Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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lundi 16 mai 2011

Le Mauvais Chemin - La Viaccia, Mauro Bolognini (1960)


En 1890, Amerigo, jeune homme rangé, quitte la ferme paternelle pour venir travailler à Florence dans le magasin de vins de son oncle. Il s'aperçoit que son oncle mène une vie de débauché, à la merci de Beppa, sa maitresse, et qu'ils ont un fils illégitime. Amerigo tombe fou amoureux de Bianca, une fille de moeurs légères, mais son oncle le renvoit à la ferme quand il le surprend entrain de le voler.

La Viaccia est le film de la rupture pour Mauro Bolognini, celui par lequel s'affirme la touche de raffinement, de tragédie et de romanesque qu'on lui connaîtra dans ses grandes oeuvres des années à venir. Jusque là il s'était imposé dans les années cinquante par des comédies inoffensives avant d'aligner plusieurs réussites importantes néanmoins très empreinte de la personnalité de son prestigieux scénariste attitré Pasolini. La Viaccia impose donc sur tout les points la véritable touche du réalisateur tel l'attirance pour la grande adaptation littéraire (ici d'un roman de Mario Pratesi), le film en costume et la reconstitution d'inspiration picturale et le grand mélodrame.

La personnalité de Bolognini ne se résume pas à ce simple apparat puisque les grand thèmes et la construction de La Viaccia annoncent déjà son Bubu de Montparnasse dans la perte d'illusion du héros incarné par Jean-Paul Belmondo, le pouvoir de l'argent et l'univers de la prostitution. La Viaccia, c'est un une étendue de terrain fermier dont les membres d'une famille se disputent l'héritage. D'emblée la notion de richesse et possession domine tout les autres sentiments lors d'une sordide séquence où le patriarche meurt (sans rien laisser aux siens) alors que ses enfants se préoccupe plus de la distribution de ses biens que de l'accompagner dans ses derniers instants. Le rugueux père de famille paysan joué par Pietro Germi envoie donc son fils à la ville pour travailler chez son oncle ayant racheté le domaine, et ainsi s'attirer ses faveurs pour la famille lorsque viendra à son tour le moment de léguer l'héritage. Belmondo est finalement le seul personnage désintéressé et sans calcul du film, obéissant constamment à son coeur pour le meilleur et pour le pire.

Tombé sous le charme de la prostituée Bianca (Claudia Cardinale), il va tout lui sacrifier : sa fierté, sa situation et cette fameuse possibilité d'héritage. Bianca est elle plus ambigüe puisque bien que réellement amoureuse de lui, elle fonctionne également selon les même précepte matérialiste (soit l'exacte inverse de Bubu de Montparnasse où l'homme poussait l'héroïne amoureuse sur le trottoir) et qui oscille tout le film entre la tentation d'un ailleurs avec Amerigo et conserver sa rentable mais sordide situation. Belmondo et Cardinale forment un couple magnifique dont Bolognini capte l'alchimie avec brio par son formalisme (cadrage splendide, superbe photo de Leonida Barboni) qui accentue encore la touche charnelle de leur scène ensemble.

C'est la première collaboration entre le décorateur Piero Tosi et Mauro Bolognini sur un film à teneur historique et le résultat est époustouflant de bout en bout. Les visions de cette Florence grisâtre, austère et majestueuse à la fois offre quelques moment de toutes beauté notamment la première rencontre entre Belmondo et Cardinale sous la pluie. Le luxe un peu vulgaire de la maison close a également quelque chose de captivant, surtout quand il s'oppose au sentiments pur échangés par notre couple et formant ainsi un obstacle symbolique et sous-jacent à leur union.

Hormis quelques petites longueur, Bolognini affiche donc déjà une belle aisance et un sens de la dramaturgie certain qu'il ne cessera d'affiner par la suite. Après un film dans l'ensemble plutôt en retenue laissant émerger quelque éclats, les vingt dernières minutes passent par toutes sortes sentiments contradictoires pour Amerigo dans un crescendo puissant avant une conclusion parfaite de mélancolie.

Sorti tout récemment en dvd zone 2 français aux Editions Montparnasse.

Extrait

dimanche 15 mai 2011

Isadora - Karel Reisz (1968)


Isadora est l'évocation de la vie de Isadora Duncan, danseuse et chorégraphe américaine à qui on attribue en quelque sorte l'invention de la danse contemporaine. Détachée de la rigueur et des codes de la danse classique, elle s'inspirait plutôt du culte du corps et de la liberté de ton issue du hellénisme pour inventer son propre langage lors de ses danse. Le scénario du film s'inspire de plusieurs sources : l'autobiographie posthume de Isadora Duncan elle-même mais aussi l'ouvrage Isadora Duncan: An Intimate Portrait que lui consacra Sewell Stokes. Du coup, entre réalité et légende, l'histoire suit plutôt fidèlement et chronologiquement les jalons de l'existence de la danseuse mais la mise en scène de Karel Reisz, la narration surprenante et l'interprétation fabuleuse de Vanessa Redgrave dans le rôle titre cherchent eux à retranscrire par l'image la liberté d'esprit qui était celle d'Isadora Duncan.

