Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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vendredi 10 août 2012

Gigi - Vincente Minnelli (1958)


À Paris, l'éducation de la jeune Gigi, dont la mère célibataire est accaparée par son travail à l'Opéra-Comique, est confiée à sa grand-mère Mamita et à sa tante Alicia. Cette dernière, qui a vécu richement entretenue, concocte pour Gigi une vie galante semblable à celle qu'elle a connue. Mais les plus grandes joies de Gigi sont les plaisirs simples comme ces moments partagés avec l'élégant et riche Gaston Lachaille lors des visites régulières que celui-ci rend à la famille amie.

Vincente Minnelli réalisait un de ses classiques les plus plébiscités avec ce merveilleux Gigi et définissait pour le grand public la version définitive du roman éponyme de Colette. Paru en 1942, le roman aura connu avant Minnelli trois transpositions scéniques dont une à Broadway en 1951 avec Audrey Hepburn en Gigi (qui refusa de reprendre le rôle au cinéma), et un film français réalisé par Jacqueline Audry en 1949.

Le projet naît de la volonté du producteur Arthur Freed de tirer du récit une comédie musicale à grand spectacle et pour ce faire il va solliciter le célèbre duo de compositeurs et paroliers Alan Jay Lerner/ Frederick Loewe déjà responsable aux côtés de Minnelli des mémorables partitions d'Un Américain à Paris, Tous en scène et Brigadoon. C'est donc à nouveau Minnelli qui sera sollicité pour mettre en scène cette production qui a la particularité de n'être constituée que d'acteurs français pour son trio vedette avec Maurice Chevalier, Leslie Caron (déjà interprète de Gigi dans une pièce sans succès mais qui convaincue par les compositions de Lerner et Loewe fait une nouvelle tentative) et le french lover d'Hollywood Louis Jourdan, Dirk Bogarde longtemps envisagé n'ayant pu se libérer du contrat le liant à J. Arthur Rank.

Le film s'ouvre sur une présentation idyllique de ce Paris idéalisé et romantique de la Belle Époque avec comme maître de cérémonie Maurice Chevalier, vieux beau enjoué qui n'a pas renoncé à la vie de grand séducteur. Le romantisme s'atténue lors de la présentation amusée des rapports amoureux et des catégories de femme qui compose ce monde : les femmes mariées ennuyeuses, inaccessibles et les autres, séductrices en quête d'homme richement dotés et aptes à les entretenir. Sur l'air de la chanson Thank Heavens for Little Girls l'héroïne Gigi (Leslie Caron) nous est introduite dans toute sa jeunesse fougueuse avec la grande interrogation de l'intrigue à savoir le rang dans lequel elle va se situer... Notre couple de héros ne semble guère paré pour cette société au rapport homme/femme si cynique mais y réagissent de façon bien différente. Gaston Lachaille (Louis Jourdan) s'ennuie à mourir au milieu de ces femmes fardées et à l'affection trop forcée dont le but est de constamment lui solliciter quelque argent ou cadeau. Il se plonge pourtant de plein pied dans ce train de vie qu'il abhorre poussé par son oncle Honoré (Maurice Chevalier) et ne s'amuse vraiment qu'en compagnie de l'espiègle et insouciante Gigi. Celle-ci d’un côté protégée par sa grand-mère et de l’autre préparée par sa tante à cette future vie de courtisane goute au contraire aux plaisirs et joies simple loin des paillettes. 

Leslie Caron qui approchait déjà plutôt de la trentaine est absolument merveilleuse en jeune et innocente jeune fille dont le naturel contrebalance la fausseté et le calcul des autres figures féminines (hormis la bienveillante grand-mère magnifiquement interprété par Hermione Gingold), entre Eva Gabor génialement frivole et Isabel Jeans en tante Alicia ex grande séductrice éduque sa nièce au même chemin. Dès lors malgré la flamboyance des décors, costumes (le tournage fut partagé entre réels extérieurs à Paris pour l'essentiel -Les Tuileries, Le Jardin du Luxembourg, le Parc Monceau, le Bois de Boulogne entre autres- et intérieurs studios à Hollywood) et fêtes endiablées se cache un récit assez glauque où le cynisme s'affirme sous l'émerveillement notamment lors du bien nommé morceau The Gossips où chaque convive et sa maîtresse se voit épié et jugé durant une sortie au restaurant. Minnelli parvient pourtant à distiller une merveille d'atmosphère romantique grâce au lien de camaraderie enjouée puis d'affection empruntée entre le beau couple formé par Louis Jourdan et Leslie Caron. Louis Jourdan retrouve son emploi habituel de séducteur faisant courir les jeunes femmes innocente à leur perte mais trouve à qui parler avec l'énergique Gigi qu'il devra apprendre à aimer. 

