Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 25 novembre 2019

Les Félins - René Clément (1964)


Des tueurs, à la solde d’un mari américain trompé, sont à la poursuite de Marc (Alain Delon), l’amant. Celui-ci se réfugie sur la Côte d’Azur et est embauché comme chauffeur par Barbara, une riche Américaine. Il comprend bientôt qu’il n’a pas été choisi au hasard et se trouve plongé au cœur d’une sombre machination.

Les Félins est un thriller lorgnant sur Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot, mais qui anticipe par certains aspects Les Proies de Don Siegel. René Clément construit un thriller psychologique (adapté du roman Joy House de Day Keene) où il reprend de façon moins aboutie mais néanmoins fascinante des éléments de son Plein Soleil (1960). L'ouverture est assez sensationnelle avec un Alain Delon gigolo oisif qui se voit traquer de manière haletante par les hommes de mains d'un mari trompé, dans une course poursuite filmée au cordeau par Clément dont on se demande comment il va maintenir un tel rythme. 

 C’est pour mieux nous surprendre par une rupture de ton quand Delon est embauché chez une riche américaine (Lola Albright) et sa jeune cousine jouée par Jane Fonda. Le film oscille alors entre le quasi fantastique (cadrage déroutant, point de vue subjectif et regard omniscient créant le malaise) et le thriller avec une ambiance sensuelle et oppressante où les deux femmes, par frustration et/ou éveil aux sens se Fonda se disputent les faveurs de Delon. Du comportement de ce dernier envers ses hôtes dépendra son salut tandis qu’il se trouve toujours traqué et aux abois. On peut regretter que ces prémices prometteurs soient un peu gâchés par un scénario si mal structuré. La menace des gangsters se relâche totalement lorsque le film change de direction et enlevant une bonne part de tension. La révélation à mi-film est maladroitement amenée et en cassant l'amorce de fantastique tandis que les ruptures de ton entre légèreté et suspense, si elles constituent l’originalité du film, ne fonctionnent pas toujours. 

Cependant la mise en scène inspirée de Clément maintient constamment l'intérêt et le casting est brillant. Delon est méprisable en souhait en type égoïste manipulateur et Jane Fonda en femme-enfant déséquilibrée et manipulatrice excelle de candeur sournoise. La conclusion cinglante et bouclant la boucle nous laisse sur une note marquante pour une œuvre inégale mais qui aura su nous surprendre de bout en bout.

Sorti en dvd zone 2 français chez René Chateau

2 commentaires:

  1. Bonjour. Je viens de découvrir votre blog et je suis devenu un partisan. Félicitations pour la perspicacité et la rigueur de vos commentaires.

    En août 2017, j'ai eu l'occasion de commenter ce même film sur mon propre blog, Cinefília Sant Miquel: http://cinefiliasantmiquel.blogspot.com/2017/08/los-felinos-1964.html

    Recevez mes salutations cordiales de Barcelone!
    À bientôt,
    Juan

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    1. Merci beaucoup et bravo pour votre blog qui a l'ai très riche aussi :-)

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