Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram
Paul Sullivan et sa fiancée Ingrid Jessner se rendent à
Belfast pour enquêter sur des allégations d'atteinte aux droits de l'homme
commises par les forces de sécurité britanniques. Paul est assassiné dans des
circonstances mystérieuses et est enregistré en tant que complice de l'IRA.
Mais Ingrid et l'enquêteur britannique Paul Kerrigan, mettent en doute les
conclusions de l'enquête et viennent à découvrir un complot mettant en cause
des personnalités haut placées...
Ken Loach signe un de ses plus brillants et singuliers films
avec Hidden Agenda, qui le voit s’essayer au thriller politique. Le film
a une approche originale en s’attaquant plutôt versant anglais aux racines et
dérives contemporaines du conflit nord-irlandais, baptisé localement The
Troubles. Ce parti-pris sera d’ailleurs reproché à Loach avec le véritable
scandale médiatique que déclenchera Hidden Agenda, puisque le récit
occulte ou biaise le versant criminel et terroriste des exactions de l’IRA. Ken
Loach s’inspire de faits réels, et plus précisément le rapport « John Stalker »
sur l'Irlande du Nord. John Walker était un célèbre officier de police
britannique, spécialiste entre autres des questions de terrorisme. Au début des
années 80, il rédigea un sulfureux rapport d’enquête dénonçant une politique meurtrière orchestrée contre des suspects appartenant à l'IRA, et menée de façon "provisoire" par la
police royale de l'Ulster. Dans le but d’étouffer l’affaire, Walker fut
suspendu de son poste, décision qui fit controverse quand elle fut rendue
publique débouchera sur un débat parlementaire houleux le 22 novembre 1986.
Ken Loach part donc de cette base pour développer les ramifications
possibles de l’affaire. Le point de départ interpelle d’ailleurs avec le couple
d’avocats joué par Brad Dourif et Frances McDormand, venant enquêter les
transgressions des droits de l’homme en Irlande (et par extension en Grande-Bretagne)
comme ils pourraient le faire dans une contrée supposée plus « arriérée »
ou exotique vivant sous la dictature. Les confidences des victimes ouvrant le
film nous ramènent cependant vite à la triste réalité des faits. De plus, l’atmosphère
oppressante du film appuie de façon explicite cette vérité avec la tension
latente qui transparaît par l’omniprésence des troupes militaires anglaises
dans les rues. Le danger est également implicite avec une atmosphère de
thriller paranoïaque palpable, un sentiment de se sentir constamment épié.
Alors que Paul (Brad Dourif) s’apprêtait à découvrir une
face plus trouble du conflit, il est dramatiquement assassiné. L’enquête menée
conjointement par Paul (Brian Cox en pendant fictionnel de John Walker) d’Ingrid
(Frances McDormand), fiancée endeuillée, s’avère captivante avec les secrets
tournant autour d’une mystérieuse cassette. Tout en posant justement cette ce
climat anxiogène, Ken Loach ne cède pas tant que cela aux artifices classiques du
thriller. L’hostilité et le refus de collaborer du chef de police avec Paul, rend
manifeste la complicité de la police que la violence sèche du meurtre laissait
comprendre. Les remarquables scènes d’interrogatoires face à des agents et
fonctionnaires ordinaires « rouages » plus que complices d’un système
débouche sur des aveux rapides. La vérité immédiate d’un assassinat est assumée
et les coupables des fusibles sacrifiables, car dissimulant une horreur plus
vaste.
L’intrigue rejoint tous les grands combats sociaux de Ken
Loach, puisque la répression du gouvernement britannique qu’il soit envers une
communauté sociale (les conflits des mineurs des années 70/80) ou un territoire
(l’Irlande du nord) se nourrit d’une volonté de profit et de statuquo. Nul
besoin de forcer les artifices de suspense quand le sentiment de puissance et d’impunité
des coupables très hauts placés s’exprime par le biais des intéressés lors de
remarquables scènes de dialogues. La détermination et la nature incorruptible
de Paul se heurte à cette fatalité, tandis que l’on devine que les obstacles
nombreux se poseront sur le chemin de Ingrid malgré les preuves accumulées.
C’est
tout l’édifice des politiques contemporaines, des circonstances ayant mis au
pouvoir un parti et surtout une personnalité controversée (Margaret Thatcher
citée ouvertement), qui révèlent un envers monstrueux du gouvernement anglais –
représenté par des vieillards cyniques et narquois, ivres de leurs privilèges. C’est captivant et glaçant
à la fois, dans une logique dont la conclusion frontale et désabusée n’est pas
sans rappeler le Mille milliards de dollars d’Henri Verneuil (1982).
The French Dispatch met en scène un recueil d’histoires
tirées du dernier numéro d’un magazine américain publié dans une ville
française fictive du 20e siècle.