D'abord en voyant en elle une belle jeune femme en plein épanouissement et plus la fillette d'antan, puis en lui offrant un cadre de vie respectable (les dialogues allant assez loin quant à la "proposition" scandaleuse de Jourdan). La dernière partie est une petite merveille d'émotion entre le sacrifice à la frivolité de Gigi pour l'homme qu'elle aime (I'd rather be miserable with you than miserable without you) et la prise de conscience de celui-ci lorsqu'elle réitère les inepties de ses conquêtes habituelle. Minnelli cette fois n’orchestre pas de grandes séquences virtuose à la manière des conclusions d’Un Américain à Paris ou Brigadoon pour illustrer ce moment mais en reste à l’échelle modeste et attachante de son héroïne lorsqu’elle entonne un déchirant Say a Prayer for Me Tonight avant son premier soir dans le monde. Alors que les dialogues auront tout au long du film surlignés les sentiments des personnages, ce premier rendez-vous sordide ne sera interrompu que par un Louis Jourdan horrifié de ce qu’il a fait de Gigi. Pour ne pas éteindre la franchise et l'innocence qui l'attire chez elle il devra la traiter différemment des autres qui n'ont jamais comptées.

Un petit bijou auquel malgré les moyens Minnelli donne finalement un tour très intimiste (le décor principal restant le modeste appartement où se croisent Gigi et Honoré) et qui sera un de ses plus grands triomphes récompensé par neuf Oscars (mais rien pour Leslie Caron qui l'aurait mérité) record de l'époque battu l'année suivant par Ben-Hur.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

jeudi 9 août 2012

Peter's Friends - Kenneth Branagh (1992)


Le soir du nouvel an 1982, Peter et ses amis tentent d'animer un dîner pour le moins formel où des invités très élégants ne s'amusent pas du tout. Dix ans plus tard, Peter hérite du domaine familial et se trouve désemparé par la mort de son père. Désireux de retrouver la chaleur et la fraternité qu'il connut avec ses amis, il décide de convier pour le réveillon du nouvel an ses anciens camarades d'université.

Même si c'est bien évidemment à ses adaptations de Shakespeare qu'il doit en grande partie son succès, durant son âge d'or des 90's Kenneth Branagh signa plusieurs œuvres remarquable quand il daigna en sortir (le film noir Dead again, Au milieu de l'hiver), la plus réussie étant ce très attachant Peter's Friends.

Peter's Friends s'inscrit dans le registre du "film de potes" avec cette réunion d'anciens camarades d'université pour un weekend de nouvel an sur l'invitation de Peter (Stephen Fry) qui vient de perdre son père. Comme contraste à ses retrouvailles qui vont s'avérer compliquées, le film s'ouvre sur l'insouciance qui les animait à la même période dix ans plus tôt où ils bousculèrent une soirée guindée par leur joie de vivre et leur complicité.

La narration endiablée nous les fait découvrir aujourd'hui, insatisfait de leur situation personnelle : Andrew (Kenneth Branagh) marié à une star hollywoodienne égocentrique, Maggie (Emma Thomson) secrètement amoureuse de Peter et qui veut profiter du weekend pour lui avouer ses sentiments, Roger (Hugh Laurie) et Mary (Imelda Staunton) qui se remettent difficilement de la perte d'un de leur jumeau ou encore Sara (Alphonsia Emmanuel) entretenant une relation avec un homme marié.

Passé la joie des retrouvailles, vieilles rancœurs, blessures mal refermées et liaisons passées vont ressurgir, plaçant les personnages fa ce à leur contradictions et renoncements accumulés au fil des années. Malgré la gravité de certains sujets (Sida, deuil d'un enfant), le film parvient à conserver une légèreté et drôlerie de tous les instants grâce à la complicité de son casting. Un casting qui ne doit rien au hasard puisque les scénaristes/ producteurs Rita Rudner (qui joue aussi la star hollywoodienne dans le film) et Martin Bergman incluent leurs anciens camarades de facs devenus acteurs dans la distribution et l'intrigue se nourrit grandement de leurs vrais souvenirs communs.

Hugh Laurie, Stephen Fry et Emma Thompson ont ainsi fréquentés ensemble l'université de Cambridge où ils furent membre de la troupe de théâtre Cambridge Footlights (fréquentée par Martin Bergman également) évoquée lors du spectacle d'ouverture. Les liens sentimentaux passés et présent sont également bien là avec Kenneth Branagh et Emma Thompson mariés au moment du tournage, cette dernière étant sortie avec Stephen Fry à l'université ce qui donne un piquant d'autant plus drôle à leur scène de séduction.

Dès lors cette complicité donne une authenticité palpable aux interactions entre les personnages, l'amitié trop forte pour s'en vouloir après un mot de trop (les égarements alcoolique de Branagh à la fin), la gêne qui s'efface instantanément après une situation embarrassante (la drague maladroite d'Emma Thomson...)...

