’écart d’âge semble empêcher chacun d’envisager une possible romance ou en tout cas sa supposée attente se fera en décalage. Si Monsieur Arnaud lui fait retrouver confiance en elle, Nelly ira plutôt se jeter au bras de Jean-Hugues Anglade. Lorsque Nelly rompra (une scène de rupture glaciale et cruelle typique de Sautet) et fera enfin de son bienfaiteur un vrai confident, ce sera le moment où ce dernier décidera enfin de briser sa solitude casanière. Le désir et l’amour que ressentent les deux personnages ne s’expriment alors qu’avec ce mélange d’intimité et de recul. On pense à cette magnifique scène où Monsieur Arnaud observe Nelly dormir et n’ose toucher sa peau nue. 

La brusque séparation finale où les regards en disent plus que la timide étreinte est tout aussi poignante. La dernière scène inverse leur rapport à l’espace, en exprimant par l’image le regret de ce qui aurait pu être et le manque que l’on ressentira de l’autre. L’éternelle solitude se ressent avec cette fois un Michel Serrault figé en gros plan le regard perdu et cette fois Emmanuelle en mouvement arpentant d’un pas spectral une rue où le temps semble comme s’être arrêté. Entre amitié et romance inassouvie, Claude Sautet tisse un délicat entre-deux où ses héros ont toujours autant de difficultés  se livrer. Magnifique. 

Sorti en dvd zone 2 français et bluray chez Studiocanal 

Belle interview d'époque

 

dimanche 22 juin 2014

Le Roi de Cœur - Philippe de Broca (1966)


Fin 1918, les Allemands abandonnent Marville après l'avoir piégé en y cachant une bombe. Un soldat britannique, Charles Plumpick, est chargé de localiser la machine infernale et de la désamorcer avant qu'elle n'explose. Sur place, il découvre une cité bien évidemment désertée par ses habitants, à l'exception des pensionnaires de l'asile d'aliénés. Ceux-ci l'accueillent à bras ouverts ; ils reconnaissent en lui leur « roi de cœur. Plumpick se laisse séduire par ses nouveaux compagnons mais n'en oublie pas sa mission pour autant.

L'une des thématiques récurrentes de la filmographie de Philippe de Broca et en particulier dans ces premières œuvres, c'est la fuite du réel et de ses tracas pour une légèreté et un amusement perpétuel. Les personnages excentriques se réfugient ainsi dans l'oisiveté, la séduction, le marivaudage ou l'aventure dans des œuvres aussi diverses et bariolées que Les Jeux de l'Amour, Cartouche (1962), Le Farceur (1960) ou L'Homme de Rio avec le De Broca farfelu et insaisissable première manière mais aussi Le Magnifique (1973), L'Africain (1983) ou Le Cavaleur (1979) dans sa veine plus populaire qui suivra. Le réalisateur va encore plus loin avec Le Roi de Cœur où il fait littéralement l'éloge de la folie dans ce qui est souvent considéré comme son chef d'œuvre mais qui constituera aussi un de ses plus cuisants échecs commerciaux.

L'histoire se déroule à durant la Première Guerre Mondiale dans le village français de Marville sous occupation allemande où l'envahisseur sentant le vent tourner décide de partir mais non sans avoir piégé les lieux d'une bombe qui doit tout détruire le lendemain à minuit. L'armée britannique prévenue à temps décide d'envoyer son élément le moins qualifié mais qui a le mérite d'être le seul à parler français, Charles Plumpick (Alan Bates). Surprise une fois arrivé sur place pour notre soldat, le village est désert si ce n'est les troupes allemandes en embuscade et la seule aide qu'il peut espérer est celle des pensionnaires de l'asile local. Ils vont transformer la ville en immense terrain de jeu, insouciants au danger qui les menace, au grand dam de Charles. Le message du film peut se résumer en deux moments clés. Tout d'abord celui où Alan Bates traqué par les allemands se réfugie dans l'asile et se voit forcé de se mêler aux pensionnaires déjantés en s'autoproclamant "roi de cœur" afin de ne pas être démasqué. 

