Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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samedi 28 juillet 2012

À chacun son destin - To Each His Own, Mitchell Leisen (1946)


Pendant la seconde guerre mondiale à Londres, Joséphine Norris, quadragénaire, pense retrouver en la personne d'un jeune officier américain le fils qu'elle a abandonné en 1917.

To Each His Own est le film de l'émancipation pour Olivia de Havilland qui, sortie vainqueur du conflit qui l'opposait à la Warner libère les acteurs des contrats contraignant qui les liaient aux studios et désormais dispose d'un choix plus autonome de ses rôles. Grand mélodrame et beau Women Picture, À chacun son destin doit donc grandement à la détermination de Olivia de Havilland qui ira chercher celui qui sur tirer d'elle sa plus belle performance dans Par la porte d'or (1940), Mitchell Leisen. Peu emballé au départ par ce script excessivement mélodramatique de Charles Brackett selon lui, il le remaniera grandement afin d'obtenir le résultat souhaité (l'identité de Olivia de Havilland se révèle à son fils de manière plus simple et belle que la longue série d'explications du script originel) et finira par réellement s'enthousiasmer pour ce qui est un de ses plus beaux films.

Le film s'ouvre dans un Londres plongé en plein blackout où déambule une quadragénaire qui ne s'en laisse pas compter, Joséphine Norris (Olivia de Havilland). En charge avec un autres citoyen (Roland Culver) de surveiller le ciel d'éventuels attaques aérienne en cette soirée du jour de l'an, on découvrira qu'elle n'a guère d'autres occupation que ce devoir qu'elle assume volontiers. Si on devine une blessure secrète sous ce caractère solitaire, on ne verra son regard réellement s'illuminer que lorsqu'on lui signalera l'arrivée d'un train très attendue à la gare. Qui est le mystérieux passager qui semble dérider ainsi cette femme en apparence si dure ? La narration en flashback va nous le révéler.

Plus de vingt ans plus tôt, encore jeune fille aux Etats-Unis, Joséphine tomba folle amoureuse du séduisant pilote de l'armée Bart Cosgrove (John Lund dans le double rôle de l'amant et du fils) de passage dans sa petite ville. Leisen filme avec une grâce infinie ce qui sera l'instant le plus romantique de la vie de cette femme.

Toute la beauté de ce moment idéalisé est entièrement soumise au regard et au souvenir émerveillé de Joséphine, les éléments plus grinçants (l'attitude cavalière du pilote qu'on imagine bien séduire une jeune femme dans chaque ville où il défile mais qui semble de plus en plus sincère) s'estompant sous la force des moments sentimentaux avec cette déclaration d'amour dans les airs et ce baiser dans la nuit noire à l'atterrissage.

De cette brève romance, Joséphine va pourtant garder plus qu'un souvenir, elle est tombée enceinte. Dans cette Amérique provinciale et moralisatrice, rien de plus mal vu qu'une fille-mère sans mari et Joséphine va tenter de garder son enfant tout en échappant à la vindicte populaire en usant d'un stratagème lui permettant d'adopter son propre fils. Malheureusement un concours de circonstance fait tomber le nourrisson dans la famille d'une femme l'ayant toujours considéré comme une rivale. Dès lors, condamnée à aimer son fils à distance elle lui consacrera tous ses efforts, fera tous les sacrifices pour lui sans qu'il soupçonne même son existence.

Olivia de Havilland délivre une performance magnifique, autant dans la jeunesse de cette maternité entravée que dans l'âge mûr (son vieillissement est une vraie réussite au maquillage) et ses tentatives désespérée de rattraper le temps perdu. Toute la détermination du personnage, son ascension sociale et ses réussites ne sont là que pour renouer avec cette jeunesse qu'elle n'a pas vécue, cette brève romance qu'elle a à peine vécue et ce rôle de mère dont elle a été privé.

Le scénario, de cruelles désillusions (les brèves retrouvailles où le garçonnet ne la connaissant pas la repousse) en séparations douloureuses (le terrible renoncement de départ) ne ménage pas notre héroïne dont le sens du sacrifice et la dévotion maternelle infinie n'en sera que décuplée par la grâce de la mise en scène de Leisen et la prestation poignante de Olivia de Havilland (qui y gagnera son premier Oscar). On pardonnera l'épilogue qui tire un peu en longueur, puisque la récompense tant attendue y est enfin au bout du chemin. I think this is our dance, Mother.

Sorti en dvd zone 2 anglais et sans sous-titres.

jeudi 26 juillet 2012

Arise my love - Mitchell Leisen (1940)

Condamné à mort par les Franquistes, Tom Martin - pilote américain engagé dans les Brigades internationales - attend son exécution. C'est alors qu'on lui annonce une incroyable nouvelle : sa femme vient d'obtenir sa libération ! Tom, stupéfait car il n'a jamais été marié, découvre cette providentielle épouse dans le bureau du directeur de la prison. Elle se précipite dans ses bras et lui chuchote qu'elle s'appelle Augusta Nash, qu'elle est journaliste et que son stratagème, qui lui fournira la matière d'un reportage, va lui sauver la vie.