Le tout est mené sur un rythme trépidant sur une bande son 80's qui dépote (Pretenders, Bruce Springsteen, Tears for Fears) et réservant son grand moment à chacun (tous sont formidables) avec le pic émotionnel apporté par l'aveu final de Stephen Fry jusqu'ici maître de cérémonie discret et compréhensif. Un des meilleurs films de Branagh et c'est probablement là que naissent les prémisses du merveilleux Beaucoup de bruit pour rien à venir où on retrouve une bonne partie du casting.

Sorti en dvd zone 1 chez MGM avec sous-titres anglais mais l'édition est éuisé et hors de prix donc pour les anglophones se pencher plutôt vers le zone 2 anglais dépourvu de sous-titres par contre.

mercredi 8 août 2012

Mado - Claude Sautet (1976)


Simon Léotard, 49 ans, promoteur immobilier, bourgeois libéral, rencontre Mado, 22 ans, et découvre en elle un personnage secret et attachant...

Claude Sautet poursuivait dans Mado son portrait des relations homme/femmes et plus précisément de cette génération d'hommes d'âge mûr handicapé émotionnellement, incapable d'extérioriser leur sentiments. Michel Piccoli, entre le mourant plein de regrets des Choses de la vie, le flic glacial et méticuleux de Max et les ferrailleurs et le mari trompé sans réaction de Vincent, François, Paul... et les autres est la figure emblématique de ce type de personnages chez Sautet à cette période.

Ici une complexe affaire de malversations immobilière se mêle au drame intimiste pour une nouvelle fois confronter un homme à ses manques. Simon Léotard riche promoteur immobilier va voir sa destinée professionnelle et sentimentale se dérober sous lui. D'un côté le suicide d'un collaborateur le place sous le joug d'un dangereux et douteux personnage et de l'autre il se découvre de réels sentiments pour Mado (Ottavia Piccolo) jeune femme avec laquelle il couche moyennant finance. Le parallèle entre l'intrigue politico-financière et sentimentale sert à confronter le héros à ses contradictions. Capable de révolte et de vraie astuce pour contrecarrer les plans du redoutable Lepidon (Julien Guiomar), il s'avérera incapable de dévoiler avec sincérité ses sentiments à Mado.

L'intrigue révèle progressivement Simon comme un homme froid et détaché qui a tendance à fuir lorsque les difficultés se posent dans ses relations avec les femmes puisqu'il a déjà été marié deux fois et qu'une brève entrevue avec une ex (Romy Schneider) à l'état d'épave nous montre une autre victime de ses abandons. Cette dernière scène nous montre ainsi ses difficultés à communiquer puisqu'il restera finalement muet sur ses problèmes face à elle malgré la visite qu'il aura lui-même sollicité. Avec Mado, Simon semble servi puisqu'elle semble aussi détachée et froide que lui, passant d'un client à un autre sans remord et vivant sa vie sans complexe. Confronté à la jalousie, Simon ne saura rien faire d'autre que mettre fin à leur relation plutôt que se livrer à elle.

L'humanité de Mado se révèle pourtant progressivement, entre ses amis nombreux qu'elle cherche à aider et surtout lorsqu'elle se révèle capable d'aimer avec le peu fréquentable Manecca (Charles Denner) pourtant plus ouvertement amoureux que Simon. Ottavia Piccolo est formidable dans ce personnage sensuel et secret dont la fragilité se dévoile peu à peu. Sa distance n'est qu'un masque prêt à tomber face à celui qui saura se montrer doux avec elle (son récit de sa première rencontre avec Manecca) et l'actrice d'autant plus touchante lorsqu'elle s'abandonne aussi intensément que sobrement (Manecca lui annonçant partir sans elle, la conclusion).

Michel Piccoli est tout aussi formidable, Sautet capturant avec finesse les élans amoureux imperceptibles de cet homme tel ce bref regard de déception lors de cette scène où il se rend compte que Mado n'est pas venue seule lui rendre visite chez lui.

Il acquiert une vraie dimension tragique dans la dernière partie, errant seul sans oser se rapprocher d'une Mado dépitée pour un autre et trouvant son réconfort ailleurs (Jacques Dutronc excellent second rôle récompensé d'un César). La joyeuse allégresse et anarchie de la péripétie routière finale ne fera donc que l'enfoncer davantage et l'éloigner de Mado. La belle dernière scène (un temps coupée par Sautet furieux de voir Romy Schneider mise en avant par le producteur alors qu'elle n'a qu'un rôle très court) le montre possiblement changé par l'épreuve mais celle qu'il cherchait réellement est définitivement perdue.

Sorti en dvd zone 2 français chez Gaumont

mardi 7 août 2012

The Bravados - Henry King (1958)


Le cow-boy Jim Douglass traque quatre hommes, de passage près de son ranch en son absence lorsque sa femme fut violée et assassinée. Il les retrouve alors qu’ils ont été emprisonnés par le shérif d’une petite ville. Sur le point d’être pendus, les bandits réussissent à s’échapper grâce à l’aide d’un complice. Les habitants et Jim se lancent à leur poursuite.