Un prégénérique étrange pose le ton d'emblée en nous montrant une Isadora enfant jurant fidélité à son art et promettant de ne jamais se marier. On découvre ensuite une Isadora vieillsante et affaiblie installée sur la French Riviera où elle rassemble ses souvenirs afin d'écrire ses mémoires. Le récit obéit donc à un va et vient entre passé et présent où la légende fanée et excentrique du présent transforme ses travers en vertus de la réussite de la danseuse libre et aérienne du passé.

On suit donc, des clubs de théâtre populaire à la bonne société européenne puis au salles les plus prestigieuses l'ascension irrésistible d'une Isadora qui a tout pour elle : la beauté, l'originalité et le talent. Karel Reisz alterne donc une réalisation sobre et sans éclat lors des passages du présent et rend ainsi déplacée et pathétique toute l'exubérance de Isadora alors qu'à l'inverse il l'entoure d'une aura de quasi déesse dans le passé. Une caméra virevoltante accompagne la liberté de sa gestuelle scénique, les cadrages les plus déroutants apportant une flamboyance grandiose aux passages dansés.

Tout cet apparat ne serait rien si la nature profonde de Isadora Duncan n'avait pu être saisie. Vanessa Redgrave devait déjà un Oscar et un prix d'interprétation cannois à Karel Reisz pour leur précédente collaboration sur Morgan deux ans plus tôt. Elle relève ici le défi (pour une nomination à l'Oscar et un nouveau prix à Cannes) en étant habitée de bout en bout par l'esprit d'Isadora. Tour à tour exaltée et radieuse, aigrie et cruelle, elle est tout aussi convaincante dans le zénith de la jeunesse triomphante que dans le déclin pitoyable.

On vante beaucoup (et à juste titre) la performance récente de Natalie Portman dans Black Swan et celle de Vanessa Redgrave est encore plus impressionnante puisqu'il s'agit ici autant de composer une danseuse crédible que de faire ressentir l'essence de l'art d'une vraie personnalité.

C'est donc de cette liberté que s'anime le film entièrement soumis à l'image pour exprimer les états d'âmes de son héroïne. C'est avant tout à une divagation dans les souvenirs d'Isadora plutôt qu'à un biopic classique que nous assistons. Les séquences du passé s'entrechoquent donc sans cohérence ni volonté de continuité ou d'unité de ton, Isadora passant d'une romance enflammée à une autre, le comique le plus outrancier (la passion pour l'homme grenouille fabuleux de drôlerie) au drame bouleversant.

La seule à même de relier ce kaléidoscope, c'est Isadora et sa fougue intacte pour la danse. Cela se manifeste entre autre lors d'un insert la voyant dans son esprit s'animer au milieu de colonnes antiques lorsqu'elle exprime son amour pour cette période, ou encore cette superbe scène d'amour avec James Fox où le plaisir de l'étreinte s'exprime dans son esprit par une chorégraphie au sol en montage alterné avec la vraie scène d'amour.

Le plus grand drame de l'existence d'Isadora avec la perte de ses enfants noyés dans un accident de voiture offre également un très beau moment. L'accident et la dernière vision des enfants aura été vu de manière fragmentée toute la première moitié du film et s'étire enfin là comme dans un mauvais songe par le jeu sur la vitesse de l'image, la photo voilée et le montage jouant sur la répétition. L'ensemble imprègne avec force le côté réellement traumatique de l'évènement pour Isadora.

La même force guide les derniers passages dansés pour des émotions contrastées : l'exceptionnelle communion avec le public soviétique joignant le geste et la voix pour relancer le spectacle interrompus par un coupure de courant, et à l'inverse l'intolérance américaine pour Isadora désormais associée aux communistes (Vanessa Redgrave possédée étant extraordinaire durant ces deux moments).

Au milieu de toute cette frénésie le film n'oublie jamais d'exprimer les nombreux apports de la danseuse à sa discipline et notamment son goût pour l'enseignement avec de jolis moments dans l'école qu'elle dirigea dans une Russie rongée par la misère. Etonnamment, Karel Reisz comme tombé sous le charme de son héroïne lui fait presque retrouver son lustre d'antan lors de l'ultime retour au présent le temps d'une fête endiablée.

Lorsque la cruelle réalité doit reprendre ses droits, le réalisateur expédie la mort d'Isadora (très surprenante et inattendue pour qui ne sait pas à l'avance la teneur des faits) brutalement arrachée à la vie et concluant abruptement ce beau film qui perd sans prévenir sa raison d'être.