Arise my love partage avec Le Dictateur de Chaplin et To be or not to be de Lubitsch (rappelons que ce dernier bien que sorti en 1942 fut tourné avant l'engagement des USA dans le conflit) un propos engagé sur les évènements dramatiques se déroulant alors en Europe alors que les Etats-Unis ne sont pas entré en guerre et que l'opinion publique est contre une telle initiative. Leisen est loin d'atteindre le portée de la fable de Chaplin ou de la farce de Lubitsch, la faute à un script quelque peu déséquilibré dans ses ruptures de ton (on passe de la screwball comedy la plus enlevé au pur mélodrame sans transition ou presque), quelques soucis de rythme et un propos parfois assez lourdement asséné. Malgré ses défauts, le film n'en est pas moins prenant et touchant par ce choix de la comédie romantique pour affirmer son propos.

Les vingt premières minutes assez ébouriffantes nous induisent autant en erreur sur le ton du film (on pense voir une grosse comédie d'espionnage) qu’elles définissent intelligemment le caractère des héros. Pilote américain engagé dans la guerre d'Espagne, Tom Martin (Ray Milland) attends avec dépit son exécution imminente quand un salut inattendu va lui faire échapper au châtiment. Il prend les traits élégant d'Augusta Nash (Claudette Colbert) journaliste en quête de scoop qui à force de persuasion et séduction est parvenue à le faire gracier en se faisant passer pour son épouse. On rit donc bien fort à la maladresse des "retrouvailles" forcés du faux couple et de la bêtise des autorités espagnoles puis on vibre au gré d'une course poursuite sur terre et dans les airs lorsque la supercherie est découverte et que nos héros doivent quitter le pays au plus vite.

On voit immédiatement ce qui rapproche les deux personnages à travers ce mélange d'ambition, d'engagement et de recherche d'adrénaline. Révolté par la montée en puissance du nazisme, Tom Martin devine la guerre imminente et inéluctable et souhaite en être en rejoignant l'armée polonaise déjà sous la menace de l'invasion allemande. Augusta voit elle dans les évènements un moyen de mener une carrière de de journaliste chevronnée qui la fera définitivement quitter les pages mode. Tous ses projets vont se trouver bien ébranlés lorsqu'ils vont tomber amoureux.

On patine un peu à la mi- film dans le traitement de l'histoire d'amour, hésitant constamment entre la légèreté de l'ouverture et le ton plus dramatique de la dernière partie. Heureusement le charme des acteurs fait la différence avec quelques savoureuses situations, que ce soit ce dialogue à double sens osés où Claudette Colbert propose divers emplacement de la chambre de Milland pour prendre une photo (quand lui pense éberlué par tant d'audace qu'elle cherche le meilleur endroit de la pièce s'ébattre avec lui you're too scientific) ou une délicieuse scène de dîner où elle lui donne les clés involontairement pour la séduire, charmant.

Les évènements vont finalement brutalement rattraper le couple, Leisen captant fort bien la débâcle européenne et l'impossibilité physique (spectaculaire scène de naufrage) comme morale de s'en extraire. C'est un peu là que le bât blesse, tant que ce message est lié aux héros en mouvement (magnifique moment où Claudette Colbert abandonne son cynisme pour montrer sa peur) mais devient très lourd lorsqu'ils sont plus isolés dans le film (Claudette Colbert qui en préparant son interview d'Hitler lit Mein Kampf puis le jette par la fenêtre du train) notamment le final où il tue un peu l'émotion à portée de main.

A la place d'une belle scène de retrouvailles finale, on a ainsi une grande envolée patriotique de Colbert signifiant bien que le combat continue. Un traitement forcément conditionné par le contexte et si on a connu Billy Wilder plus subtil, au vu de son passé on comprend l'accent mis sur ce point dans le script qu'il signe avec Charles Brackett. Film intéressant auquel on peut préférer Lune de miel mouvementé de Leo McCarey, assez voisin et plus équilibré entre divertissement et message.

Sorti en dvd zone 2 français chez Universal dans leur nouvelle collection "Les Etoiles d'Universal" uniquement achetable sur leur site.

Extrait

mercredi 18 avril 2012

La Vie facile - Easy Leaving, Mitchell Leisen (1937)


Au cours d'une dispute conjugale, un banquier milliardaire et coléreux jette la veste de zibeline de sa femme par-dessus le balcon de sa luxueuse demeure. Le manteau atterrit sur Mary, une jeune employée pauvre et honnête qui passait par là. Cette dernière cherche à le restituer mais Mr Ball, bon prince, lui offre et l'accompagne en voiture chez un modiste de luxe. Aussitôt les gens jasent et les malentendus s'accumulent joyeusement.

