Arthur, jeune milliardaire blasé, semble s'ennuyer, mais se retrouve
ruiné sur un coup du destin. Son précepteur lui conseille de prendre une
assurance vie au profit de sa fiancée et de lui même. Arthur va être
victime de nombreuses tentatives de meurtre, et en oublie sa déprime.
Après le triomphe commercial de
L'Homme de Rio
(1964), une suite en est bien évidemment attendue mais Philippe de
Broca craignant d'être catalogué s'y refuse. A la place il préfèrera
retrouver son premier double cinématographique Jean-Pierre Cassel dans
Un monsieur de compagnie (1964), poursuivant l'esprit de leur brillantes collaboration sur
Les Jeux de l'amour (1960),
Le Farceur (190) et
L'Amant de cinq jours (1961). Le film sera malheureusement un échec commercial, forçant le réalisateur à revenir à au registre de
L'Homme de Rio.
Plutôt qu'une suite, De Broca préfère très librement adapter le roman de Jules Verne
Les Tribulations d'un Chinois en Chine
où il intégrera tous les éléments du succès initial, retrouvant
Jean-Paul Belmondo, le producteur Alexandre Mnouchkine et bien sûr son
scénariste Daniel Boulanger. Seul absent de taille Jean-Paul Rappeneau
qui avait pourtant eu un rôle majeur par sa rigueur narrative coutumière
dans la construction parfaite de
L'Homme de Rio. Film signé à contrecœur,
Les Tribulations d'un Chinois en Chine
sera une redite du succès de 1964 où tout est repris dans un excès
indigeste : plus de moyens, plus d'exotisme, plus de cascades, plus
d'humour nonsensique. Il manque cependant l'essentiel, l'implication.
La réussite de
L'Homme de Rio
était une affaire d'équilibre. Les courses poursuites endiablées
étaient entrecoupées des respirations comico-romantique entre Jean-Paul
Belmondo et Françoise Dorléac. Les méchants grotesques prêtant à rire
était contrebalancé par un Jean Servais glaçant qui ramenait le tout à
un premier degré où le danger et l'imprévu continuait à guider
l'aventure. Il en va de même pour les cascades où les exploits
reposaient avant tout les capacités physiques exceptionnelles de
Belmondo. Ici tout est placé à l'aune de l'excès et de la surenchère
hystérique qui lasse rapidement le spectateur. L'enjeu moins
"concret" que
L'Homme de Rio (un
sauvetage et une chasse au trésor) méritait pourtant un traitement plus
subtil avec ce héros milliardaire suicidaire qui en orchestrant sa
propre mort va retrouver gout à la vie.
Belmondo parait bien
désintéressé par cet enjeu dramatique, exprimant le mal être du
personnage en tripotant sa mèche de cheveux et en adoptant des moues
affectées. Il est bien sûr plus convaincant dès qu'il est dans le
mouvement mais le rythme infernal du film en fait plus un pantin
désarticulé qu'un personnage auquel on s'attache et dont on a envie de
suivre les aventures. En face Ursula Andress n'est guère convaincante,
manquant de finesse et d'espièglerie, un peu forcée dans la légèreté.
De
Broca commet également l'erreur de traiter sur le même ton rigolard et
déjanté la menace du film, que ce soit celle finalement factice de la
première partie ou celle plus concrète de la fin avec pour résultat une
absence totale de sentiment de danger alors que le héros est poursuivi
par une horde de tueurs surarmés. Le recyclage de
Tintin
est des plus maladroits et grossiers aussi avec les similis Dupont et
Dupond joué par Paul Préboist et Mario David (supplantant parfois le
bien plus intéressant majordome à la Nestor joué par Jean Rochefort),
des atmosphères à la
Tintin au Tibet mais sans l'émotion de l'album d'Hergé.
La
seule réelle satisfaction sera donc la patte esthétique de De Broca
toujours aussi brillante. Le tournage entre le Népal à Katmandou, à Hong
Kong puis en Malaisie fut une aventure en soi et ce dépaysement et
exotisme se ressent largement à l'écran. Cadrages parfait mettant en
valeur les vues de la baie de Hong Kong, vue aérienne du Népal traversé
en ballon, scène d'amour sur une île de l'archipel de Langkawi, les
rares moments contemplatifs sont de pures merveilles pour les yeux.

Si
l'accumulation rend l'ensemble indigeste, prise séparément les scènes
d'actions et les nombreux gags qui les parsèment font montre d'une
inventivité bluffante. On pense à ce moment où Rochefort et Belmondo
sont suspendus à un pont en bois par les chemises de la valise de Bebel
formant un nœud ou encore cette folle poursuite (qu'un certain Jackie
Chan a certainement dû voir) où notre héros s'agrippe à un échafaudage
en bambou tout en affrontant une dizaine d'adversaires. Toutes ces
réelles qualités sont malheureusement au service d'un certain vide dont
le succès certes réel sera bien moindre que celui de
L'Homme de Rio qui aura fait deux millions d'entrées de plus. Premier vrai simili ratage de De Broca,
Les Tribulations d'un Chinois en Chine est condamné à rester dans l'ombre de son illustre modèle.
Sorti en dvd zone 2 et bluray chez TF1 vidéo
Extrait
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