Sorti en bluray français chez Elephant Films

Extrait

vendredi 13 mai 2011

Mamma Roma - Pier Paolo Pasolini (1962)

Mamma Roma, prostituée d'une quarantaine d'années pense être libérée de son jeune souteneur, Carmine, et tente de refaire sa vie. Elle reprend à ses côtés son fils, Ettore, qui ignore son passé. Ils emménagent dans l'appartement d'une nouvelle cité de banlieue qu'elle rêve idéale. Mamma Roma travaille désormais comme vendeuse sur le marché, pleine d'espoirs pour Ettore et la nouvelle vie qui commence.

Tout comme avec son premier film Accattone, Pasolini transcendait avec ce second essai l'inspiration néo réaliste pour délivrer une oeuvre toute personnelle et pétrie de ses thématiques. A l'image de Accatone ou des films qu'il a scénarisé pour Bolognini (notamment le diptyque Les Garçons/Ca s'est passé à Rome) on retrouve ce cadre banlieusard romain peuplé de jeunes voyous sans repères dont ici le jeune Ettore. Ce qui change la donne ici c'est le fait de placer au centre du récit un personnage d'adulte bienveillant et sacrificiel incarné par Anna Magnani, montrant ainsi un Pasolini en passe d'étendre son registre et de dépasser la description des moeurs des petites frappes qu'il connaît si bien. A l'opposé des récits d'errances des précédents films, Mamma Roma croise leur modernité à un mélodrame puissant et intense.

La scène d'ouverture annonce parfaitement les différents sentiments traversés tout au long du film entre humour, tendresse, cruauté et rapport de force. Mamma Roma est une prostituée fraîchement libérée de son proxénète grâce au mariage de ce dernier qui ouvre le film. Les rapports complexes amour/haine et dominant/dominés qui les unis s'expriment brillamment le temps d'une joute verbale chantée entre la mariée, le maquereau et la prostituée repentie. Cette liberté durement acquise donne donc l'occasion à l'héroïne d'enfin élever son fils de seize dont elle a toujours été séparée. C'est sans compter sur l'existence sauvageonne que ce dernier à connue livré à lui même et le tempérament orageux de Mamma Roma ne sera pas de trop pour le mettre au pas.

Anna Magnani délivre une prestation d'une profonde humanité avec ce personnage déterminé, caractériel et si touchant dans sa volonté de vaincre le destin et de donner une position à son fils. Ce dernier est joué par le jeune (et non professionnel comme la plupart du casting) Ettore Garofolo est coincé entre l'enfance qu'il n'a pas vraiment eu (toute les premières scène entre lui et Magnani étouffe la dureté attendue pour verser constamment dans une belle tendresse comme ce tango entre mère et fils) et l'adolescence délinquante qui le guette, sa figure juvénile et poupine se durcissant au fil de la perte de son innocence.

Pasolini use d'ailleurs beaucoup des séquences en parallèle se répondant au début et à la fin pour marquer le basculement tragique des évènements. Les retrouvailles entre Mamma Roma et Ettore au début lorsqu'elle le suit derrière ses amis pour le rappeler à elle trouvera son pendant négatif dans la dernière partie où Pasolini use du même découpage pour cette fois la montrer incapable de le rattraper et symbolisant la rupture puisqu'il a découvert que sa mère est une ancienne prostituée. L'usage le plus brillant de cette idée reste cependant le plan séquence nocturne en travelling qui suit Mamma Roma au départ s'extirpant de ses ruelles de passe habituelle et abandonnant ses anciennes "collègues" pour symboliquement voguer vers une nouvelle vie avec son fils. Le passage a également une valeur psychanalytique puisque Anna Magnani perdue dans ses pensées s'y confie métaphoriquement à plusieurs passant se donnant le relai une part son passé douloureux (mariage précoce, pauvreté, prostitution...) et son bonheur de s'en sortir. La même scène en conclusion aura une toute autre portée puisque là les déambulations accompagnent un profond désespoir et se solde par une rechute lorsqu'elle cède à ses clients.

Ces deux passages démontre une stylisation affirmée de la part de Pasolini qui dépasse la touche naturaliste qu'on ressent dans l'ensemble. C'est particulièrement vrai dans l'usage qu'il fait d'un concerto de Vivaldi qui donne un ton élégiaque et majestueux à toute cette fange environnante dans les moments apaisés et qui bouleverse totalement lorsque le drame s'intensifie. Difficile ainsi de rester de marbre lorsqu'on assiste au terrible sort final de Ettore. A la musique s'ajoute ainsi le symbolisme religieux l'associant au Christ crucifié (que le début du film annonce avec La Cène reprise le temps d'un cadrage durant le mariage) et un montage alterné puissant montrant l'ultime dialogue à distance entre Mamma Roma et Ettore redevenu un petit garçon craintif appelant sa mère dans l'obscurité de ses derniers instants. Dès lors alors que tout est perdu, le pathétique le plus éprouvant peut s'inviter dans un ultime moment où Anna Magnani s'abandonne totalement à une démence hébétée qui marquera longtemps après le mot fin. Grand film.

