Un coup fameux organisé par Django, Mendoza et Ritchie
tourne à la catastrophe suite à une trahison. Django décide de se venger contre
ceux qui l'ont privé du fruit de son projet, l'un après l'autre.
Malgré ses quelques défauts,
Avec Django,
la mort est là est un brillant exemple des possibilités étonnantes qu’offre
le western spaghetti. On a donc
ici un pitch
assez basique qui se voit totalement transfiguré par la maestria d’Antonio
Margheriti. Comme tout réalisateur d’exploitation italien de l’époque,
Margheriti tâta de tous les genres au gré des modes (péplum, western,
science-fiction) mais c’est réellement dans le fantastique gothique qu’il donna
sa pleine mesure et signa ses meilleurs films avec des titres comme
La Vierge de Nuremberg (1963),
La Sorcière sanglante (1964) ou l’excellent
Danse Macabre (1964).
C’est donc tout
naturellement que ces penchants ressurgissent lorsqu’il s’attèle à un autre
genre et qui font toute l’originalité de
Avec
Django, la mort (rien à voir bien
sûr avec le classique de Corbucci mais le succès fit décliner le prénom de son
héros à toute les sauces dans le western spaghetti).
Passé une sadique scène d'écartèlement en ouverture, le début
est assez classique mais peu à peu Margheriti pose son empreinte sur le film. Les
cadrages, vues et ambiances se font progressivement
toujours un peu plus étrange et surprenant que
dans un western classique on lorgne vers le surnaturel sans jamais totalement y
tomber). Le peu charismatique Richard Harrison peine à exprimer la dimension
spectrale et vengeresse de son personnage, les méchants sont
assez inégaux et se traîne parfois un peu.
Margheriti transcende ces défauts par ses fulgurances
visuelles déroutantes. On pense à l'assaut nocturne des hommes de Laredo au
bureau du shérif où le réalisateur leur donne une allure de fantômes.
La
séquence la plus marquante dans cette veine est bien entendu le final dans la
caverne où les éclairages flamboyant et la nature du décor confère une ambiance
unique, bien aidé par la prestation de Claudio Camaso (frère de Gian Maria Volonté
qui n’a rien à lui envier en exubérance) tout de jaune vêtu et qui campe un
méchant
mémorable.
Margheriti fera
également montre d’une inventivité certaines dans les écarts de violence à l’image
de tranchage de gorge avec éperons en vue subjective où cette torture raffinée
avec écarte œil (façon
Orange Mécanique
en plus artisanal) enterré dans le sable en plein soleil. Imparfait certes mais
un sacré objet, pour un résultat plus attractif encore il est vivement
conseillé de tenter les films gothiques de Margheriti.
Sorti en dvd zone 2 français chez Metropolitan