Dernier western réalisé par Henry King, The Bravados signe aussi l'aboutissement de thématiques développée dans deux de ses autres incursions marquantes dans le genre, Le Brigand bien-aimé (1939) et La Cible Humaine (1959). Les deux films montraient deux personnages embarqués sur le chemin d'une vie hors-la-loi, pour une noble cause ou par accident et qui finissaient par y perdre leur âme. Le Brigand bien-aimé, biographie romancée de Jesse James explorait l'ensemble de ce cheminement tandis que le très noir La Cible humaine se penchait uniquement sur la fin où le pistolero Gregory Peck las d'une vie de violence ne pouvait désormais plus échapper au destin promis par la voie qu'il avait emprunté. The Bravados est dans cette veine en suivant l'odyssée vengeresse de Jim Douglass, traquant impitoyablement les quatre hommes responsable du viol et du meurtre de son épouse.

Le début du film tant par ses situations que par le jeu monolithique de Gregory Peck semble illustrer un point de non-retour pour notre héros. Taciturne et glacial, il ne semble vivre que dans la perspective de voir les quatre criminels morts, son regard ne s'animant que lors du bref face à face où il ira les identifier en prison. La brève rédemption possible entrevue pour Douglass se voit d'ailleurs éteinte par l'évasion des malfrats qui le relance dans sa traque.

Henry King orne Peck d'une aura quasi surnaturelle en ange noir de la vengeance que rien ne détournera de son but, préfigurant le Clint Eastwood de Pendez les haut et court ou Josey Wales. Il apparait à ses ennemis de manière spectrale (lorsqu'il surgit à l'arrière d'un Lee Van Cleef en embuscade pour le tuer), semble invulnérable lorsqu'il s'apprête à abattre son bras vengeur tel ce moment où il chevauche entre les arbres échappant au balles tirées en vain par son adversaire.

Les exécutions sont également impitoyables, avec un Peck le regard fou se faisant juge, jury et bourreau malgré les supplications de ses ennemis. L'habituellement peu charismatique Stephen Boyd s'avère ici le plus abject d'entre eux, violeur au regard torve (avec un moment très malsain où il malmène une jeune fille prise en otage) dont on n’a aucun mal à imaginer coupable du crime dont on l'accuse.

C'est d'ailleurs là que le bât blesse, le film est particulièrement convaincant dans l'escalade vengeresse mais inégal dans la voie de la rédemption qu'emprunte le script dans sa dernière partie. Les derniers instants remettent quelque peu en cause la culpabilité des victimes de Peck, aussi abjectes soit-elles. Seulement les rebondissements son assez grossièrement amenés et le personnage de Joan Collins, garde-fou de Peck durant ses exactions est des plus transparents. Pire, elle le poussera même finalement au crime durant une scène contredisant ainsi le pivot paisible et l'avenir qu'elle peut représenter pour lui.

Malgré la belle ironie de la séquence finale (Peck applaudi par la foule pour des tueries pour lesquelles le remord le ronge désormais), la conclusion est un peu poussive malheureusement. Sur un sujet similaire, le chef d'œuvre de Boetticher Decision at Sundown était bien plus radical et dans une optique plus rédemptrice le futur Josey Wales d'Eastwood est bien plus subtil. Prenant malgré tout et une nouvelle fois formellement somptueux, notamment la photo de Leon Shamroy sur les stupéfiantes scènes nocturnes bleutées.

Sorti en dvd zone 2 français chez Fox

Bande annonce présentée par Joe Dante

lundi 6 août 2012

Turn the Key Softly - Jack Lee (1953)


Un beau mélodrame dont on se souvient surtout pour être un des premiers rôles important de Joan Collins, un des rares qu'elle tenu dans son Angleterre natale avant le début de son ascension hollywoodienne entamée avec La Terre des Pharaons d'Howard Hawks. Elle n'est d'ailleurs pas ici au centre de ce portrait croisé de trois figures féminines. Le film s'ouvre sur la sortie de prison de trois femmes d'âge et d'horizon fort différent : la jeune beauté Stella (Joan Collins), la plus mûre et élégante Monica (Yvonne Mitchell) et l'âgée et fragile Mrs. Quilliam (Kathleen Harrison). Avant même de dévoiler les raisons de leur incarcération, Jack Lee nous en donne déjà quelques clés à travers leur attitude face à cette future libération et leur premier pas en dehors de la prison. Stella est la frivolité incarnée, ne cessant de se repoudrer pour son homme qui l'attend dehors et qu'elle doit épouser.