On oublie souvent que chez Wes Anderson, l’extrême
sophistication formelle tient autant du pur plaisir pop que d’une vraie pudeur.
Les cadrages à la symétrie maniaque, les personnages tirés à quatre épingles et
le raffinement des décors servent avant tout d’écrin, de refuge à de profonds
questionnements et fêlures intimes. Les personnages décalés et rêveurs
d’Anderson échappent ainsi par leur fantaisie à l’obligation de grandir (Rushmore
(1999), aux maux familiaux (La Famille Tennebaum (2001)), à la crise
identitaire (Fantastic Mr Fox (2009)) voire aux heures sombres de
l’Histoire (The Grand Budapest Hotel (2014)). Il n’est donc pas étonnant
qu’avec The French Dispatch, Wes Anderson atteigne un pic inégalé de
maîtrise tout en livrant un de ses films les plus touchants et introspectifs.
Le réalisateur accomplit là un désir entretenu depuis
longtemps, celui de signer un recueil d’histoires. S’inspirant des grandes
heures du journal The New Yorker et de l’identité marquée de ses plumes,
Anderson nous plonge dans le sommaire filmé du magazine imaginaire The
French Dispatch. Il s’agit d’une revue américaine publiée en France et faisant
d’annexe à un quotidien de Kansas City. On imagine aisément que c’est le genre
de fenêtre rêvée sur l’Europe et sa culture qu’aurait aimé lire le jeune Wes
Anderson depuis son Texas natal. Le magazine est ainsi le repère de
journalistes américains exilés et plus excentriques les uns que les autres.
C’est pour eux une bulle, un espace de liberté où ils peuvent exprimer leur
singularité sous la férule du flegmatique rédacteur en chef Arthur Howitzer Jr.
(Bill Murray). Dès la scène d’ouverture, le réalisateur marque cet
environnement d’une aura de fantaisie mais aussi de nostalgie. L’échappatoire qu’incarne
The French Dispatch dévoile ses prémisses mais également sa fin annoncée en
nous narrant le parcours d'Arthur Howitzer Jr fuyant l’avenir étriqué promis
par son Kansas natal, puis y retournant seulement à son décès marquant aussi la
fin de publication de sa revue. Wes Anderson nous fait donc parcourir les pages
de son ultime numéro tout au long de quatre articles/histoires formant un vrai
film à sketch.
Ce qui fait de The French Dispatch une œuvre très
personnelle, c’est la façon dont la nature facétieuse des héros journalistes s’exprime
dans leur métier et par prolongement dans les histoires qu’ils choisissent de
raconter. Wes Anderson fonctionne ainsi à trois niveaux où il célèbre l’accomplissement
intime, intellectuel et artistique : le sien par la jubilation d’un
réalisateur en pleine possession de ses moyens, celle du journaliste par
les ruptures de ton marquée entre les histoires et bien sûr celle des
protagonistes sujets des articles. Après l’aparté dévoilant l’attrait pour les
bas-fonds du baroudeur à vélo Herbsaint Sazerac (Owen Wilson), la première
histoire se place sous le signe de l’excentricité. Celle de sa narratrice J. K.
L. Berensen (Tilda Swinton) contant le destin du peintre au pulsions
sanguinaires Moses Rosenthaler (Benicio Del Toro). Le cadre de la prison ainsi
que de la présence sévère et bienveillante de la gardienne Simone (Léa Seydoux)
canalise par l’amour les élans torturés de l’artiste dans des tableaux aussi
flamboyants qu’abstrait.
L’alternance de la couleur et du noir et blanc
souligne l’ambivalence des sentiments, tour à tour apaisés quand ils se figent sur
l’objet amoureux (magnifique première apparition nue de Léa Seydoux en pleine
pose) ou plus tempétueux quand le bouillonnement guide la création. La toile de
fond est mélancolique puisque l’on devine cet amour impossible, mais le
cheminement aura élevé la muse et apaisé l’artiste tout en menant un récit
délirant sur le monde de l’art. L’épure du décor de la prison se conjugue à la retenue
des sentiments, dans les compositions de plans (Moses et Simone allongés nus
dans des sens opposés), le montage et les dialogues (Simone n’osant réellement
fendre l’armure que quand elle parle français et est incompréhensible pour
Moses) qui séparent le couple. L’œuvre d’art dans sa réalisation exprime la
sensualité et le désir à travers les poses de Simone, et l’amour sincère de
Moses dans la contradiction que constitue l’abstraction et l’intensité de ses tableaux
où se manifeste timidité et exubérance.
