Fjord de Cristian Mungiu est une impressionnante dénonciation de l’idéologie, d’où qu’elle vienne dans ses excès sous couvert de bonnes intentions. Une famille norvegio-roumaine s’installe dans un petit village de Norvège. Elle se trouve bien acceptée par la communauté même si celle-ci reste interpellée par le prosélytisme religieux des parents appartenant à une église chrétienne proche de la secte. C’est sur cette surface qu’ils vont être accusés de maltraitance, après avoir découvert des bleus sur la fille cadette, puis séparés de leurs enfants. Le rigorisme et la laïcité jusqu’au-boutiste des pays nordiques s’opposent à la piété obscurantiste du cercle familial dans une impasse renvoyant les deux dos à dos.
Sous sa droiture, la machine institutionnelle ne saurait cacher un racisme larvé, tant elle paraît s’accélérer dès les premiers signaux très vagues. Cristian Mungiu souligne l’extrémisme du progressisme quand il se fait dogme intolérant, mais maintient l’ambiguïté autour de cette famille dans un récit pertinent et sans faille. Sebastian Stan (qui profite de la notoriété Marvel pour se forger une sacrée filmographie parallèle) et Renate Reinsve en parents prosélytes dépassés sont impressionnants, aussi touchants dans l’injustice qu’ils subissent que glaçants dans la culture qu’ils prônent.En salle


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