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lundi 26 novembre 2018

Opération clandestine - The Carey Treatment, Blake Edwards (1972)

Le docteur Peter Carey rejoint son nouveau poste dans un hôpital de Boston, dirigé par le docteur J.D. Randall et où travaille un de ses amis, le docteur David Tao. Il y fait la connaissance de Georgia Hightower dont il tombe amoureux. Bientôt, il apprend l'arrestation de Tao, accusé d'avoir pratiqué un avortement illégal sur Karen Randall, fille de J.D., qui vient de mourir d'une hémorragie interne peu après son arrivée aux urgences de l'hôpital. Convaincu de l'innocence de son ami, Carey mène une enquête parallèle.

Opération clandestine s'inscrit dans une période creuse de la filmographie de Blake Edwards. Le succès commercial le fuit tandis que le montage de plusieurs de ses films lui échappe sur Darling Lili (1970), Deux hommes dans l'Ouest (1971) et donc Opération clandestine. Cela n'empêchera pas la vraie réussite artistique de ces trois films mais laissera au réalisateur un ressentiment qui s'exprimera plus tard dans le furieux S.O.B. (1981).

Opération clandestine marque l'introduction de Michael Crichton dans le monde du cinéma avec cette première adaptation d'un de ses romans, signé sous pseudo au vu du sujet médical polémique alors qu'il officie encore à la faculté de médecine d'Harvard. Le récit nous plonge dans le quotidien d'un hôpital de Boston où le docteur Peter Carey (James Coburn), fraîchement arrivé fait figure d'électron libre. Cela passe d'abord pas le jeu décontracté et séducteur de Coburn, en contradiction avec l'attitude ambiante guindée et déférente envers le tout puissant J.D. Randall (Dan O'Herlihy), directeur de l'établissement.

Lorsque le drame se noue avec la mort accidentelle de la fille adolescente de Randall, cette présence poil à gratter de Carey prend tout son sens. L'accusé idéal est en effet le docteur Tao (James Hong), accusé d'avoir avorté grossièrement la jeune fille. L'introduction aura habilement mis en place les jeux de pouvoirs et les échelles sociales de l'hôpital où l'on comprend vite que Tao l'émigrant chinois fait un coupable idéal face à la bourgeoisie WASP en place. Carey mène l'enquête pour innocenter son ami et le tempérament gouailleur du personnage sert un regard ironique où Edwards met à jour l'hypocrisie sociale ambiante, se développant au-delà même de l'hôpital avec notamment la complaisance de la police.

C'est cette approche qui domine, la dimension purement policière et thriller ne s'amorçant vraiment que dans les quinze dernières minutes. Auparavant Edwards tisse une atmosphère désabusée dans les portraits dépeints sur toutes les strates sociales (adolescentes livrées à elles-mêmes, parents démissionnaires et alcooliques) tout en creusant la personnalité de Carey porté par une interprétation subtile d'un étonnant James Coburn.

Le ton mélancolique fonctionne particulièrement dans la romance qui se noue avec le personnage de Jennifer O'Neill, mais leur scènes en commun semblent être les principales victimes des coupes du studio. L'alchimie fonctionne mais l'on finit un peu frustré de ne pas avoir eu cet aspect plus développé. Une belle réussite néanmoins pour Blake Edwards mais un nouvel échec au box-office, le succès ne revenant qu'avec la reprise de la saga de La Panthère Rose.

 Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

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