Il échappe à une mort certaine tout en étant adopté par les pensionnaires qui prendront ce titre au pied de la lettre pour en faire réellement le souverain de ce royaume des fous. L'autre scène cruciale nous introduisant dans cet univers décalé sera celle où Micheline Presle jouant une malade anonyme découvre sa blouse d'hôpital, ses traits pâles et fatigués en se regardant dans un miroir et opère à coup de maquillage et de costume une saisissante transformation en la bien plus flamboyante Madame Eglantine, extravagante tenancière de maison close. La folie semble par ces deux exemples constituer une protection face à un monde trop laid et dangereux, que ce soit par un subterfuge qui ne demande qu'à se concrétiser pour Alan Bates où un déguisement et une armure plus "consciente" de la part de Micheline Presle.

Alan Bates (dont les premiers rôles anglais ne laissaient pas supposer un tel gout de la fantaisie on aurait plutôt imaginé un Albert Finney) est absolument parfait en roi de cœur, partagé entre une nervosité le rattachant au réel et à sa mission et un regard lunaire où l'on devine une bienveillance puis une certaine envie envers l'insouciance de ces compagnons azimutés. Philippe de Broca fait reposer l'ensemble sur un suspense artificiel où Charles cherche l'emplacement du détonateur de la bombe dans le village mais le vrai enjeu est bien sûr de voir notre héros adopter la cause et philosophie de vie des fous. 

La description totalement loufoque et bd des deux armées entre clichés locaux et totale incompétences (les trois soldats lancés à la suite de Alan Bates géniaux d'idiotie et de couardise) désamorce tout notion de danger et rend cette folie latente poreuse, annonçant le final azimuté. De Broca replace enfin dans un contexte moderne la Fête des Fous (grande fête païenne et parfois religieuse du Moyen Age, où chacun se plaisait à endosser un rôle et inverser les statuts sociaux en place dans la réalité) où les malades adoptent dans un grand tourbillon de fantaisie le rôle de notables déjantés du village. 

Le casting est extraordinaire et s'en donne à cœur joie dans l'excès et les performances outrancière : Michel Serrault en coiffeur précieux (et qui semble préparer les écarts de La Cage aux folles), Pierre Brasseur en général Géranium, Jean-Claude Brialy élégant et distingué duc de trèfle ou encore un hilarant Julien Guiomar en homme d'église, le bien nommé Monseigneur Marguerite. A travers le personnage d'Alan Bates, le regard sur les fous se fait distant, amusé puis attendri, notamment par le personnage à la troublante candeur joué par Geneviève Bujold. Sous le charme dès le premier regard, Charles comme pour signifier sa résistance au lâcher prise de la folie douce voit chaque moment intime avec Coquelicot (Geneviève Bujold) interrompu par une péripétie quelconque. 

Le rythme finit par se ralentir, l'arrière-plan guerrier se fait oublier et l'ensemble de plonger dans une douce fantaisie. Le regard se fait lointain une dernière fois lorsque Charles à l'occasion de sauver sa peau mais se refuse à abandonner les fous à leur sort. Des fous qui dans leur égarement gardent pourtant une certaine lucidité quant à leur temps et espace d’expression lorsqu’il ne suivent pas Charles à l’extérieur de la ville et comprennent à la fin que la fête est finie en rentrant d’eux même à l’asile sur l’entêtant thème principal de Georges Delerue qui alterne mélancolie et envolées pétaradantes avec brio.

Visuellement de Broca délivre une de ces œuvres les plus abouties. Les compositions de plan sont absolument somptueuses, laissant s'exprimer un surréalisme décalé dans sa nature anachronique et où peut s'inviter de pur moments de poésie à l'image de cette scène où Coquelicot rejoint le bâtiment où se trouve Charles en traversant une rue en trapèze. On retrouve souvent ce côté aérien qui faisait l'attrait du Farceur, voyant le héros surplomber les toits de cette ville fantôme (et le Paris désert des aurores pour le Jean-Pierre Cassel du Farceur) de toute sa légèreté d'esprit.

Le cadre de Senlis avec ses ruelles anciennes, ses remparts gallo-romains et médiévaux et sa cathédrale gothique sont magnifiquement mis en valeur par de Broca, la photo de Pierre Lhomme nous plongeant dans une atmosphère bariolée et rêvée offrant des confrontations déroutante avec le réel lorsque surgissent les engins militaires dans cet espace. 