Monica semble plus pensive quand à ce qui l'attend à l'extérieur tandis que Mrs Quilliam semble elle bien apeurée par cette sortie (où elle aura le sentiment que chaque passant l'observe) laissant deviner une criminalité guère prononcé. Le récit passe ainsi de l'une à l'autre dans une unité de temps sur cette première journée de liberté où elles seront confrontée aux vieux démons qui ont fait basculer leur destin, à d'ancienne connaissances peu recommandable mais aussi à l'impasse et la solitude les attendant à l'extérieur.

Lee révèle subtilement et dans le fil de sa narration les motifs qui ont conduit chacune en prison. C'est au détour d'un dialogue qu'on découvrira que Monica a écopé pour l'homme qu'elle aimait (Terence Morgan) qui l'a entrainé dans un cambriolage et a fui en l'abandonnant à la police. Ce sera plus subtil pour Stella où son gout du clinquant (elle ira dépenser en boucle d'oreilles criardes l'argent que son fiancé lui a confié pour chercher un logement) et une rencontres avec d'anciennes amies un peu trop fardée laisseront deviner son passé de prostituée. Le plus pathétique et touchant viendra cependant avec Mrs Quilliam, vieille veuve sans ressources qui n'a que son Johnny pour l'attendre réellement dehors.

Johnny n'est autre que son fidèle chien, seul à lui témoigner de l'affection et elle s'avère des plus pathétiques dans les attentions maternelles qu'elle lui témoigne, palliant ainsi l'indifférence de sa vraie famille lors d'une rencontre aussi brève que glaciale avec sa fille et sa petite-fille. C'est un vol à l'étalage qui lui a valu l'épreuve de la prison, là encore le script ne le disant pas explicitement mais le laissant deviner lors d'un moment où elle est sur le point de récidiver.

En passant de l'une à l'autre des femmes et de leur parcours durant cette journée, le script passe habilement d'un genre à l'autre et parvient à surprendre constamment dans son déroulement. Monica va ainsi recroiser et tomber à nouveau dans les bras de celui qui lui a causé tant de tort et qui malgré les apparences n'a pas changé. On bascule ainsi dans le film noir nocturne tendu se concluant par une haletante course poursuite sur les toits et le vrai sordide est tout juste évité lorsque Stella se trouve un nouveau "client" pour la renflouer de l'argent gaspillé de son fiancé.

L'émotion reste pourtant véhiculée par Mrs Quilliam dont la relation avec son chien n'est pas loin d'émouvoir autant qu'un Umberto D notamment lorsqu'elle le cherche désespérée dans la nuit londonienne.

Le script confronte le trio à la toujours difficile réinsertion au monde extérieur à travers différentes situations (la recherche de travail de Monica où les portes se ferment à l'évocation de son passé) mais aussi par la mise en scène de Lee qui capture cet extérieur inquisiteur (cette plongée lourde de sens lors de la sortie de prison) et désormais inconnu avec une caméra incertaine face au fourmillement urbain, des cadrages qui isole les silhouettes des héroïnes dans l'immensité des rues de Londres.

Toutes ne finiront pas cette journée sous les meilleurs hospices et si la chute s'avère cruelle pour certaines (Mrs Quilliam et une conclusion assez terrible), on peut aussi douter des bonnes résolutions d'autres à l'avenir (Stella et ses gouts de luxe) tandis que d'autres ont enfin trouvée la sérénité (Monica sorti de l'emprise de son amant malfaisant).

Le trio d'actrice est remarquable, en particulier la très touchante Kathleen Harrison (qui à 60 ans fait croire au grand âge et à la fragilité de son personnage magnifiquement) et Yvonne Mitchell superbe en femme résistant non sans mal à un désir qui pourrait la perdre à nouveau. Joan Collins est un peu plus en retrait se repose déjà un peu trop sur sa séduction même si il est vrai que son personnage n'est pas le plus intéressant. Joli film bien mené en tout cas.

Sorti en dvd zone 2 anglais sans sous-titres

Extrait

samedi 4 août 2012

Le Royaume Enchanté - James B. Stewart


En 2006 se terminait le règne de près de vingt ans de Michael Eisner à la tête de Disney. Sur le papier son passage fut une authentique réussite : la valeur en bourse du groupe s’est démultipliée et artistiquement un nouvel âge d’or se fit jour avec une magie retrouvée dans des films comme La Belle et la Bête, Aladin ou Le Roi Lion. Michael Eisner, dirigeant à poigne mais aussi vrai esprit créatif était l’homme idéal pour redonner son lustre à un Disney moribond à son arrivée en 1984. Après dix années d’un spectaculaire redressement qui voit son apogée avec le triomphe du Roi Lion, la machine va pourtant se gripper dangereusement jusqu’au point de non-retour.