Easy Living est une screwball comedy des plus furieuses et inventive où s'annoncent déjà le sens du chaos et l'hystérie des futures réalisations de Preston Sturges. Celui-ci signait là le premier scénario du contrat qui le liait alors à la Paramount, remaniant de fond en comble une histoire à l'origine écrite par Vera Caspary. Le exécutifs du studio gouteront peu ton survolté de son script et malin Sturges le délivrera en main propre à Mitchell Leisen qui séduit lance aussitôt la production du film, les deux hommes signant ensemble plus tard le beau mélo Remember the night.

Comme pas mal de grandes comédies de l'époque (Les Invités de huit heures de Cukor, Mon homme Godfrey de Gregory La Cava), Easy Living est un film où sous la légèreté plane le spectre de la crise des financière des années 30 (et sans doute ce qui reste de plus significatif du premier jet de Vera Caspary qui vécut durement cette période-là). Tous les traits d'humour et rebondissements reposent donc sur la condition financière apparente ou supposée des personnages et ce dès l'entrée en matière hystérique. Le richissime banquier J.B. Ball (Edward Arnold) y arpente furibard sa luxueuse demeure en hurlant après domestique, femme et enfant sur le gaspillage qu'il constate de toute part.

C'est une de ses colères qui lance l'intrigue lorsqu'il jette par la fenêtre une fourrure hors de prix acheté par son épouse. Le manteau tombe sur la tête de Mary Smith (Jean Arthur) une modeste employée passant par là. Celle-ci s'empresse de venir le rendre mais Ball trop heureux du mauvais tour joué à sa femme l'enjoint à le garder et lui achète même un chapeau dans une boutique de luxe. Dès lors l'entourage suspecte une liaison entre eux ce qui va entraîner une drôle de réaction en chaîne...

Le film est propice à de grands numéros comiques et de charme des attractions principales du casting, Edward Arnold et Jean Arthur. Le premier signe une prestation bougonne et colérique absolument déjantée, entre son phrasé mitraillette, son timbre de stentor et ses manières d'ours mal léché est aussi imposant qu'attachant. Quant à Jean Arthur elle demeure la star hollywoodienne la plus attachante et au charme le plus contagieux. Elle est ici à croquer en jeune écervelée au caractère bien trempé et enchante de bout en bout par sa candeur irrésistible.

L'intrigue prend en effet un tour délicieusement scabreux quand divers personnages supposant sa liaison avec le puissant banquier lui propose cadeau et avantages de plus en plus extravagants en échange de faveur sans qu'elle ne se doute de rien. Le plus insistant est le propriétaire d'hôtel en faillite Louis Louis (Luis Alberni tout aussi excité que ses collègues, les déboires de son personnage s'inspirant du réel flop des Waldorf Towers au moment de leur ouverture à l'époque ) pour une série de quiproquos tordants.

On sent vraiment l'influence de Sturges que ce soit le jeu à la fois comique et tragique sur la condition difficile de Jean Arthur (lorsqu'elle cherche un sous pour s'acheter de quoi manger) qui annonce Les Voyages de Sullivan mais aussi les dérapages incontrôlés où le chaos est en marche comme ce restaurant qui finit dévasté ou encore le final dans la banque et là c'est notamment la folle séquence des chasseurs en train de The Palm Beach Story qui vient en tête.

Sous ce déchaînement parvient à se glisser une bien jolie histoire d'amour entre les attentes complémentaires de celui qui se cherche une carrière (Ray Milland excellent en fils à papa perdu) et celle qui se cherche une vie (Jean Arthur) l'alchimie entre fonctionnant idéalement en quelques séquences tendres et amusantes (le baiser sur le canapé et le petit regard de Jean Arthur qui suit toute résistance est inutile, le gag de la baignoire géante). Un souffle de fantaisie et d'humour qui fait un bien fou.

Sorti en dvd zone 1 chez Universal et doté de sous-titres français


vendredi 10 février 2012

Par la porte d'or - Hold Back the Dawn, Mitchell Leisen (1941)


Un gigolo roumain, George Iscovescu, bloqué à Tijuana au Mexique par les services d'immigration américains n’a qu’un rêve, franchir « la Porte d’or » qui mène aux Etats-Unis. Il doit être naturalisé et pour cela il est prêt à tout. La providence vient en la personne d’Emmy Brown une naïve institutrice bloquée dans la petite ville mexicaine par une panne de voiture. George décide de la séduire. Très vite il l’épouse avec l'intention de divorcer une fois la frontière franchie en tant qu’américain. Ses ennuis vont commencer quand il va réaliser qu'il est réellement amoureux d'elle.