Dans la seconde histoire au retrouve ce croisement de
mélancolie et de romanesque masqués par la rébellion juvénile dans un cadre à
la fois historique en référence à Mai 68, mais aussi cinéphile avec l’ombre de La
Chinoise de Jean-Luc Godard qui plane - tous le film étant un grand ode au cinéma français qu'affectionne le réalisateur. Wes Anderson excelle à la manière de
son The Grand Budapest Hotel à évoquer un arrière-plan socio-historique
douloureux (la Guerre d’Algérie, l’enrôlement forcé de la jeunesse) dans un
écrin bariolé. Le regard faussement distant et réellement attendrit de Lucinda
Krementz (Frances McDormand) observe les soubresauts de la jeunesse politisée
dont les slogans et autres dogmes politiques abscons expriment une soif de
liberté et l’attrait amoureux contenus entre les leaders Zeffirelli (Timothée
Chalamet) et Juliette (Lyna Khoudri).
L’inconséquence de l’adolescence se
manifeste par la photogénie des acteurs où Timothée Chalamet donne une belle
profondeur et vulnérabilité à sa persona dandy sarcastique et cultivé
développé chez Woody Allen (Un jour de pluie à New York (2019) tandis que Wes
Anderson icônise tout en caractérisant Lyna Khoudri par la grâce d’objets (le
casque de mobylette pour la révolutionnaire farouche, le poudrier dont elle ne
se sépare jamais pour le narcissisme de la jeune fille en fleur). La Révolution est, parfois littéralement (cet
assaut policier ne tenant qu’à l’issue d’une partie d’échec) qu’un immense
terrain de jeu où du haut de sa solitude Krementz incite contrairement à elle
la jeunesse à se plonger dans les bonheurs de la passion plutôt que le
jansénisme de la pensée. Ils en ont bien le temps, pense-t-on, avant que la
chute (là aussi au propre comme au figuré) du récit baigne l’ensemble d’une
profonde nostalgie de temps plus innocents.
Le troisième segment est le plus jubilatoire tant il brille
à brouiller les pistes. L’introduction nous aura présenté succinctement les
différents journalistes en soulignant les caractéristiques de leur style d’écriture.
Celui de Roebuck Wright (Jeffrey Wright) se manifeste par une logorrhée qui l’amène
à allégrement dépasser le nombre de signes impartis de ses articles. C’est un
art de la digression que Wes Anderson traduit à l’écran par son attrait des
multiples strates narratives en en ajoutant une nouvelle (sous forme de show
télévisé) à celles déjà amenées à l’ensemble. L’idée est d’exprimer par l’image
cette truculence et ce plaisir d’emmener son auditoire dans le cheminement d’une
pensée faussement labyrinthique et sinueuse - dessein auquel se prête merveilleusement la topographie d'Angoulême où fut tourné le film.
C’est presque un autoportrait de
Wes Anderson dont les artifices ne sont là que pour ne pas exposer au grand
jour sa sensibilité à fleur de peau et sa pudeur. Partant de l’idée d’écrire le
portrait d’un grand chef cuisinier (Steve Park) servant dans un commissariat,
Wright nous emmène dans un dédale de décors, d’environnements, de ton et de
styles graphiques (le climax sous forme d’animation) où il peut dissimuler ce
qu’il ressent sous l’esbroufe. La relation complice du commissaire (Mathieu
Amalric) et son fils attendrit (chez Wes Anderson le rapport au père est souvent conflictuel comme dans La Famille Tennenbaum ou La Vie aquatique (2004 mais se rêve souvent dans cet idéal complice parfois dans un lien recomposé comme Bruce Willis et le garçon de Moonrise Kingdom (2012)) en écho à la nature de déraciné solitaire de
Wright, la talent du cuisinier asiatique Nescaffier renvoie à son talent
littéraire transcendant les différences sociales et raciales d’alors.
Ce n’est
pas pour rien que Wes Anderson confère à Roebuck Wright le style vestimentaire,
la volubilité et l’orientation gay de l’écrivain-poète et militant francophile
James Baldwin (auquel le générique de fin rend hommage). Il représente le
marginal en son pays son pays qui aura sut s’épanouir intellectuellement et
intimement dans un autre, et plus précisément dans la famille dysfonctionnelle
(grand thème de Wes Anderson), aimante et sans préjugés qu’est la rédaction du
French Dispatch. Wes Anderson insère ces éléments avec un tel brio narratif,
thématique et ludique que la tirade la plus profonde du segment est presque amenée
comme une blague.
Finalement quand la réalité et l’arrêt imminent du
magazine reprend ses droits avec la mort de son créateur, c’est dans l’unité de
temps et de lieu de la salle de rédaction que s’exprime en miniature les
tourbillons de sentiments masqués dans les figures de style des
sketches/articles. The French Dispach célèbre ainsi magnifiquement ces
lieux qui nous autorisent à nous accomplir et être nous-même, mais s’émeut
aussi de leur possible disparition à travers les effluves du temps qui passe.