C’est donc dans les coulisses de cette odyssée de l’ascension et la chute d’Eisner que nous plonge le livre-enquête du journaliste James B. Stewart. Si on pense forcément aux livres de Peter Biskind chargés en ragots et révélations graveleuses par la nature impudique des portraits dépeints, on en est loin. A l’origine, Stewart devait écrire un ouvrage sur Eisner encore PDG de Disney en 2003/2004 et se trouva bien malgré lui témoin d’une situation explosive. Eisner subissait alors la défiance de l’emblématique Roy Disney et de l’administrateur Stanley Gold, critiquant sa gestion du groupe. Le trône vacillant du charismatique dirigeant amène donc Stewart à remonter le temps pour savoir comment on en est arrivé là et nous faire découvrir les petites histoires cachées derrière les échecs et les triomphes de Disney.

Stewart profita du chaos régnant pour avoir accès à une somme considérable de documents (mails, mémos, notes de production) et l’ambiance de fin de règne délia quelques langues au sein des collaborateurs. Au départ animé autant par des vertus de rentabilité que de réussites artistiques, Eisner apparaît donc comme un meneur courageux, inventif et ouvert et ayant su s’entourer de personnalités brillantes à l’image de Jeffrey Katzenberg qui sut relancer un département animation en berne. Sous les succès et les ratages, Eisner nous apparaît néanmoins dans la première partie du livre comme un homme intègre dont l’esprit en ébullition parvient à être canalisé par son partenaire Frank Wells, vice-président du groupe. C’est la mort accidentelle de ce dernier en 1994 qui signe le déclin progressif de Disney. Sans garde-fou, Eisner voit désormais dans chaque dirigeant trop brillant et indépendant un concurrent potentiel cherchant à lui prendre sa place.


Katzenberg en fera les frais et quittera Disney avec fracas en fondant une section d’animation rivale au sein de Dreamworks. Le pire sera cependant le destin houleux de Michael Ovitz, meilleur ami d’Eisner (et ancien dirigeant de CAA, agence d’acteurs à l’origine des contrats faramineux dont bénéficièrent les stars dans les années 90) que ce dernier engagera comme partenaire à Disney mais en le plaçant dans une situation intenable, où il ne lui laissera jamais aucun pouvoir de décision.

Les exemples de Katzenberg et Ovitz ne sont que les plus voyants de la politique de management d’Eisner qui, à coups de revirements, promesses non tenues et trahisons diverses, entretient un climat de suspicion permanent au sein du groupe, qui lui permet d’asseoir son pouvoir. Détaché ainsi des réalités, Eisner perd peu à peu de son flair artistique et passe à côté de succès futurs qui furent pourtant proposés en premier à Disney : Le Seigneur des Anneaux (à travers Miramax), Le Sixième Sens (ne croyant pas au projet, il renonce aux droits pour se contenter de le distribuer), la série Les Experts via la chaîne ABC dont Disney fit acquisition…

L’ouvrage de Stewart est ainsi une plongée en apnée dans le fonctionnement d'un studio, voire d'un grand groupe multimédia, où les décisions sont moins le fruit d’une réelle stratégie que de querelles d'egos, de complots et d’ambitions. C’est aussi une vision du passage de témoin entre des dirigeants à l’ancienne, créatifs et dotés d’une vision d’ensemble, au profit des cadres sortis d’écoles de commerce aux objectifs restreints à la seule profitabilité immédiate. C’est toute la problématique d’Eisner, passé de l’un à l’autre de ces statuts, et qui en se rêvant nouveau Walt Disney y a perdu son âme et finalement son poste. Passionnant et foisonnant, à lire absolument.

Paru aux Editions Sonatine

vendredi 3 août 2012

L’Étrange Aventurière - I See a Dark Stranger, Frank Launder (1946)


Une jeune femme d'origine Irlandaise, convaincue que les Anglais sont le mal incarné, décide de se tourner vers l'IRA. Alors que celle-ci la refuse, elle ne tarde pas à être repérée par un espion Nazi qui lui propose de travailler pour le IIIe Reich...

Le duo Sidney Gilliat/Frank Launder signe une nouvelle belle réussite avec ce plaisant film qui ne saura jamais choisir entre comédie et thriller d'espionnage oppressant pour notre plus grand plaisir. Cela en est presque une sorte de "digest" des films des deux compères tant on trouve de reprise de leurs figures favorites aperçues dans d'autres œuvres où ils ont officié comme scénaristes où coréalisateurs.

On retrouve donc ce gout du pastiche et mélange des genres (Green for danger, Une femme disparait), le duo comique incongru qui vient s'immiscer dans l'intrigue avec les officiers pieds nickelés Spanswick et Goodhusband (le duo de golfeurs Charters et Caldicott pour qui étaient écrit les rôles disparaissant car les acteurs avaient renoncés aux rôles les ayant rendu célèbres) et même une séquence de train à suspense où on retrouve la disparue d'Une femme disparait (l'actrice Dame May Whitty) dans un rôle voisin. Plutôt que le sentiment de redite, c'est celui d'une démonstration de savoir-faire et de plaisir de raconter qui domine dans une intrigue très inventive malgré ces récurrences.