Mitchell Leisen signe là un bien beau film où il bénéficiera pour la dernière fois des talents du fameux duo de scénaristes formé par Billy Wilder et Charles Brackett. Le film reste en effet célèbre pour avoir vu le torchon brûler entre Mitchell Leisen et un Billy Wilder las de voir ses scripts (qui en avait signé deux pour Leisen, La Baronne de Minuit et Arise my love) constamment remaniés à leur convenances par les acteurs, producteurs et réalisateurs impliqués. Ici une des sources du conflit sera le refus de Charles Boyer de suivre l'idée initiale qui était de le voir narrer son histoire en flashback à un cafard (remplacée par une intro façon mise en abyme à Hollywood avec Leisen dans son propre rôle en confident de Boyer) .

Wilder et Brackett se vengeront en donnant les meilleurs dialogues à Olivia de Havilland (à vrai dire la prestation de Boyer n'en souffre guère) tandis que Leisen interdira Wilder de plateau durant le tournage. Le film ne souffre pas de cette gestation houleuse (si ce n'est quelques petits problème de rythme) et chacun suivra son chemin avec succès tel Billy Wilder qui passe à la réalisation dès l'année suivante avec Uniformes et Jupons Courts.

Le script est un d'un équilibre idéal où le cynisme cède progressivement au romantisme le plus sensible. Le pitch est plutôt original. Après avoir écumé les palaces d'Europe, l'escroc/gigolo roumain George Iscovescu (Charles Boyer) cherche à rejoindre les Etats-Unis où s'est réfugiée toute la haute société à cause de la guerre. Problème, il ne peut bénéficier d'un visa et ronge son frein en compagnie d'autres émigrants dans une petite frontalière mexicaine dans l'attente d'une solution. Celle-ci arrive en la personne d’Emmy Brown, institutrice célibataire qu'il se met en tête de séduire et épouser pour pénétrer le territoire américain.

Charles Boyer sournois et calculateur est absolument parfait de froideur séductrice tandis qu'une Olivia de Havilland américaine provinciale quelque peu godiche cède à ses tirades hypocrites. L'émotion naît alors plutôt de la description de cette communauté étrangère cloitrée à l'hôtel en attente d'un visa et on devine l'implication d'un Wilder qui a connu pareil situation à son arrivée aux Etats-Unis.

Mitchell Leisen dissipe peu à peu cette froideur initiale par le rapprochement réel de son couple. Olivia De Havilland est très touchante dans son éveil à l'amour et au désir. Leisen l'illumine progressivement, tout d'abord en captant ses regard aimant et surpris par la séduction de cette homme puis en la dévoilant dans toute sa beauté et féminité lors de ce moment où elle se détache les cheveux et s'allonge prête à s'offrir à Boyer. Un moment bref mais d'une étincelante sensualité poursuivit lorsque Boyer l'observe dans le rétroviseur. Le long périple au Mexique distille plusieurs jolis moments romantiques où on voit Charles Boyer tomber amoureux et s'abandonner malgré lui.

Tout le passage à l'église pour bénir le mariage ou l'ambiance festive avec les autres mariés locaux sont vraiment magnifiques. Ce qui aurait pu paraître cliché et risible dans la première partie atteint des sommets romantiques lors de l'apparition de mariachis durant une scène de baiser même dans sa supposée distance, la voix off de Boyer trahi son trouble grandissant lors qu'il affirme désirer garder ses distances avec Emmy, sous-entendu ne pas coucher avec elle. Le texte va dans le sens ne pas mélanger plaisir et affaire alors que le phrasé altéré de Boyer dit juste l'inverse, il ne peut pas user d'elle car il l'aime. Du grand art !

Au final même le personnage le plus manipulateur agit par amour grâce à la belle prestation de Paulette Godard qui réussit brillamment à ne pas rendre détestable cette viveuse d’Anita. Leisen comme il sait si bien le faire cède à un sentimentalisme à fleur de peau et très poétique dans les derniers instants (on repense à son splendide Remember the night) à l'hôpital où on mesure le chemin parcouru par les héros. Dialogues coupés ou pas, Charles Boyer excelle dans cette manière de fendre l'armure qui culmine dans ce passage (où l'autre plus discret où il abandonne sa simulation de douleur à l'épaule pour enlacer Olivia de Havilland enfin sincère). On reprochera peut-être uniquement une conclusion un peu expédiée dans sa résolution et qui ne laisse pas savourer totalement les retrouvailles en coupant abruptement.