On devine également l'amour que portait très certainement le réalisateur à La Kermesse héroïque (1935) de Jacques Feyder dans sa façon de désamorcer les clivages par la farce et la bonne humeur par le final paillard et dionysiaque avec les soldats britanniques. Mieux vaut cette folie euphorique que la violence perpétuelle des hommes semble nous dire de Broca, l'asile constituant un inattendu foyer et havre de paix dans la magnifique conclusion. Assumant pour la première fois la production d'un de ses films dans cette œuvre très personnelle, le réalisateur sera très marqué par son échec public dont il offrira une relecture plus "acceptable" avec Le Diable par la queue (1968). Pourtant le film sort l'année suivante au Etats-Unis où il connaîtra une bien plus grande reconnaissance et deviendra un film culte, connaissant même une transposition en comédie musicale.

Sorti en dvd zone 2 français chez TF1 mais l'édition est épuisée et dure à trouve à prix acceptable, sinon c'est également disponible en dvd zone 1 MGM dans un dvd assez moyen (et sinon le film semble entièrement sur youtube en dernière solution)

samedi 8 février 2014

La Gueule de l'autre - Pierre Tchernia (1979)

Lors de sa campagne électorale, un homme politique prend peur à l'annonce d'un tueur évadé qui en veut à sa personne. Il engage un sosie, acteur raté, qui n'est autre que son cousin.

La Gueule de l'autre est le troisième film de Pierre Tchernia après les cultissime Le Viager (1971) et Les Gaspards (1974). Il perd sur ce nouveau film un partenaire majeur de ses premières réussites à savoir René Goscinny dont la fantaisie et les idées loufoques manquent un peu ici. L'esprit caustique de Tchernia est par contre intact avec cette histoire mettant joyeusement en boite les mœurs et la corruption politique. Michel Serrault (acteur fétiche de Tchernia) tiens ici le double rôle de Martial Perrin, chef politique en vue et engagé dans une élection imminente et celui de son cousin Gilbert Brossard, acteur raté et sosie ayant toujours vécu dans son ombre. Egocentrique, arrogant et détestable dans la peau du politicien aux dents longues, Serrault retrouve tout l'esprit lunaire et la drôlerie du vieillard du Viager lorsqu'il incarne le maladroit Gilbert Brossard et Tchernia reprend d'ailleurs ici ce même thème du naïf faisant la nique aux esprits malavisés qui l'entoure par sa seule innocence.

L'inévitable échange interviendra lorsque Perrin fuyant un tueur lié à un passé louche l'ayant vu s'enrichir à Djibouti envoie son cousin en représentation à sa place pour faire une cible idéale. Le scénario de Jean Poiret évite le piège trop facile de la fable à la Capra où le politicien d'opérette se découvrirait une vocation humaniste (le seul moment allant dans ce sens étant une hilarante séquence de débat télévisé où Broussard ridiculise son adversaire par sa seule connaissance des prix de produits au supermarché) et préfère promener son héros ahuri dans une corruption ambiante savoureuse.

Serrault se délecte à révéler la lâcheté ordinaire de Perrin (se cachant du sniper potentiel derrière ses militants en plein meeting) et le récit est truffé de moment montrant un envers moins lisse et respectable jusque dans le quotidien ordinaire des pontes avec notamment une Andréa Parisy en épouse bourgeoise adepte du SM.

Les quiproquos et interversion sont nombreux et inventifs, quelques gags absolument irrésistible (Broussard mimant un discours préenregistré) et les seconds rôles venus faire une apparition clin d'œil multiples (Dominique Lavanant, Michel Blanc, Roger Carel...) mais il manque tout de même le sens du rythme et le petit grain de folie qui faisait le charme des premiers films et les rendaient intemporels. Là on est plus dans une tradition franchouillarde (les précédents jonglant entre cette facette et un côté plus universels) bien menée (Poiret en plus du scénario est excellent en conseiller plein de ressources) que rehaussée par Pierre Tchernia et Michel Serrault. Sympathique tout de même.

Sorti en dvd zone 2 français chez Studio Canal

Extrait

dimanche 2 juin 2013

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme - Laurent Bouhnik (2003)


Au début du XXe siècle, dans un casino de la Riviera, Marie Collins-Brown, une femme irréprochable, va vivre avec Anton, un joueur incorrigible, les 24 heures les plus intenses de sa vie. En voulant le sauver, elle s'enchaîne à un démon. Vingt ans plus tard, cette même femme, qui s'était enfermée dans le silence, confie son secret à un adolescent révolté par la mauvaise conduite de sa mère. A l'aube du troisième millénaire, Louis, l'héritier du secret, est devenu un vieil homme désabusé qui ne pense plus qu'à sa fin prochaine. Il fait par hasard la rencontre d'Olivia, une jeune fille qui le déroute par sa beauté et sa vitalité.