Depuis sa plus tendre enfance Brydie (Deborah Kerr) a été nourrie des légendes de la lutte acharnée du peuple irlandais contre l'oppresseur anglais, notamment par son père qui participa à la révolte de 1916. Elle a depuis une haine farouche des anglais et à sa majorité c''est tout naturellement qu'elle quitte son village pour Dublin où elle compte bien proposer ses services à la section de l'IRA en place. Malheureusement, l'heure est plutôt à l'apaisement et ses instincts belliqueux se voient refroidi par les locaux, jusqu'à ce qu'elle soit sollicité par un farouche ennemis des anglais d'une tout autre nature à savoir un espion nazi pour lequel elle va travailler sans connaître sa vraie identité.

Le film exploite avec humour l'antagonisme anglo-irlandais (abordé sur un mode plus sérieux par Launder et Gilliat dans l'excellent Captain Boycott l'année suivante) à travers le personnage de Deborah Kerr qui aveuglé par son éducation et ses préjugés va commettre toutes les erreurs possibles. Les scénaristes s'en donne à cœur joie à travers diverses situation hilarantes tel ce moment où elle est dans le même compartiment de train qu'un homme (qui s'avéra être l'espion allemand) dont elle savoure l'attrait en monologue avant que ses initiales sur sa valise révèlent sa nationalité anglaise, lui attirant regard méprisant et remarque désobligeante.

Deborah Kerr est fabuleuse, loin des emplois plus réservés qu'elle aura avec le temps avec cette bouillonnante et charmante irlandaise dont Launder se plaît à mettre en valeur la beauté juvénile et le jeu expressif. Malgré les errements de l'héroïne, on ne peut que craquer devant ce festival de moue boudeuse et de regard écarquillés d'indignation.

Le film interroge en fait sur la question du parti à prendre pour les irlandais et leur capacité à mettre de côté un conflit ancestral pour une cause commune avec l'Angleterre haïe face à la menace nazie. Pour Byrdie, ce cheminement se fera par la voie de l'amour lorsqu'elle tombera sous le charme de l'agent britannique David Byrne (Trevor Howard) qu'elle doit distraire pendant qu'officient ses agents.

On a ainsi de joyeuse scène de screwball comedy où Deborah Kerr évente plus d'une fois sa couverture séductrice face à la présence de ce "bloody English" joué par un Trevor Howard parfait dans la tradition des héros gentleman décontracté et enquiquineurs de Gilliat et Launder (sans égaler néanmoins le Rex Harrison à la cool de Train de nuit pour Munich). La tension naît pourtant progressivement au fil des responsabilités inattendues que se verra confier Deborah Kerr traquant à travers l'Irlande un mystérieux carnet comportant les coordonnées d'invasion allemande.

Traquée par la police irlandaise, anglaise et les espions nazis à travers le pays elle aura fort à faire pour s'en sortir. Launder use de tous les artifices possibles pour faire naître le suspense que ce soit les monologues angoissés de Byrdie, le jeu hébété de Deborah Kerr et la paranoïa naissante dans le regard de l'espionne novice ainsi qu'une photographie tout en jeu d'ombres menaçantes durant les scènes nocturnes. On peut ajouter une galerie de méchants aux mines patibulaires (hormis Raymond Huntley à l'élégance sournoise en mentor recruteur) qui accentue le sentiment de menace face à la frêle Deborah Kerr.

On est donc parfaitement manœuvré entre rire et vraie tension même si le film pêche un peu par excès malgré l'inventivité de l'ensemble, le dernier quart d'heure tire un peu en longueur à force de rebondissements. C'est sur un ultime éclat de rire que le tout s'achève, Deborah Kerr quittant indignée l'hôtel où Howard eu l'outrecuidance de l'emmener en voyage de noce, le bien nommé In Cromwell Arms. Le film fera un score modeste en Angleterre, la critique étant décontenancé par ses ruptures de ton le rendant inclassable. Mais renommé The Adventuress, il remportera un grand succès aux Etats-Unis où il contribuera à la notoriété de Deborah Kerr qui se verra vite sollicité par Hollywood pour la carrière que l'on sait.

Disponible en dvd zone 2 français chez Elephant Films

mercredi 1 août 2012

Eternal Sunshine of the Spotless Mind - Michel Gondry (2004)


Joel (Jim Carrey) tombe de haut quand il découvre que sa compagne, Clémentine (Kate Winslet), a effacé de sa mémoire leur relation tumultueuse. Désespéré, il prend contact avec l'inventeur du procédé, le Dr Howard Mierzwiak (Tom Wilkinson), pour subir le même traitement. Mais tandis que ses souvenirs s'évanouissent, Joel se rend soudain compte qu'il aime toujours Clémentine.