Sorti en dvd zone 2 français chez Universal

Extrait

mardi 1 novembre 2011

La Baronne de Minuit - Midnight, Mitchell Leisen (1939)


Une jeune femme débarque à Paris par le train venant de Monte Carlo. Elle ne possède pas le moindre bagage, n'a pas d'argent et est seulement vêtue d'une robe de soirée. Un chauffeur de taxi du nom de Tibor Czerny, accepte de l'aider. Mais la jeune femme lui fausse rapidement compagnie pour entrer clandestinement dans une soirée mondaine. Sur le point d'être expulsée, elle se fait passer pour la baronne Czerny. Les circonstances l'entraînent à conserver cette identité... mais à minuit, le carrosse de Cendrillon pourrait redevenir citrouille.

Mitchell Leisen signe un petit bijou avec ce Midnight où le cynisme le plus intéressé se dispute au romantisme le plus sincère dans un parfait équilibre. Pour ce faire, l'excellent scénario signé Billy Wilder et Charles Brackett pervertit le conte de Cendrillon en en donnant un grinçant et lucide tour contemporain. Notre Cendrillon est donc ici une jeune noceuse en quête de fortune qui débarque sans le sous à Paris après avoir tout perdu au jeu à Monte Carlo.

La belle-mère bienfaitrice sera un richissime aristocrate (John Barrymore) qui trouve en elle l'occasion de la rapprocher de l'amant de sa femme qui fait donc office de prince charmant pas au courant de la vraie condition de celle dont il est tombé sous le charme. Pourtant la solution se trouve sans doute avec le seul élément perturbateur à la construction du conte, le gentil taxi Tibor Czerny (Don Ameche) qui a secouru et aimé Eve Peabody (Claudette Colbert) alors qu'elle n'était rien.

La construction du film est une merveille de fluidité et d'astuces pour nouer les quiproquos les plus inextricables et la description de ces nantis est diablement féroce. Adultères, manipulation et calomnies sont les mots d'ordre de ce petit monde avec notamment un Rex O'Malley parfait en petite fouine sournoise et Mary Astor excellente en amante éconduite revancharde. Leisen parvient pourtant à donner un tour finalement très tendre à cet univers peu accueillant. Toutes les actions des personnages même les plus discutables sont finalement guidées par un sentiment pur tel John Barrymore (irrésistible de légèreté) cherchant à reconquérir son épouse ou même le très creux roi du champagne joué par Francis Lederer réellement amoureux de Claudette Colbert.

Cette dernière en apparence froidement intéressée donne sans forcer de belles nuances à Eve dont le passé difficile (et la croyance au bonheur par le milieu nanti) se dévoile au fil de quelques dialogues savamment distillés. Les échanges avec Don Ameche font mouche à chaque fois que ce soit dans le registre romantique (le rapprochement dans un Paris nocturne au début où chacun est sincère), celui plus outrancier comme le final au tribunal ou un mémorable pétage de plomb d’Ameche ne distinguant plus le vrai du faux. Ironiquement c'est lui la figure la plus pure qui va se prendre à douter au bonheur qui lui tend les bras avant que tout ne se résolve dans un final farfelu et toujours aussi inventif.

Le rythme file à toute allure avec un Leisen s'attardant à peine à décrire ce Paris des beaux quartiers qui l'intéresse moins que les biens plus drôles scènes dans les milieux populaires des taxis. Claudette Colbert, espiègle, séduisante et attachante (ce moment où elle essaie de résister à ses sentiments pour Ameche...) offre encore un grand numéro, même à minuit la magie qu'elle dégage n'est pas près de s'évaporer.

Disponible en dvd zone 2 français

Extrait des dix premières minutes

mercredi 27 avril 2011

L'Aventure vient de la mer - Frenchman's Creek, Mitchell Leisen (1944)


L'élégante Dona St Columb s'ennuie à mourir dans sa vie londonienne trop balisée. Elle cherche surtout à échapper aux propositions inconvenantes du meilleur ami de son mari, lord Rockingham. Elle prend ses cliques et ses claques et s'en va s'installer dans son château de Cornouaille. Elle y fait la connaissance d'un corsaire français, Jean Benoit Aubrey. Rien ne semble pouvoir rapprocher ces deux êtres que tout, patrie, origines et formation, sépare. Pourtant, l'amour les unit bientôt, au point de placer Dona St Columb devant un choix difficile...

Après le légendaire Rebecca Joan Fontaine incarnait à nouveau une héroïne issue de l'imagination de Daphné Du Maurier pour ce film plus oublié semble t il mais délicieux de bout en bout. Mitchell Leisen n'a pas son pareil pour soigner ce genre de beau récit romanesque et ce Frenchman Creek ne fait pas exception. Joan Fontaine y incarne donc ici une duchesse qui lasse des soirées mondaine ennuyeuses et des rencontres désagréables agrémentant son quotidien londonien terne quitte mari et domicile conjugale pour se réfugier dans son domaine de Navron en Cornouailles. Là c'est d'étranges secrets que semblent abriter la demeure entre un serviteur malicieux (Cecil Kellaway excellent) et les traces des passages fréquents d'un autre visiteur. Celui-ci s'avéra être un très séduisant pirate français (Arturo de Cordova) caché dans les environs et qui met à mal les équipages anglais alentour.