Sorti en dvd zone 2 chez Carlotta


Tuez Charley Varrick - Charley Varrick, Don Siegel (1973)


Charley Warrick cambriole une banque avec sa femme et un acolyte. Mais il comprend vite que la somme énorme qu'il a dérobé appartient a la mafia qui lance un tueur a ses trousses.

Don Siegel avait amorcé avec Les Tueurs la mutation du film noir vers le polar urbain et hard-boiled, réalisé un classique absolu du genre avec L'Inspecteur Harry et ce Charley Varrick s'affirme comme sa quintessence absolue et jubilatoire. Moins célébré et connu que Dirty Harry dans la filmographie du réalisateur, Charley Varrick en constitue en quelque sorte le film jumeau par les nombreuses similitudes qu'on trouve entre les deux films où la manière dont les différences s'inscrivent dans un parallèle forcément pensé.

A l'opposé de l'enfer urbain et tentaculaire de San Francisco, Charley Varrick s'ouvre une des images rurales ensoleillée et idylliques bientôt interrompue par la frénésie de violence et d'action d'un hold-up. Problème pour le héros incarné par Walter Mathau, le montant du butin s'avère bien plus élevé que prévu, et pour cause, la banque sert clandestinement de transit à l'argent de la mafia. Siegel rythme alors son intrigue policière avec un sens du rythme et une limpidité narrative exemplaire (où se ressent sa formation à la série allant droit au but) entre Charley Varrick tentant par tout les moyens de s'extraire de ce mauvais pas tandis que l'étau se resserre autour de lui, entre la police et la mafia à ses trousses. Tout comme Inspecteur Harry, le film se fait le portrait d'un homme seul face à son environnement hostile et usant de méthode toute personnelle pour y échapper.

La bonhomie naturelle de Walter Matthau devant la caméra de Siegel dissimule finalement le calcul et la malice d'un personnage condamné à perdre son identité et humanité pour s'en sortir. La transformation se fait en deux temps, tout d'abord la fameuse scène d'ouverture où son épouse meurt de ses blessures le contraignant à l'abandonner puis lorsqu'il se rend compte que son acolyte (jeune chien fou joué par Andy Robinson, l'inoubliable Scorpio de Dirty Harry) est incontrôlable et qu'il devra procéder sans lui. Les rouages de son plan se mette en marche, mais ça on ne s'en rendra compte que bien plus tard tant Warrick semble faussement dépassé et tant ses adversaires paraissent redoutables. Cette finesse en creux dans la manière de fouiller son personnage tout en s'inscrivant dans le pur film de genre est une des grandes qualités de Siegel qui n'a pa besoin d'appuyer outre mesure pour se faire comprendre.

Parmi eux Joe Don Baker compose un mémorable personnage de tueur. Look texan extravagant, sourire carnassier et manière de brute épaisse c'est paradoxalement le personnage le plus drôle du film même lors de ses pires excès de violence. Joe Don Baker lui confère une allure décontractée et menaçante à la fois ce qui le rend d'autant plus terrifiant. Il n'a guère à envier au duo de The Killers lorsqu'on le voit malmener sans vergogne un vieillard en fauteuil roulant. John Vernon compose une figure de banquier mafieux tout aussi étrange et renforçant l'aura paranoïaque du film par les ramifications qu'il implique et le fait qu'il soit lui même menacé par une entité criminelle nébuleuse qu'on ne connaîtra jamais complètement. En résulte une des scènes les plus étranges du film avec cette échanges en campagnes près d'un pré de vache où il s'imagine bien à leur place vu le sort qui l'attend.

L'autre point fort c'est la patine seventies bien sentie du film qui renforce encore le plaisir de visionnage. Le score cool et percutant de Lalo Schiffrin accompagne donc la vision de ses figures féminines en bikini ou en mini short, des situations dont la teneur sexuelle s'amène de la manière la plus naturelle et inattendue qui soit (hilarante séquence entre Joe Don Baker et la photographe qui cède avec le sourire avec avoir reçu une gifle retentissante, l'aventure entre Matthau et Miss Ford...). Le cadre rural permet aussi les rencontres et la traversées de lieux les plus extravagants qui soient tel cette maison close au milieu de nulle part, où l'ironie de Siegel (le paillasson en forme de dollar !) accompagne toujours avec justesse la tension voulue par l'intrigue puisque ces différents décors constituent tous des points d'ancrage de l'omniprésente et invisible mafia.

