Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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mardi 16 octobre 2018

Nomads - John McTiernan (1986)


Dans un hôpital de Los Angeles, au service des urgences, le docteur Flax est au chevet d'un blessé que les policiers viennent d'amener. Elle demande à ces derniers de quitter la chambre. Restée seule au chevet du blessé, elle est bientôt comme hypnotisée par les yeux fixés de l'homme. Soudain, celui-ci lui saute dessus, la blesse et meurt aussitôt…

Nomads est un premier film dont l’intérêt repose plus sur les éléments entrevus de la carrière future de John McTiernan que pour sa réussite très relative. S’il deviendra un maître du blockbuster par la suite, les goûts initiaux de McTiernan se portent plutôt sur le cinéma européen et notamment la Nouvelle Vague, ce que détermine l’approche « arty » de Nomads. Cela est d’autant plus criant avec le script est signé par McTiernan, plus à l’aise par la suite pour glisser ses obsessions en « contrebandier » sur des produits plus calibrés. Parmi les éléments captivants, on trouve cette volonté de transposer une dimension rituelle et sauvage dans un environnement urbain. 

Cela fonctionne dans la facette paranoïaque voyant l’anthropologue Jean-Charles Pommier (Pierce Brosnan) perdre pied mentalement, fasciné et terrifié par les adversaires surnaturels traqués autant que fuit. Le côté incertain du danger, les compositions de plan où prédateurs et proies partagent l’image (à l’insu des seconds) annoncent clairement Predator (1987). Même l’explication de leur nature est un peu confuse, on comprend que les méchants sont des « inuats », variantes des inuits dont le nomadisme est autant géographique que mental dans leur façon d’envahir votre esprit, de vous détacher de la réalité par leur présence inquiétante. McTiernan instaure une atmosphère urbaine nocturne de plus en plus surnaturelle où se dessine le mal diffus par des motifs discrets (ce fameux camion rôdant) où plus heurtés avec les inserts entre flashback et rêverie que subit le Dr Flax (Lesley-Ann Down).

Tant qu’on reste dans une relative suggestion, cela fonctionne donc plutôt bien. Mais dès qu’il s’agira d’illustrer le mystère l’ensemble se montre particulièrement poussif. McTiernan échoue complètement à transposer la facette ancestrale des « Nomades » dans un cadre moderne. Le côté rituel est bien là et on voit les prémisses de la terrifiante plongée chez les Wendols de Le Treizième guerrier (1999) mais le look gothique cuir biker des « Nomades » (dont le leader est joué par le rocker new wave anglais Adam Ant) et l’aspect tribal véhiculé par un affreux rock FM plonge l’ensemble dans le pire kitsch 80’s plutôt que de le rendre intemporel. La sous-intrigue autour de Lesley-Ann Down (très mauvaise) revivant l’odyssée fatale de Brosnan est particulièrement poussive et une narration plus directe aurait été la bienvenue.   

Autre point plus mineur mais fâcheux quand on sait l’importance de l’usage/apprentissage/compréhension de la langue dans ses films à venir, le ridicule et l’inutilité d’avoir fait du personnage de Brosnan et son épouse des français qui parlent tout le temps anglais (avec un faux accent risible) entre eux tout en glissant quelques bribes dans la langue de Molière histoire de.  On sauvera une scène cauchemardesque où Brosnan s’introduit dans une église abandonnée dans une pure approche hallucinée qui annonce la rencontre sous-terraine avec la reine Wendols dans Le Treizième Guerrier. Les quelques promesses de la suite sont donc les seuls raisons de voir ce Nomads, ce que verront bien Arnold Schwarzenegger et Joel Silver qui l’engageront sur un Predator d’une toute autre tenue.

Sorti en dvd zone 2 français chez TF1 Vidéo

dimanche 21 septembre 2014

Sphinx - Franklin J. Schaffner (1981)

L'égyptologue Erica Baron arrive au Caire à la recherche de documents sur le pharaon Séti. A peine arrivée, elle est témoin du meurtre d'un marchand d'art peu scrupuleux, Abdu Hamdi et fait la connaissance d'un journaliste français, Yeon et d’Ahmed Khazzan, qui dirige la section des Antiquités aux Nations Unies. Alors qu'elle arrive dans la Vallée des Rois, elle se retrouve aux prises de trafiquants d'art bien décidés à récupérer les richesses de la tombe du pharaon...

Un sacré ratage qui amorce la fin de carrière plus anonyme du grand Franklin J. Schaffner. Adapté du roman éponyme de Robin Cook, Sphinx sort la même année que Les Aventuriers de l'Arche Perdue et sur ce même registre de l'aventure dépaysante et souffre cruellement de la comparaison sur tous les points. Sphinx aurait néanmoins pu se démarquer par sa dimension d'enquête et mystère plus prononcée avec ce récit d'une égyptologue (Lesley-Anne Down) à la fois traquée et traquant une statuette du pharaon Sethi dans une ville du Caire dangereuse. Le sens visuel de Schaffner est toujours aussi puissant avec des vues majestueuses de la vallée des rois, des compositions de plans qui capturent bien l'opposition entre modernité et Histoire ancestrale en mêlant bâtiment moderne et pyramides en arrière-plan.

Le dépaysement arrive également à adopter le point de vue déphasé de l'héroïne mais pour le reste c'est une catastrophe. L'enquête n'avance qu'à coup de longues scènes de dialogues sur explicatives et ennuyeuses, les rares moments d'actions étant des plus laborieux. Si les décors naturels éblouissent, les scènes de studios (tournées à Budapest) supposées représenter les pièces secrètes où sont tapies des trésors égyptiens oubliés sont d'une rare ringardise et font très cheap, Schaffner ne parvenant d'ailleurs jamais à orner l'ensemble d'un semblant d'atmosphère surnaturelle alors qu'il est question d'une malédiction.

Le casting n'aide guère à se sentir impliqué non plus entre une Lesley-Anne Down minaudant et peu crédible en égyptologue et Frank Langella en conservateur de musée taciturne ne dégage pas le charisme et le mystère attendu (laissant deviner assez vite le rebondissement final le concernant). Sir John Gielgud semble se demander ce qu'il est venu faire dans cette galère le temps d'une brève apparition, tout comme Maurice Ronet en contrebandier. Reste quelques jolies images et un score agréable de Michael J. Lewis mais dans l'ensemble un fiasco indigne du talent de Schaffner.

 Sorti en dvd zone 1 dans la collection Warner Archives et sans sous-titres