Un des grands atouts du film c'est vraiment la prestation étincelante de Joan Fontaine. Avec le temps on se souvient finalement bien plus de ses rôles mélodramatiques dans Rebecca ou Lettre d'une Inconnue et de cette image fragile et effacée. Du coup son interprétation de femme fougueuse, déterminée et insouciante amène un sacré panache à l'ensemble, du début où elle rabroue son pénible mari en passant par le meilleur passage du film lorsqu'elle adopte le temps d'une nuit une pure existence de pirate. Il faut d'ailleurs la voir tout sourire s'enfuir au petit matin comme une adolescente rejoindre son pirate ou vers la fin partir dans un grand numéro de charme pour retarder les poursuivants encore attablés.

Arturo de Cordova est également fort convaincant tout en séduction et prestance latine pour compléter le tempérament volcanique de Joan Fontaine. La romance est d'ailleurs très bien amenée et montrant comment chacun vient compléter les manques de l'autre. Le pirate découvre une passion soudain plus importante que l'appel de la mer et la duchesse elle un goût de l'évasion motivé par une flamme amoureuse retrouvée. La construction du film est idéalement pensé avec une longue première partie où on se laisse aller au rythme de cette romance naissante qui sera mise à mal durant la pluie de péripéties de la seconde.

Mine de rien le film s'avère même assez audacieux dans son érotisme. On le ressent dans la manière dont est mise en valeur la beauté radieuse de Joan Fontaine (dévoilant ses jambes au début ou dissimulant son décolleté devant le regard trop insistant du Frenchman) de manière plus parlante le temps d'une scène où la duchesse et le pirate évoquent fort peu convaincus une partie de pêche pour occuper leur après midi suivi d'une ellipse millimétrée où on a aucun mal à comprendre qu'ils ont trouvés bien mieux à faire sans que rien ne nous soit montrés.

Esthétiquement le film est une vrai splendeur, le technicolor de Georges Barnes participant à la flamboyance romanesque par les éclats irréels qu'il donne à cette région côtière. Hormis une incrustation un peu voyante et laide au début, les scènes en mer sont donc toute somptueuses dans un registre paisible ou plus palpitant lors de la longue séquence d'escapade et comme toujours avec Leisen les costumes superbes. Après tant de légèreté la dernière partie plus dramatique et rocambolesque s'avère tout aussi efficace et réserve encore de beaux moments (les échanges à double sens entre Joan Fontaine et Arturo de Cordova face aux otages et en prison) et bien qu'on le voit assez peu Basil Rathbone impose à nouveau une sacrée figure de méchant au châtiment sanglant. L'attendu déchirement final s'avère fort poignant par la grâce de Joan Fontaine à l'aise dans tout les registres et achève de conclure la chose sur une note émue et émerveillée. Excellent !

Fim assez dur à trouver (la preuve même pas pu trouver une petite vidéo) car inédit en dvd zone 2 français ou zone 1 américain mais néanmoins sorti dans une édition dvd espagnole en vo non sous-titrée un peu chère ceci dit...

mercredi 16 février 2011

La Duchesse des bas-fonds - Kitty, Mitchell Leisen (1945)


Au XVIIIe siècle, à Londres, l'ascension sociale d'une jeune femme de basse extraction, remarquée d'abord par le peintre Gainsborough puis courtisée par un riche dandy.

Une superbe fresque historique et romanesque parfaitement conduite par Leisen et illuminée par la beauté et le charme de Paulette Goddard. L'aspect historique se manifeste par la figure du peintre Gainsborough qui va faire basculer le destin de Kitty (Paulette Goddard), jeune fille des rues dont il repère la grâce sous les haillons et les manières rude spour en faire le portrait. Dès lors les nobles subjugués par le tableau ne manqueront pas de chercher à connaître le charmant modèle ce dont va profiter le noble en disgrâce et un peu escroc Hugh Darcy (Ray Milland) qui va la recueillir afin d'en faire une Lady et la livrer au plus offrant. La facette romanesque apparaît donc dans cette relation un peu sordide puisque Kitty va accepter tous ces tourments afin de gagner le coeur de Darcy dont elle est tombée amoureuse.

