Jamais là où on l’attend, Yoshimitsu signe avec Main Theme une bluette adolescente charmante mais assez mineure car située entre certaines de ses plus grandes réussites. L’année suivante il signera avec And Then, magnifique adaptation de Natsume Sōseki, merveille de mélancolie qui sera une de ses œuvres les plus saluées. Quant aux deux films qui précèdent, il s’agit de Jeu de famille (1983), peinture au vitriol du modèle traditionnel japonais, et Le Frisson de la mort (1984) merveille de nihilisme désespéré.
Le film est produit par le studio Kadokawa qui y applique sa politique transmédia habituelle. Il s’agit de l’adaptation d’un roman de Yoshio Takaoka, édité chez Kadokawa, et avec dans le rôle principal Hiroko Yakushimaru, fameuse Idol japonaise de l’époque également sous contrat dans la compagnie et dont on entendra plusieurs chansons durant le film. C’est vraiment un véhicule afin d’amener progressivement la star vers des rôles plus matures, après son rôle de lycéenne dans le célèbre Sailor Suit and Machine Gun de Shinji Somai (1981). L’histoire dessine une sorte de quatuor amoureux entre différents personnages se recroisant dans différents lieux du Japon par les jeux du hasard et de l’amour. Shibuki (Hiroko Yakushimaru) est une institutrice d’école maternelle qui va tomber amoureuse du père d’un de ses jeunes élèves, Omaezaki (Kazuo Zaitsu) un homme d’âge mûr. Ce dernier entretient une liaison adultère avec Kayoko (Kaori Momoi) une chanteuse de jazz qu’il est contraint de quitter à cause d’un déménagement. Kayoko va quant à elle attirer l’attention de Ken (Hironobu Nomura), jeune magicien en herbe qui aura fait la rencontre plus tôt de Shibuki avec laquelle il va nouer une relation d’amour vache. Le ton est à la fois candide et mélancolique, nous offrant une traversée du Japon dans ses pans les plus urbains, provinciaux et carte postale avec l’essentiel du récit se déroulant à Okinawa. C’est d’ailleurs là que se ressent la patte du romancier Yoshio Takaoka, très attaché à la culture américaine, à la description de l’hédonisme juvénile à travers des cadres ensoleillés, des loisirs célébrant l’évasion en plein air comme la moto ou le surf. Une de ses adaptations donnera d’ailleurs un chef d’œuvre de romantisme adolescent avec le magnifique His Motorbike, Her Island de Nobuhiko Obayashi (1986). Main Theme ne s’élève pas à cette hauteur mais fait preuve d’un charme certain, capturant les charivaris sentimentaux entre club de jazz, jeux de plages et balade en voiture dans les superbes paysages d’Okinawa. La mise en scène élégante de Morita transcende un ensemble assez convenu. Le spleen adolescent est bien là, porté par la candeur charmante d’Hiroko Yakushimaru. Morita alterne entre moments alertes ludiques (notamment toutes les démonstrations de magie de Ken) et une émotion plus suspendue reposant sur l’atmosphère – très belle photo de Yonezô Maeda. Les personnages déambulent dans les grands espaces, espèrent au sein de lieux clos du quotidien, et subissent leur déception dans des environnements constituant un entre-deux correspondant à leur situation bancale. La magie opère lors de deux séquences finales, d’abord quand Ken et Shibuki réconciliés sont piégés dans un embouteillage et observent les festivités du matsuri avant d’échanger leur premier baiser. Puis lors de la séquence finale où ils se rendent à l’hôtel pour « consommer » et assumer par cet acte leur passage à l’âge adulte. L’arrivée et la traversée de l’hôtel sont filmés comme un immense clip romantique porté par une chanson d’Hiroko Yakushimaru dont les paroles font échos à la situation. Les quelques éléments d’un récit potentiellement plus sombre (la relation adultère des adultes dont l'impasse préfigure Lost Paradise (1997) grande réussite future de Morita sont mis de côté pour assumer un propos aussi charmant que naïf.Sortie en salle le 19 août avec trois autres films de Yoshimitsu Morita








































.png)