La mention last of the independant accompagnant le titre effectue définitivement le rapprochement entre un Harry Callahan et Charley Varrick. Tout les deux sont des insoumis face au système (juridique pour Harry, criminel pour Varrick) qui entravent leur avancée et à la force d'action d'Harry, Varrick use lui d'une intelligence redoutable pour perdre tout le monde. La conclusion implacable montre le pallier franchi par Varrick (précédé par une séquence d'action parfaite de sécheresse filmée par Siegel avec une poursuite voiture/avion) dans un vrai/faux happy end (à nouveau similaire à Dirty Harry) où notre héros sa tâche remplie s'éloigne au loin en voiture. Sous la classe indéniable de surface d'un Walter Matthau génial et imperturbable, c'est bien la mélancolie d'un renoncement à son identité qui domine finalement en clou de ce très grand polar.

Sorti en dvd zone 2 français chez Bac Vidéeo. Analyse passionnante en bonus du regretté Alain Corneau...


mercredi 11 mai 2011

Les Invités de huit heures - Dinner at Eight, George Cukor (1933)

 

Millicent Jordan met tout son temps et son énergie à organiser un dîner en l’honneur de Lord et Lady Ferncliffe, sans se préoccuper des problèmes de son mari Olivier Jordan avec son entreprise maritime au bord de la faillite. On suit ainsi les préparatifs du dîner et la galerie de personnages pittoresques invités à la soirée : l'ancienne actrice Carlotta Vance, gênée financièrement cherche à vendre ses actions; Dan Packard, homme d’affaires arriviste, veut s’accaparer l’entreprise d'Olivier Jordan ; sa femme, Kitty, une extravertie friande de chocolat, attend son médecin, accessoirement son amant ; Larry Renault, amant de la fille des Jordan et acteur has-been en proie aux pires difficultés... Le dîner s’annonce plein de rebondissements.

Cadre mondain, portrait au vitriol et préoccupation sociale, Dinner at Eight porte en lui ce qui fera le sel des meilleurs films à venir de Cukor comme Indiscrétions ou Vacances notamment. L'intrigue se présente comme un long happening de présentation de ce qu'on pense être le climax du film avec ce fameux dîner mondain qui donne son titre au films. Adapté d'une pièce de George Kaufman et Edna Ferber, le scénario entrecroise les destins des futurs invités avant l'évènement aborde ainsi des genres et des tons bien divers en dressant le portrait plus ou moins reluisant des différents protagonistes.

On tâte du vaudeville le plus outré avec le couple vulgaire formé par une Jean Harlow survoltée et un Wallace Beery bougon, de la comédie de moeurs enlevée avec la très snob et angoissée maîtresse de cérémonie joué par Billie Burke ou du drame conjugal le temps d'une scène poignante entre le médecin coureur de jupons et son épouse résignée avec Karen Morley (qui fait formidablement exister son personnage le temps d'une scène) et Edmund Lowe. L'autre thème sous-jacent est celui du basculement d'une époque à une autre, d'une mentalité et vision de l'existence à une nouvelle plus moderne mais pas forcément meilleure. La crise de 1929 dont les effets se font encore ressentir permet ainsi d'alterner la vision d'un Lionel Barrymore à bout de force dont l'entreprise familiale décline, en opposition à l'arrivisme impitoyable de l'homme d'affaire vulgaire élevé à la force du poignet qu'incarne un Walter Beery.

La même idée s'exprime dans les personnages vieillissants d'acteurs, de manière pathétique mais plutôt humoristique avec Marie Dressler (à l'autodérision jubilatoire il fallait oser le bon mot sur son double menton) et carrément tragique pour John Barrymore, saisissant en star déchue et ruinée. Clairement la figure la plus tragique du film, abaissée plus bas que terre et faisant définitivement basculer l'ensemble dans une touche bien plus tragique. Du coup malgré l'aspect plutôt enlevé de l'ensemble, une atmosphère douce amère se fait plutôt dominante devant ses ses tonalités contrastées où la mise en scène de Cukor sert totalement ses personnages tel ce long plan fixe lors de l'échange entre le médecin et son épouse ou l'ellipse remarquable de subtilité lors de l'amorce de chantage de la femme de chambre de Jean Harlow. Conçu par David O' Selznick pour surfer sur le succès du all star cast de l'année précédente Grand Hotel , Les Invités de Huit Heures lui est supérieur en tout point même si Cukor fera bien mieux par la suite.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner, avec un amusant documentaire d'époque consacré à Jean Harlow grande attraction du film sur laquelle a largement jouée la promotion.

mardi 10 mai 2011

La Vérité sur Bébé Donge - Henri Decoin (1951)


Elisabeth Donge dite: "Bébé Donge" a empoisonné son époux, François Donge. Ce dernier, sur son lit de souffrance revit les moments clés de sa vie avec Bébé, qui l'ont amené dans cette chambre de clinique. Gros industriel et collectionneur de jolies femmes, François a épousé Elisabeth d'Onneville, plus par lassitude que par amour. Bébé, jeune fille idéaliste et passionnée, n'a pu trouver en lui ce qu'elle attendait. Dix ans plus tard, cruellement déçue, elle a empoisonné son mari.