Après deux premiers films durs et ancrés dans une certaine réalité (Zonzon en 1998 et 1999 Madeleine en 2000) Laurent Bouhnik opérait un spectaculaire changement de registre en s'attaquant au classique romanesque de Stefan Zweig. On est cependant loin de l'adaptation en costume guindée dans manière d'aborder le récit sur le scénario qu'il coécrit avec un Gilles Taurand plutôt aguerrit à cette fibre romanesque. Le court roman de Stefan Zweig narrait comment un scandale de mœurs (une femme quittant brusquement son mari pour un inconnu du jour au lendemain) amenait les confidences d'une vieille femme à un jeune homme qui avait osé défendre l'épouse indigne.

On plongeait ainsi à travers les pensées intimes de cette héroïne, son émotion passée et présente face à une courte et intense passion qui la marqua à vie. Bouhnik étend le champ du récit en ajoutant un épisode contemporain au roman de Zweig et surtout en changeant la nature du personnage principal. Le réalisateur nous implique plus émotionnellement en faisant du confident le fils de la femme adultère disparue et rend ainsi plus "logique" la façon qu'à cette dame de se livrer à lui.

Ce personnage devient notre guide à travers les époques et témoin de ses vingt-quatre heures qui virent le destin d'une femme basculer : l'héroïne malheureuse de Zweig, sa propre mère et la jeune fille incarnée par Bérénice Bejo à l'époque moderne où le jeune homme est à son tour devenu un vieillard incarné par Michel Serrault. Les trois époques se situent sur ces mêmes lieux de la Riviera avec sa plage et ses casinos, renforçant le mimétisme entre les époques.

Sur le papier c'est donc un parti pris très ambitieux et attrayant mais l'exécution pèche un peu. Si l'on ne s'attendait bien sûr pas à ce que la partie moderne égale l'intensité dramatique de l'intrigue de Zweig, là on tombe de haut tant l'ensemble est quelconque et presque vulgaire (le petit ami bas du front de Bérénice Bejo...). Les thématiques sont pourtant intéressantes (Serrault poursuivant le fantôme d'une histoire d'amour flamboyante qu'il n'a vécu que par procuration), l'énergie juvénile de Bérénice Bejo rafraîchissante tout comme la mélancolie de Serrault et une vraie atmoshère mélancolique se dégage. Mais le dilemme de cette partie moderne est trop anodin pour captiver et les prologues et épilogue sont assez poussifs et finalement pas très utile.

C'est d'autant plus dommage que quand Bouhnik s'attaque uniquement à l'intrigue du livre, il est vraiment inspiré. L'illustration stylisée du cadre de la Riviera est très réussie, entre la sophistication du décor du casino où se jouent des sentiments contradictoires et les extérieurs ensoleillés chargé d'une nostalgie et d'un romantisme qui ne demande qu'à s'épanouir. Agnès Jaoui est fabuleuse, son visage éteint progressivement ranimé pour la folie d'un homme et Bouhnik capture bien la naissance de cette passion par une belle transposition des instants les plus forts du livre tel cette longue observation des mains des joueurs compulsifs.

L'actrice retranscrit bien la passion qui s'ignore au cœur du livre où la narratrice cherche autant à sauver le joueur suicidaire qu'à s'abandonner dans ses bras, par la voix off et surtout par une scène d'amour intense en forme de combat pour la survie. Atout de taille, la bande originale de Michael Nyman est aussi flamboyante que celles mémorables de La Leçon de Piano et La Fin d'une liaison (1999). Le compositeur exprime avec autant de grâce la facette purement romantique que celle plus aérienne et complexe liant les époques, plus que les images en tout cas.

Tous les autres moments forts du roman (le serment à l'église puis la terrible disgrâce finale) sont superbement mis en image par Bouhnik vraiment inspiré pour magnifier la Belle Epoque. Finalement une adaptation qui aurait gagné à être plus littérale tant toutes les tentatives d'appropriations de Bouhnik échouent dans l'ensemble... Un film comme The Hours (2003) qui tentait le même pari avec le Mrs Dalloway de Virginia Woolf était bien plus réussi. Curieux de voir la version avec Danielle Darrieux réputée la meilleure.