Sur une trame voisine, ce Kitty ose bien plus de chose que le Ambre de Preminger sorti à la même période. L'ouverture dans les bas-fonds londoniens crasseux est saisissant avec une Paulette Goddard qui s'en donne à coeur joie en jeune souillon écervelée à l'accent gouailleur. Sa transformation progressive et laborieuse en dame du monde est superbement amenée et offre de joyeux moments comique par la maladresse de l'héroïne (Paulette Goddard ayant pris un phrasé criard et aigüe hilarant pour signifier sa basse extraction) dont le destin n'est guère riant malgré le ton enjoué du film. Ray Milland incarne un tel goujat tout au long du récit que le final dans la grande tradition romanesque où le couple se retrouve finalement n'arrive pas à être totalement satisfaisant.

Le scénario (adapté d'un roman de Rosamond Marshall) interroge ainsi autant sur la condition de classe que sur la position des femmes à cette période. Kitty s'avère ainsi être le jouet des hommes, celui qu'elle aime la jetant dans les bras d'autres dans le but d'élever sa position tout en ne changeant jamais son regard sur elle du fait de sa condition modeste. Il faudra à Kitty devenir une vraie Lady et voir la déférence des autres hommes sur sa prestance de Duchesse une fois au sommet pour que Milland comprenne son erreur.

Toute les scènes d'apprentissage du monde (avec une excellente Constance Collier en noble quelque peu dépenaillée et alcoolique) soulignent d'ailleurs d'allieurs ce conditionnement machiste puisque toute l'éducation des femmes se fait sur la dissimulation des sentiments et la séduction au détriment du développement d'un vrai esprit d'initiative à l'image de Milland railleur lorsqu'on tente d'apprendre à écrire à Kitty. Les femmes sont des beaux objets qu'on possède où qu'on délivre aux plus offrant. Le film est donc passionnant en montrant l'ascension de cette fille des rues sans d'ailleurs éluder les aspect peu ragoûtant même s'ils ne sont pas appuyés (mariage avec un gros rustres, puis avec un vieux croulant grossesse non désirée... étonnant quant on voit tout ce qui a été éludé de l'adaptation de Ambre) où on la voit acquérir une réelle noblesse d'esprit et d'allure dans sa découverte du monde. Malgré les moments distillés pour signifier la repentance et la prise de conscience de Milland on ne peut être complètement satisfait de la voir finir dans ses bras, toute l'ambiguïté du romanesque en somme.

Leisen délivre un objet splendide visuellement où le noir et blanc n'altère pas du tout la vision de ce type de récit qu'on a plus l'habitude de savourer en flamboyant technicolor. Au départ d'une facture modeste, le film s'embellit au fil de l'assurance et de l'élévation toujours plus haute de son héroïne pour une dernière partie enchaînant les moments, décors et costumes fastueux tel une scène de bal magnifique et des superbes vues des appartements de la Duchesse. Paulette Goddard est épatante de bout en bout, autant pauvresse ballotée qu'en Duchesse au port parfait et impose une drôlerie, un charme et une espièglerie contagieuse. C'est d'ailleurs l'occasion d'imaginer quelle superbe Scarlett elle aurait fait puisque le rôle lui échappa d'un souffle au profit de Vivien Leigh. Ray Milland très bon également mais échoue peut être à dévoiler la petite facette d'humanité qui pourrait mieux faire passer son attitude et accepter la conclusion, on est loin d'un Clark Gable dans Gone with the wind en comparaison pour ce type de rôle. Belle fresque néanmoins pour les amateurs de ce type de récit !

Hélas le film est encore inédit en dvd zone 1 comme zone 2 mais est assez souvent diffusé sur TCM dans le cadre de cycle Mitchell Leisen soyez vigilants pour un enregistrement ! 

Extrait

vendredi 11 juin 2010

L'Aventure d'une nuit - Remember The Night, Mitchell Leisen (1940)

Juste avant Noël, Lee Leander (Barbara Stanwick), voleuse à la tire, est arrêtée pour avoir tenté de voler un bracelet dans la vitrine d’un magasin de bijoux. La jeune femme se retrouve au tribunal où il est décidé de reporter son jugement à la fin des fêtes de fin d’année. Navré de la voir passer Noël en prison, le procureur John Sargent (Fred McMurray) organise sa mise en liberté sous caution et décide de l’emmener dans sa famille à la campagne passer les fêtes.

Un film porté par un couple Barbara Stanwyck/Fred McMurray, on pense immédiatement au mythique Assurance sur la mort. Remember The Night réalisé pourtant 4 ans plus tôt montrait déjà l'alchimie étincelante entre les deux acteurs. On peut d'ailleurs imaginer que Wilder ait vu le film de Leisen lorsqu'il réunit à nouveau le duo, tant Assurance sur la mort semble donner un versant sombre du profil des personnages qu'ils incarnent dans Remember the night.