La Vérité sur Bébé Donge est la troisième adaptation de Simenon pour Henri Decoin (après Les Inconnus dans la maison en 1942 et L'Homme de Londres en 1943) qui signe là un de ses meilleurs films en plus de relancer la carrière de celle qu'il contribua à lancer (et qui fut un temps son épouse), Danielle Darrieux. Un construction audacieuse entre passé et présent va contribuer à nous dépeindre le désagrégement d'un couple formé par Jean Gabin et Danielle Darrieux. Le présent nous montre un Gabin agonisant sur son lit d'hôpital empoisonné par son épouse et, loin de lui en tenir rigueur, c'est au contraire le regret de son attitude passée envers elle qui s'amorce en flashback et nous fait comprendre comment l'on en est arrivé là.

François Donge (Jean Gabin) est donc un riche industriel provincial, farouchement indépendant et amateur de femmes. Séduit par la candeur de sa future belle-soeur Bébé (Danielle Darrieux) il finit pourtant par l'épouser sans changer d'un pouce ses habitudes. Le scénario dépeint de manière grinçante les moeurs de cette bourgeoisie provinciale pour qui tout n'est qu'apparence. Les mariages les plus stables sont ceux arrangés par l'entremetteuse jouée par Gabrielle Dorziat et ceux qui s'unissent pour de réels sentiments finissent broyés par leur environnement. Jean Gabin incarne ainsi cet homme tout puissant et égoïste pour lequel le mariage n'est qu'une formalité de façade qui va briser les élans romantiques d'une Danielle Darrieux constamment en demande d'affection. Entre adultères, répliques cinglantes et indifférence le quotidien finit par installer le couple dans l'habitude (superbe montage sur dix années se faisant au rythme des soirées d'anniversaires de mariage) mais cela ne peut suffire à la passionnée Bébé qui va alors commettre l'impensable.

Le présent inverse le rapport avec une Bébé désormais insensible et distante envers cet homme qui l'a tant déçue alors que la flamme se ranime chez François Donge enfin conscient de son attitude et qui souhaite la reconquérir. Danielle Darrieux est aussi captivante en jeune mariée lumineuse et folle d'amour qu'en femme mûre austère (la quasi tenue de deuil du présent répondant aux robes stylisée aperçues dans les flashback pour illustrer ce changement d'état d'esprit) tour à tour aimante et vive puis d'une retenue guidée par une rancoeur tenace. Gabin déploie tout son registre pour nous intéresser à ce personnage fort détestable et imbu de lui-même, sa rédemption finale s'avérant très touchante dans son inutilité.

Le portrait se fait tout aussi féroce en toile de fond avec cette communauté (y compris les proches) prête à étouffer le crime pour maintenir l'illusion intacte sauf pour narguer l'adversaire (Le malheur vous va bien...). La mise en scène de Decoin, sobre et précise n'en est pas moins doté de belles idées comme ses effets de flous amorçant étonnamment les retours en arrière où cette séquence finale où la voiture transportant Bébé disparait dans la nuit noire.

Malgré quelques petites longueurs un pur diamant noir et sans espoir (le fait de ne jamais voir leur enfant n'est sans doute pas innocent) qui rappelle pas mal certaines futures atmosphères qu'on verra chez Claude Chabrol .

Disponible en dvd chez Gaumont dans la collection Gaumont à la demande

Extrait

lundi 9 mai 2011

If.... - Lindsay Anderson (1968)


Des lycéens anglais se révoltent violemment contre le système éducatif et la discipline de fer de leur établissement.

Cofondateur du free cinema anglais avec ses amis Karel Reisz et Tony Richardson au début des années 60, Lindsay Anderson en prolongeait les préoccupations de manière radicale avec le brulot If.... Ancré dans un quotidien prolétaire, les grands classiques du free cinema (Billy Liar, Saturday Night and Sunday Morning, The Loneliness of The Long Distance Runner), montrait une jeunesse désemparée par les entraves du système et qui malgré tout ses efforts se voyait toujours contrainte de rentrer dans le rang. If.. sort en 1968 alors que différents mouvement libertaires plus où moins extrêmes s'impose à travers le monde (le héros incarné par Malcolm MacDowell affiche des posters des Black Panthers dans son antre secrète) et fascine une jeunesse bien plus déterminée dans sa rébellion. Plus de place pour la résignation donc et le film de Lindsay Anderson s'affirme comme une féroce satire en forme d'appel aux armes.

