Signe des temps politiques troubles actuels, la période de l’Occupation et plus particulièrement la collaboration obsède le cinéma français en 2026 puisqu’après Les Rayons et les ombres de Xavier Gianolli, voici Notre salut de Emmanuel Marre. Ce dernier s’inspire de la correspondance entre son arrière-grand-père et arrière-grand-mère durant l’occupation pour dépeindre le quotidien d’un collaborateur incarné par Swann Arlaud. A l’inverse du romanesque et de la veine opératique de Giannoli, Marre opte pour le versant purement « administratif » de la collaboration, les réunions, la mesquinerie et ambitions des petits fonctionnaires.
Le style désarçonne par son humour décalé donnant parfois le sentiment de regarder une version de The Office sous Vichy. Le miroir au présent est bien là avec des discours technocrates hors sol et une prétention « macroniste » (entre autres) avant l’heure pour remettre le pays en ordre de marche économique. Marre assume les anachronismes avec l’irruption de tubes New Wave à des moments inattendus, et se montre grinçant lorsque des décisions ignobles se débattent comme des actions administratives ordinaires telles ces rafles de juifs dont il faut négocier le carburant et les véhicules nécessaires. Swann Arlaud est absolument extraordinaire de veulerie et de lâcheté dans une prestation sidérante. Indéniablement un des chocs de la sélection officielle.En salle le 30 septembre



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