Barbara Stanwyck est donc au départ la "mauvaise fille", kleptomane adepte du vol de bijou. Quand à Fred McMurray, il incarne le "bon gars" archétype de l'américain Monsieur tout le monde (mais qui distille dans la scène de procès ce côté arrogant et sûr de lui qui fera merveille chez Wilder autant dans Assurance sur la mort que La Garçonnière d'ailleurs) propre sur lui. Toutes ces façades vacillent où sont transcendées progressivement par le scénario remarquablement équilibré de Preston Sturges.

Le tout début du film annonce d'ailleurs ses futures réalisation avec cette ouverture fulgurante ou Barbara Stanwyck dérobe un bijou avant d'être rapidement arrêtée, ainsi qu'une scène de procès hilarante et hautes en couleurs. Un petit miracle se produit en suite jusqu'à la fin du film puisque une fois le pitch lancé (le procureur et son accusée cohabitant le soir de noël) l'intrigue suit les chemins sentimentaux les plus balisés avec un grâce confondante.

Le grand mérite revient à la performance fabuleuse de Barbara Stanwyck, totalement aux antipodes de ces personnages gouailleur, séducteur et plein d'assurance. Là on découvre que la voleuse a grandi dans un environnement familial détestable lors d'une entrevue glaciale avec sa mère. Dès lors son visage émerveillé lorsqu'elle a droit à toutes les attentions chez McMurray est des plus touchants, tout comme le rapprochement progressif durant le trajet en voiture avec lui qui évite l'antagonisme et l'excès de la screwball comedy pour donner dans un ton plus intimiste et posé. Les vignettes heureuses s'enchaînent donc, chant de noël, cadeaux, bal de nouvel an, sans que l'on ressente le cliché grâce à la justesse du ton et le brio des acteurs.

Leisen offre par ailleurs un film formellement splendide, tout l'épisode où les amoureux traversent le Canada est magnifique (et trop court) tel ce jeu d'ombre lorsqu'il longe à pied le dessus des chutes du Niagara. Autre bonne surprise, une belle fin mélancolique qui évite la pourtant chouette pirouette destiné à amener un happy end plus classique. Très étonnante conclusion, qui n'en rend le film que plus marquant et touchant finalement. Peut être le plus beau rôle de Barbara Stanwyck.

Trouvable en dvd zone 2 anglais et zone 1 mais désormais assez dur à trouver. le film passe cependant assez souvent sur TCM.

Extrait

mardi 1 juin 2010

Les Anneaux d'Or - Golden Earrings, Mitchell Leisen (1947)


En 1939, Denistoun et Byrd, tous deux agents de l'lntelligence Service, s'introduisent en Allemagne pour dérober la formule d'un gaz terrifiant mis au point par le professeur Krosigk. Arrêtés par la Gestapo, ils s'évadent et se séparent pour accroître leurs chances d'échapper aux recherches. Dans la forêt, Denistoun rencontre Lydia, une bohémienne un peu magicienne qui accepte de l'aider.

Véhicule pour Marlène Dietrich, très bon film d'espionnage bien plus convaincant que Agent X-27 où elle s'était déjà essayé au genre dans le rôle d'une simili Mata Hari . Passé une intro introduisant le récit en flashback, le tout début est tendu à souhait avec deux agent anglais prisonniers des nazis. Après leur évasion et séparation le récit bifurque doucement vers la comédie. L'espion Ray Milland croise la route de la jolie gitane Lydia immédiatement folle de lui suite à une prédiction et qui va l'aider à traverser l'Allemagne déguisé en gitan (ce qui lui donne presque des airs de Bernard Lavilliers...).

Marlene Dietrich livre une prestation haute en couleurs en gitane diseuse de bonne aventure, accent outré et tenue extravagantes comprise. Ses manières décomplexées et entreprenantes opposé au flegme british de Ray Milland offre ainsi de joyeux moments de comédie les voyant se rapprocher progressivement. Le scénario y va également à la louche hollywodienne sur les clichés qu'on peut se faire sur les gitans (qui ne se lavent pas, sont superstitieux et un peu voleurs) mais sans que cela soit gênant, tant le regard posé se veut finalement pittoresque et tendre, très loin d'un racisme supposé.

Le film se situe dans l'immédiat avant guerre et ainsi malgré la légèreté de certains moments, l'ombre planant sur les gitans amenés à être décimés par les nazis se fait constamment ressentir même si scénario à la justesse de ne pas étendre cette antipathie sur tout les allemands rencontrés mais seulement les nazis. La conclusion offrant un brutal retour au récit d'espionnage parvient ainsi à être palpitante et émouvante avec la séparation entre Milland et Dietrich, ainsi que l'annonce du début de la seconde guerre mondiale. La narration en flashback donne vraiment l'impression d'avoir été rajoutée pour atténuer la noirceur du final,tout comme un happy end assez inattendu. Au vu du joli moment passé, on ne s'en plaindra pas finalement.

Trouvable en dvd zone 2 dans la collection Marlène Dietrich