Le scénario de John Sherwin (grandement inspirée de sa propre expérience dans le pensionnat de Tonbridge School) nous plonge donc dans le quotidien d'un pensionnat anglais de garçons que nous suivons sur la durée d'une année scolaire. Au départ rien ne semble distinguer cet établissement de ce qu'on attend d'y voir, entre chamailleries, bizutage, et sottises diverses. Pourtant peu à peu le malaise s'installe insidieusement par le dispositif installé par Anderson (notamment une déstabilisante alternance de la couleur et du noir et blanc tout au long du film) pour sonder l'organisation de l'école. Se présentant faussement comme un système appelant à l'autogestion de chacun et d'une évolution individuelle, l'école transpose dans le domaine éducatif un pur modèle militaire.

Un petit groupe d'élève plus âgé, les Whip (fouet en anglais et cela prend tout son sens) se charge de la surveillance des autres dont se sont déchargé les professeurs. L'ensemble des échanges reposent sur les rapports de force et de domination (lorgnant ouvertement le temps d'une scène vers le sadomasochisme) où les Whip abusent de leurs autorité pour régler leur compte et soumettre les plus récalcitrants au punitions les plus cruelle. Il vont pourtant trouver à qui parler avec Mick Harris (Malcolm McDowell dont la première apparition masquée le rapprochant de l'anarchiste Guy Fawkes donne le ton) le plus arrogant des pensionnaire et fasciné par les figures les plus fameuses de la rébellion. La violence des punitions ira crescendo avec la virulence des revanches prises par Mick et ses amis véritable nid de la résistance jusqu'à l'implacable séquence finale.

Lindsay Anderson fait preuve d'une audace de tout les instants, dans la forme comme le fond. Ancien documentariste (il reçoit en 1954 l'Oscar du meilleur court-métrage documentaire avec son Thursday's Child) il dépeint l'atmosphère de cet école en alternant style sur le vif voire froideur clinique (le long châtiment à coup de bâton de Mick) avec une stylisation toujours surprenante. On bascule ainsi par instant dans une atmosphère surréaliste et psychédélique très étrange le temps de quelque scène comme l'excursion à l'extérieur où Mick drague une jeune serveuse qu'il entreprend dans le bar même sur un montage saccadé...

De même plus tard après une mauvaise blagues au pasteur Mick est convoqué au bureau du recteur qui le somme de s'excuser auprès de sa victime, qui surgit alors du tiroir d'une des armoire de la pièce ! Autre point étonnant, l'éveil des sens et de désirs interdits de ces jeunes gens amenés par leur promiscuité quotidienne et donc la question de l'homosexualité abordé frontalement par une relation entre un élève plus âgé et un autre au physique androgyne.

La principale cible de If..., c'est cependant les modèles de vie tout puissant symbolisés par l'armée et la religion. Les scènes de messes phagocytant l'esprit des jeunes garçons ponctuent l'ensemble du film dont une mémorable où le prêtre interprète l'ensemble de son sermon et les versets de la bible sous l'angle militaire. Ce même prêtre qui troquera sa robe pour un autre uniforme plus martial le temps d'un exercice de combat en forêt...Plus insidieusement certaines des actions les plus discutable de Mick et ses amis ne sont pas punies, comme pour récompenser malgré la rébellion une certaine forme d'initiative dans la nuisance.

La jolie serveuse tombe dans les bras de Mick alors qu'il l'a abordé de la manière la plus machiste qui soit et le directeur semblera presque fier d'eux lorsqu'il devra les punir pour usage des armes. Un méthode d'éducation qui se retournera contre l'établissement lors de l'extraordinaire final où les rebelles s'attaquent aux deux institutions qui n'auront su les briser dans une pure séquence de guérilla. une conclusion coup de poing pour un film définitivement sans concession.

Cette prise de risque paiera puisque le film remportera la Palme d'or à Cannes en 1969. Malcolm McDowell qui dans son premier rôle délivre à l'état brut son ambiguïté mi ange mi démon et sera remarqué par Kubrick qui en fera le célèbre Alex de Orange Mécanique. L'histoire ne s'arrête pas là pour autant puisque Lindsay Anderson tournera deux suite à son film culte, O Lucky Man (1973) et Brittannia Hospital (1982) où Malcolm McDowell reprend son rôle de Mick Harris pour de nouvelles aventures.

Pour les plus fortunés disponible en dvd zone 1 dans une splendide édition bourrée de bonus chez Criterion (et normalement de sous-titres anglais comme le plus souvent avec eux) et les autres se reporteront sur le zone 2 anglais qui est lui pourvu de sous-titres anglais et beaucoup plus abordable. Il comporte notamment "Thursday Children", le court récompensé de Lindsay Anderson.


samedi 7 mai 2011

Pygmalion - Bernard Shaw's Pygmalion, Anthony Asquith et Leslie Howard (1938)

Le professeur Henry Higgins, alors qu'il étudie de loin les manières d'une pauvre vendeuse à la sauvette de Piccadilly Circus, parie avec un collègue qu'il peut, en quelque temps et a titre d'expérience, complètement corriger l'allure et le langage de celle-ci, pour en faire une femme de la haute société.