Sorti en dvd zone 2 aux Editions  France Télévisions

vendredi 16 mars 2012

Le Viager - Pierre Tchernia (1972)


En 1930 à Paris. Léon Galipeau, médecin généraliste à la compétence discutable, ausculte Louis Martinet, célibataire de 59 ans. Persuadé que son patient n'a que deux ans tout au plus à vivre, Galipeau convainc son frère Émile d'acquérir en viager la maison de campagne que possède Martinet dans un petit village de pêcheurs inconnu : Saint-Tropez. Confiants dans leur affaire, les deux frères acceptent même d'indexer la rente viagère sur le cours d'une valeur pensent-ils sans avenir : l'aluminium. Alors que les années passent, non seulement Martinet garde bon pied bon œil mais encore reprend-il vigueur et entrain sous le soleil du Midi.

C'est un véritable coup de maître comique que signait Pierre Tchernia avec sa première réalisation Le Viager. Le pitch est aussi simple que savoureux. Le vieil ouvrier usé et condamné Louis Martinet (Michel Serrault) va donner du fil à retordre à la famille Galipeau qui avait acquis sa maison de campagne en viager. L'air de la campagne ragaillardi le vieillard de plus en plus vigoureux tandis que l'investissement s'avère désastreux pour les Galipeau qui dans leur grande assurance avait indexé la rente sur la valeur (hélas) montante de l'aluminium. Autour de cet argument, Pierre Tchernia et son scénariste René Goscinny tissent un récit ludique, drôle et sacrément grinçant.

La simplicité et la gentillesse de Léon Martinet s'oppose ainsi constamment à l'arrogance des Galipeau dans une histoire survolant les soubresauts de l'Histoire du début des années 30 jusqu'au 70's. On jubile donc devant les prédictions hasardeuses et délivrées avec aplomb par Léon Galipeau (Michel Galabru) sur la Guerre d'Espagne, le Front Populaire ou la ligne Maginot ponctué d'un sentencieux et hilarant Faites-moi confiance !. Tchernia accentue cette dimension comique en accentuant la chance et la résistance insolente de Martinet mise en parallèle avec la poisse et la déchéance des Galipeau.

Cela fonctionne à l'ironie (Martinet indestructible face à la vie nocturne parisienne quand l'épouse Galipeau succombera peu après à un infarctus), le burlesque pur avec des rebondissements finaux digne de Tueurs de Dame (la rambarde sciée énorme !) et une touche caustique grinçante irrésistible où les finalement peu recommandables ont toujours un train de retard avec le monde qui les entoure lors de dénonciations pour les mauvais motifs à l'Occupation et la Libération.

La naïveté et la bienveillance de Martinet (qui profite de son énergie retrouvée pour aider les autres) le sauve en toute circonstance tandis que les mauvaises intentions des Galipeau les desservent dans des proportions de plus en plus énorme pour notre plus grand plaisir dans cette lutte des classes revues et corrigée. Les duettistes Tchernia/Goscinny relancent constamment l'intérêt à coup d'idées narratives brillantes comme l'explication enfantine du viager dessinée par Gotlib ou la paranoïa française des espions allemands traduite par un Serrault nazi grimé en nonne, portier, instituteur (et le summum lorsqu'il demande de la place pour photographier les plans de l'état-major français).

Michel Serrault en petit vieux candide et bon pied bon œil offre un très grand numéro comique et est attachant de bout en bout, s'opposant parfaitement au survolté et fourbe Michel Galabru mais c'est tout la tribu Galipeau qui prête à rire quel que soit leur temps de présence comme Noel Rocquevert (dans son dernier rôle) en grand-père peu friand de boudin blanc. Et la chute avec la dernière génération Galipeau incarné par Claude Brasseur en loubard (et des apparitions de Gérard Depardieu et Jean Richard) conclu le tout en feu d'artifice, littéralement... Grand moment !

Sorti en dvd chez Citel Vidéo ou chez Studio Canal dans un coffret Tchernia comprenant "Les Gaspards" (déjà évoqué ici) et "La Gueule de l'autre" (bientôt sans doute en ces pages !).