En plein hiver, Jerry
Lundegaard, un vendeur de voitures d'occasion à Minneapolis, a besoin d'un prêt
de Wade Gustafson, son riche beau-père. Endetté jusqu'au cou, il fait appel à
Carl Showalter et Gaear Grimsrud, deux malfrats, pour qu'ils enlèvent son épouse
Jean. Il pourra ainsi partager avec les ravisseurs la rançon que Wade paiera
pour la libération de sa fille. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme
prévu.
Sixième film des frères Coen, Fargo est une de leurs œuvres les plus célébrées et personnelles.
En intégrant à leur scénario la fausse information comme quoi la trame serait
inspirée d’un fait divers réel (ne révélant la vérité qu’au détour d’une
question d’un des acteurs durant le tournage, et n’éventant l’information que
durant le générique du film pour le spectateur) les Coen amènent une tonalité
qui prolonge et détache à la fois le film de leurs essais précédents. Les
quidams ordinaires embarqués dans une spirale criminelle implacable fait de
poisse et d’incompréhension rappelleront bien évidement Sang pour sang (1984), leur magistral galop d’essai. Enfin l’excentricité
et le caractère doux-dingue des protagonistes lorgne également sur le
cartoonesque Arizona Junior (1987). Fargo se déleste pourtant du marqueur du
film noir du premier tout comme de la loufoquerie du second pour dépeindre une
comédie humaine sanglante. Le cadre de leur Minnesota natal est si
minutieusement scruté que le film offre un fascinant entre-deux entre
sécheresse narrative et riches études de caractères.
Le Minnesota et le Dakota du nord voisin où se déroule l’intrigue
constituent le berceau d’une certaine Amérique simple, rurale et authentique. C’est
un environnement apaisé où le mal-être et la violence doivent se dissimuler
sous un vernis de politesse et de bonhomie constante. Fargo évoque tout à la fois les gens paisible qui s’en accommode
sans perdre de leur lucidité quant au mal tapis sous la douceur aseptisée (la policière Marge Gunderson jouée par Frances
McDormand ), des ratés rongés par ce poids des apparences (William H. Macy) et
des vrais être malfaisants cédant à leurs bas-instincts avec le duo Steve
Buscemi/Peter Stormare.
Ce cadre hivernal rude et sa blancheur enneigée
clinique possèdent une dimension étouffante qui ne peut qu’éveiller des traits
de caractères extrême, dans une certaine forme d’engourdissement intellectuel
pouvant susciter le sourire (les attitudes mimétiques et ahuries des deux
amantes d’un soir des criminels que va interroger Frances McDormand), la pitié
ou l’horreur. La scène où Frances McDormand rencontre un ami perdu de vue à Minneapolis
par sa gêne étrange (confirmé par les révélations qui suivront) est donc tout
sauf anodine et exprime une forme de malaise, dépression et violence latente
que peut aviver cette Amérique si tranquille - le beau-père pingre et prompt à
user des armes en est un autre exemple.
Toutes les explosions de violence naîtront donc d’une
frustration, l’insatisfaction d’une existence sans but ni saveur trouvant son
reflet dans le paysage hivernal immaculé. Jerry Lundegaard (William H. Macy tout en regard de chien battu),
oppressé et méprisé par tous trouve ainsi la pire solution pour se sortir de
ses problèmes en faisant kidnapper sa propre femme. Cette frustration est
évacuée de manière bien lus brute et gratuite par les deux kidnappeurs,
témoignant de leur stupidité. Un glaçant crime nocturne vient souligner le
caractère imprévisible d’un mutique Peter Stormare tandis que l’agression
verbale constante puis là aussi le vrai crime le confirmera pour Steve Buscemi.
Parallèlement les rapports tendre entre Frances McDormand et son époux (John
Carroll Lynch) amènent une respiration qui montre un ailleurs possible plus
équilibré si l’on daigne se satisfaire de son existence.
La bascule vers des
penchants négatifs ne reposera pas sur une quelconque dérive sociale chez les
Coen (les nantis comme les démunis étant tout aussi aptes à courir à leur
perte) mais plutôt comme souvent avec eux un regard lucide sur les dérives
possibles de la nature humaine. Nous ne sommes pourtant pas dans l’extrême
noirceur ou l’ironie mordante dont ils sont capables, nous laissant atterrés sans
totalement nous autoriser à rire, nous horrifiant sans complètement prendre
tout cela au sérieux. On touche à un fascinant équilibre idéalement saisi par
le superbe score de Carter Burwell qui pose à la fois émotion et distance
contemplative sur le drame en marche. Une réussite exceptionnelle qui leur
vaudra un accueil critique triomphal couronné par Prix de la mise en scène à
Cannes en 1996 et les Oscars de la meilleure actrice (Frances McDormand) et du
meilleur scénario original en 1997.