Quand l’esprit azimuté du scénariste Charlie Kaufman (Dans la peau de John Malkovich, Adaptation…) décide d’accoucher d’une comédie romantique, on peut être sûr que cela ne ressemblera à rien de connu. Eternal Sunshine of Spotless Mind offre ainsi le film le plus abouti issu des folles idées du scénariste et concrétise la collaboration avec Michel Gondry entamée sur un inégal Human Nature où les concepts de Kaufman avaient du mal à se marier au génie visuel du réalisateur.

Le film débute pourtant de la plus paisible et tendre des façons lorsque le timide et emprunté Joel (Jim Carrey) croise par hasard la route de la bouillonnante Clementine (Kate Winslet) sur la plage où il fuyait la déprime d’une énième journée de boulot similaire aux autres. Regards en coin, phrasé incertain et maladresse attachante, cette scène est une petite merveille de romantisme balayé d’une froide ironie quelques instants plus tard. Notre couple se connaît déjà et a été séparé par une froide technologie.

Clementine suivant sa nature impulsive a décidé après une énième dispute manière radicale d’effacer Joel de ses souvenirs en ayant recours au procédé révolutionnaire de la société Lacuna. Décidé à recoller le morceau Joel va effectivement constater qu’elle ne le reconnaît plus et qu’elle lui a même déjà trouvé un remplaçant. Ayant découvert le pot aux roses, Joel décide de faire de même et d’effacer Clementine de son esprit, mais si ce dernier s’y refusait ?

Kaufman et Gondry soulèvent de fascinantes questions sous leur intrigue alambiquée. Qu’est ce qui attire deux êtres l’uns vers l’autre ? Ici on peut y voir une certaine métaphore de la réincarnation et de l’éternel recommencement, une concrétisation du concept de l’âme sœur où même en ne sachant plus rien l’un de l’autre nos tourtereau sont irrésistiblement attirés car ils sont fait pour être ensemble tout simplement. Kaufman y voit un concept d’alchimie pure et immuable confirmé par l’échec du personnage d’Elijah Wood qui tentera de séduire Clementine en volant les souvenir de Joel. Le revers de la médaille viendra avec Kirsten Dunst (dont le personnage insouciant atteint une étonnante dimension tragique) où cet éternel recommencement peut également conduire à reproduire les même erreurs, à être séduite par la personne qu’il ne faut pas. C’est un penchant, un élan naturel qu’aucune technologie ne peut réellement remplacer voilà le message du film.

Michel Gondry déploie toute son inventivité et ses idées ludiques pour ce voyage intime dans le souvenir d’une relation amoureuse. Tous les artifices les plus fous y passent avec poésie, tendresse et douce folie lorsque Joel change d’avis et décide de conserver Clementine dans un coin de son esprit à l’abri de la machine. Obscurcissement ou dilatation du décor, situations surréalistes, déformations des visages et silhouettes de plus en plus incertaines au fil de leur aspiration dans le néant du subconscient et ensuite quelques délirants apartés où Joel reviendra dans ses souvenirs les plus honteux pour dissimuler Clementine à ses poursuivants. Sous le fatras visuel (Gondry caresse depuis longtemps le projet d’adapter Ubik de Philip K. Dick et il montre là toute les aptitudes pour le faire brillamment) on a finalement un homme qui porte un regard lucide sur une relation passée, s’attendri sur les plus doux souvenirs et prend conscience de ses erreurs.

Les échanges avec Clementine et les constats qui en sont tirés sont finalement des dialogues intérieurs avec lui-même où il comprendra l’importance de cette femme dans sa vie, malgré tous ses défauts. C’est d’ailleurs là toute l’importance de l’épilogue qui pourrait sembler de trop où nos héros sont avertis de leur relation passée, plutôt que l’éternel recommencement diablement romantique attendu (mais peut-être éternel échec aussi) Kaufman y mêle la notion d’amélioration et de reconstruction d’autant plus touchante.

Jim Carrey a rangé la boite à grimaces (à quelques hilarantes exceptions près comme ce retour en enfance) pour composer un très attachant amoureux à fleur de peau contrebalancé par une toute aussi exceptionnelle Kate Winslet en peroxydée au caractère volcanique et craquant. Ce moment où Joel altère son premier et dernier souvenir de Clementine pour lui offrir un dernier adieu est sans doute le plus émouvant jamais écrit par Charlie Kaufman. Une des plus belles, si ce n’est la plus belle comédie romantique des années 2000 qui recevra un Oscar mérité du meilleur scénario original (qui emprunte en partie certains éléments aux deux romans de Boris Vian L’herbe rouge et L’arrache-cœur).

How happy is the blameless Vestal's lot!
The world forgetting, by the world forgot;
Eternal sunshine of the spotless mind!
Each pray'r accepted, and each wish resign'd.
Sorti en dvd zone 2 français chez Universal