Extrait avec Galabru le visionnaire ^^

dimanche 4 mars 2012

Les Gaspards - Pierre Tchernia (1974)


Jean-Paul Rondin est libraire à Paris, près du Panthéon. Il est mécontent car sa boutique est située près d'un chantier de rénovation de la ville ordonné par le Ministre des Travaux Publics. Mais un soir, la fille de Rondin disparaît après avoir quitté son groupe d'amis. Le commissaire Lalatte, que Rondin est allé voir, pense qu'il s'agit d'une fugue. Mais cette disparition n'est pas la première : d'autres personnes ont disparu, dont vingt touristes qui étaient venus visiter les catacombes. En plus, des objets disparaissent des musées et des aliments sont volés.

En ce début des années 70 Paris est une ville en pleine transformation réduite à un gigantesque chantier, phénomène qui n'est pas sans provoquer quelques réactions. C'est sur ce postulat que Pierre Tchernia va nouer avec son compère Goscinny une intrigue ludique où les chantres d'une modernité excessive et frénétique (Charles Denner génial en ministre pédant et mégalo) vont s'opposer à des nostalgiques plus ou moins mesurés d'un ancien Paris plus paisible et champêtre.

Le générique animé moquant les chantiers en pagaille envahissant Paris s'oppose ainsi à la première scène de Michel Serrault montrant à un client de sa librairie quelques photos du vieux Paris. L'histoire repose sur un mystère amusant et improbable où la ville est en proie à des disparitions incongrues d'objets, de personnes toutes liées au sous-sol parisien : caves à vins fermées à clés qui se vident de leurs meilleurs crus, légumes aspirés dans le sol, cyclistes et touristes se volatilisant en visitant les catacombes...

Lorsque sa propre fille est enlevée le libraire et historien Jean-Paul Rondin s'engage alors courageusement dans les profondeurs pour la retrouver. Là il va trouver une étrange communauté, "Les Gaspards", qui a fui le béton et les bruits de la ville pour vivre une existence paisible et libertaire. Le gout de la bonne chair, du vin et des arts répond ainsi à la frénétique et froide modernité aseptisée du monde du dessus. La folie des travaux du ministre menace cependant cette quiétude mais le meneur Gaspard de Montfermeil est prêt à mener haut l'insoumission.

Tchernia parvient avec brio à mêler des thèmes intéressant à son postulat loufoque. Le réalisateur parvient très bien à rendre le côté oppressant de cette ville envahie par les grues et les bulldozers en allant du plus petit (la pollution sonore et visuelle de la libraire de Rondin prêtant à de nombreux gags) au plus grand avec ces plans d'ensemble où les véhicules de constructions font disparaître et rendent méconnaissables le paysage.

A l'opposé et assez paradoxalement d'ailleurs le monde sous-terrain des Gaspards semble plus ample et aéré que l'extérieur, le seul lieu du film où on peut réellement traverser un décor dans sa largeur avec ses immenses carrières. Tchernia multiplie les visions décalées et poétique comme cette plante poussant sous l'éclairage d'un ancien puits et ne s'embarrasse pas d'un réalisme malvenu.

L'existence des Gaspards est celle de tous les possibles et relève du conte dans leur manière de communiquer et se nourrir des ressources de l'extérieur tel des lutins ou farfadets des forêts vivant à l'insu des hommes. Tchernia et Goscinny voilent d'ailleurs d'un amusant mystère les capacités des Gaspards en début de film avant d'assaisonner le tout de gags irrésistibles par la suite : Serrault qui s'échappe en surgissant d’une tombe en plein enterrement, l'attentat contre le ministère rendant la bâtisse bancale.

Au final ces bons vivants à la communauté paisible semblent bien moins dangereux que ce ministre prêt à entourer Notre Dame de deux affreux buildings. Philippe Noiret apporte toute la nonchalance et bonhomie voulue à son Gaspard et délivre une prestation savoureuse. Michel Serrault (déjà du précédent Tchernia Le Viager et acteur fétiche de celui-ci) est tout aussi bon et apporte une nature plus mesurée mais non moins passionnée avec le personnage de Rondin.

Le casting est d'ailleurs un joyeux patchwork des grands seconds rôle français de l'époque venu s'amuser pour un temps de présence plus ou moins long : Michel Galabru en commissaire, Annie Cordy, Jean Carmet, un tout jeune Gérard Depardieu, Roger Carel, Gérard Hernandez... Un très bon moment qui incite à creuser plus en avant la filmographie de Pierre Tchernia.

Sorti en dvd chez Studio Canal

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