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mercredi 23 janvier 2019

La Pagode en flammes - China Girl, Henry Hathaway (1958)

Johnny Williams, photographe américain, arrive à s'évader d'une geôle japonaise avec le Major Bull Weed, grâce à l'aide de l'amie de ce dernier, surnommée Fifi. Ils arrivent à Mandalay, où se trouve une base d'aviateurs américains, les "Tigres volants", opérant pour le compte des Chinois. Il tombe amoureux d'une femme - Haoli - qui se révèle être une chinoise luttant pour son pays.

China Girl est un film de propagande de curieuse facture par son étonnant mélange des genres. Tourné alors que les Etats-Unis sont déjà engagé dans la Deuxième Guerre Mondiale, la construction et la thématique du film s'inscrit plutôt dans celles des films qui poussaient plutôt à l'entrée en guerre du pays. Le récit dépeint ainsi la prise de conscience de l'individualiste Johnny Williams (George Montgomery), photographe américain coincé dans une Chine occupée par les japonais.

Toute la gouaille et le panache du personnage s'inscrit dans cet individualisme, plus important qu'une quelconque conscience politique même quand il refuse les avances des autorités japonaises qui souhaitent acheter ses services. Cela donne une dimension héroïque au personnage dans l'haletante scène d'évasion d'ouverture puis un aspect plus antipathique dans ses interactions avec les tigres volants (aviateurs américains opérant pour les chinois). Cette dualité s'exprime plus particulièrement dans le rapport avec la chinoise Miss Young (Gene Tierney) où sa séduction désinvolte n'opère pas sur la noblesse d'âme de la jeune femme. C'est précisément cette romance qui amorce l'éveil de Williams.

Le cadre du récit à la frontière sino-birmane déploie donc une intrigue d'espionnage apparentant le film à Casablanca (1942). Mais la fêlure qui rendait le personnage de Humphrey Bogart si attachant et vulnérable est absente chez Williams, et naîtra plutôt à l'issue de l'histoire. Néanmoins Hathaway différencie bien cet égoïsme simple de la fourberie de l'agent double incarné par Victor McLaglen. La photo de Lee Garmes tisse de brillantes nuances pour accompagner les jeux d'espions alors que la dévotion de miss Young s'accompagne d'une imagerie immaculée, notamment lors du final dans l'école. La très spectaculaire conclusion s'inscrit ainsi dans le pur film de guerre et le drame qui va s'y jouer achèvera d'humaniser notre héros.

Les bonnes intentions n'empêchent cependant pas un grand nombre de clichés faisant la part belle aux américains sauveurs. Les japonais sont fourbes et barbares (l'exécution massive en ouverture) et les chinois offre une résistance plus philosophique (le père de Miss Young lisant un poème aux enfants lors du bombardement) tandis qu'il faudra attendre l'éveil de Williams (et symboliquement des américains désormais engagés) pour un affrontement armé, victorieux et héroïque face aux japonais. L'émotion fonctionne néanmoins dans le rebondissement final tragique et China Girl demeure une œuvre intéressante et typique de son contexte.

Sorti en dvd zone 2 français chez Fox 

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