Si la transposition musicale My Fair Lady reste la version désormais la plus connue de la fameuse pièce de George Bernard Shaw, celle ci connu une adaptation plus classique avec ce film de 1938. Shaw signe d'ailleurs lui-même le scénario tandis que la mise en scène se partage entre le plus aguerri Anthony Asquith et Leslie Howard dont c'est la première réalisation.

Dans l'ensemble le film est très fidèle à la pièce si ce n'est certains personnages secondaires un peu moins développés et la conclusion bien plus sentimentale et romantique que le cynisme de la pièce. On suit donc les aventures de Eliza Doolitle (Wendy Hiller dans son premier rôle cinéma et qui fut aussi la première Eliza Doolittle dans la pièce de Shaw), jeune fleuriste sans éducation des rues qui se voit prise en main sur un pari par le professeur Higgins (Leslie Howard) qui s'est juré de lui donner la prestance et la diction d'une duchesse en six mois.

Le script conserve toute la causticité et l'humour méchant de la pièce à travers le personnage hautain et méprisant de Higgins magistralement incarné par un Leslie Howard sautillant et rudoyant plus qu'à son tour Wendy Hiller. Cette dernière donne dans un registre à mi chemin entre le loufoque (hilarante scène où on tente de lui donner un bain) par les manières et le parler rustre de l'héroïne et une dimension plus profonde et intériorisée, ce dernier dominant au fil de l'avancée du film et de l'acquisition du savoir par Eliza Doolitle.

L'origine théâtrale se ressent clairement par la construction du film obéissant à celle des actes de la pièce et se divisant donc en cinq grandes et longues séquences abordés de manières constamment variées par Asquith. Les deux premiers "actes" (la rencontre farfelue en pleine rue, la mise en place du pari et le début de l'apprentissage) donne ainsi volontairement dans le pur théâtre filmé avec son verbe assassin, le défilé de personnages délirants (Wilfried Lawson d'une vulgarité grandiose n Mr Doolitle) et l'abattage du duo Hiller/Howard, elle en victime ne s'en laissant pas compter et lui en professeur tyrannique et odieux. Les séquences d'apprentissage par leur montages (signé David Lean !) dynamique aux multiples invention visuelles se chargent donc d'apporter l'énergie empêchant le tout d'avoir un aspect trop figé.

La mise en scène s'enhardit au fil des progrès de Eliza Doolitle et la première hilarante sortie pour un thé, par son jeu des champs contre champs et la disposition des personnages dans l'espace. On constate l'extraordinaire travail effectué sur les intonations et les modulations de voix à travers la prestation de Wendy Hiller et l'impression que donne son personnage pas encore mûr, la diction quasi parfaite désormais exprimant encore des anecdotes vulgaires. l'important n'est pas seulement la manière de dire mais ce qui est prononcé également. Cette nuance se voyant approfondi en conclusion lorsque Eliza fera remarquer à Higgins que c'est autant le regard respectueux porté sur elle que que son attitude propre qui en fera réellement un Lady. Wendy Hiller est constamment sur la corde raide du cabotinage et de la caricature mais fait finalement preuve d'une maîtrise surprenante, toujours cette étincelle de mélancolie lorsqu'elle en fait des tonnes en pauvresse ignare et le regard malicieux en coin quand elle donne dans un registre ouvertement dramatique.

Tout cela fait merveille dans le sommet du film qu'est la superbe scène de bal où Eliza dégage une grâce et un mystère inattendu qui époustoufle l'assistance. Mais savoir c'est finalement être conscient de sa position et en décalage avec comme elle va le constater lors d'une cruelle séquence où son statut de simple cobaye éclate au grand jour. Le récit passionne lorsqu'il aborde cet entre deux troublant où se trouve Eliza, trop éduquée pour retourner dans un milieu qui n'est plus le sien, et d'origine trop modeste pour intégrer celui que ses nouvelles manières exige. Wendy Hiller est à nouveau épatante et Howard tout aussi brillant par sa goujaterie suscitant une incompréhension totale des sentiments d'Eliza.

Les derniers échanges désormais d'égal à égal même si tirant un peu trop en longueur sont brillants dans le renversement des forces, le marionnettiste Howard étant totalement dépassé par la vivacité de sa création désormais libre de ses pensées. Le film conserve ainsi toute l'acidité de la pièce tout en ménageant une issue plus romantique attendue lors de la belle conclusion où est néanmoins restée malgré le rapprochement des héros l'audace de ne pas les marier ce qui surpris grandement le public de théâtre à l'époque. Superbe adaptation donc qui eu d'ailleurs une influence directe sur la pièce puisque tout les ajouts du film (les scènes d'apprentissages, le bal et le phonétiste hongrois qu'on y rencontre) furent intégré par la suite par Shaw dans les futures représentations de la pièce.

Sorti en dvd zone 2 français chez Carlotta

Extrait des 10 premières minutes